Guillaume Fontaine,
Opérateur de production en industrie biopharmaceutique

Interview réalisée en février 2017

Pourquoi avoir opté pour ce métier ?  

Après avoir obtenu mon CESS et avoir travaillé comme intérimaire pendant trois ans, je me suis réorienté vers le domaine pharmaceutique en suivant une formation au centre CEFOCHIM. Ce qui m’intéressait c’étaient principalement les nombreux débouchés ainsi qu’une certaine valorisation salariale, plus importante dans le milieu pharmaceutique que dans tous ceux que j’ai testé comme intérimaire allant de magasinier à opérateur de production dans l’agro-alimentaire.

En quoi consiste votre travail ? 

Je suis opérateur de production pour une firme produisant des gels et médicaments composés d’hormones. Les différents postes de l’opérateur sont le travail en zone « propre » dans des postes au niveau primaire et secondaire.

Le niveau primaire est le niveau où il y a risque de contact avec le produit (gels hormonaux cutanés). Il faut donc porter un équipement de protection. Après avoir suivi la procédure de démarrage, il faut remplir les machines d’une chaîne de production de différents éléments en contact direct avec le produit et veiller à l’alimentation constante, au  fonctionnement correct et à l’entretien (propreté et état) de ces dernières.

Au niveau secondaire, les opérations se font sans contact puisque le gel est déjà dans un emballage primaire (tablettes de médicaments, tubes, bouteilles en plastiques, etc.) qu'il faut mettre en emballage secondaire : étiquette de flacon, emballages en carton (étuis, notice, petit carton d'emballage et de présentation du produit tel qu'il est en rayon en pharmacie). Une autre facette du métier consiste au contrôle de la machine d’utilisation et toutes les opérations de  sortie du produit de la zone propre pour une mise sous carton de protection et une expédition sur palette en gros (scan si demande de code-barres, jets d’encre pour impression, étiquettes externe, etc.). Ce travail manuel se fait hors-zone.

Quels sont vos outils/équipements de travail ?

Une tenue propre renouvelée quotidiennement, des lunettes de protection, des gants en plastique ainsi que, parfois, un masque de protection respiratoire si passage dans le laboratoire à proximité de produit dangereux. Je dispose aussi d’un badge d’entrée… Ce métier nécessite un tas de procédures à suivre !

Au niveau des équipements j’utilise scanners, étiqueteuses, bornes informatiques, transpalettes, du matériel de chaînes de production et des produits de nettoyage et d’entretien.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Son utilité et les connaissances que l’on apprend perpétuellement liées au milieu des sciences et des médicaments.

Qu’est-ce qui vous paraît difficile ?

Les horaires de travail, le rythme de production imposé par la chaîne et par la hiérarchie, rester dans les normes et protocoles suivant la demande de mes chefs, ne pas se mettre en faute…

Au sein de votre entreprise, y a-t-il beaucoup d’opérateurs de production ?

Oui il y a 2 équipes de 12 opérateurs chacune en journée, plus 6 opérateurs en nuit.

Que diriez-vous à un jeune pour le convaincre de se lancer dans des études en chimie ?

Faire un job d’étudiant, pour bien connaître le secteur, et carrément suivre une formation spécifique dans le domaine de la production chimique/pharmaceutique. L’important est de bien s’informer, notamment sur les éventuelles contraintes, comme le fait de devoir porter un équipement spécifique, par exemple. Il faut aussi qu’il explore les débouchés qu’offre la chimie en fonction des secteurs : le secteur du vivant ? Celui du pharma ? De la pétrochimie ? Je ne pourrais donc lui conseiller que d’aller à la rencontre de professionnels du secteur choisi (en formation et/ou en stage) pour découvrir le rôle et l’utilité de chacun.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.