Guillermo Araujo,
Technicien animalier au sein de l’animalerie de la faculté de médecine de l’UCL.

Interview réalisée en avril 2015

Quel est votre parcours ?

Je suis né au Pérou, à Lima. J’y ai effectué mes études primaires et secondaires. J’avais aussi commencé une formation en droit à l’université mais j’ai dû l’arrêter. J’ai décidé de venir en Belgique car j’avais de la famille ici. J’ai recommencé des études en langue française en promotion sociale. Ensuite, j’avais pour objectif de rentrer au Pérou mais j’ai rencontré mon épouse et donc, je suis finalement resté en Belgique.

Je suis entré à la faculté via des connaissances et en répondant à des offres d’emploi. Cela va faire 12 ans que j’y travaille.

Dans ce cadre-là, j’ai dû suivre la formation en sciences des animaux de laboratoire - Catégorie B FELASA, obligatoire pour les techniciens animaliers qui travaillent dans l’expérimentation animale. Parallèlement, je continue à suivre des formations régulières organisées par la faculté en lien avec la fonction.

Pourriez-vous décrire votre fonction au sein de l’animalerie de la faculté ? Quelles sont vos tâches principales ?

Nous avons pour principale mission de nous assurer que l’animalerie fonctionne bien. Nous collaborons d’un point de vue logistique, mais aussi en partie scientifique, avec le maître d’expérience ainsi qu’avec les doctorants.

Chaque jour est différent mais nous commençons toujours par effectuer un passage dans tout le labo pour voir si les animaux vont bien.

Nous partons ensuite en réunion (c’est le cas le lundi), afin d’établir le programme de la journée et de la semaine. Nous nous occupons ensuite de l’entretien des cages, de la nourriture, du recensement des mortalités et des naissances, puisque nous faisons aussi de l’élevage afin de répondre aux besoins de la faculté. Nous notons toutes les informations dans un cahier et notre maître d’expérience introduira par la suite les données dans un logiciel spécifique.

Suite aux consignes reçues en réunion, nous préparons les animaux (il faut les endormir, les transporter) pour l’expérience. Nous nous occupons aussi de tout ce qui concerne les prélèvements de sang à envoyer au labo mais aussi pour le contrôle sanitaire que nous faisons tous les trois mois.

Travaillez-vous en équipe ? Chacun est-il polyvalent ou avez-vous des tâches bien spécifiques ?

Nous sommes une équipe de 4 techniciens. Chacun a des tâches spécifiques mais nous travaillons en « tournante » donc, chacun doit pouvoir faire de tout.

Devez-vous respecter des règles strictes ?

Oui, bien sûr. Nous devons répondre à des règles sanitaires très strictes. Chaque jour, avant d’entrer dans le labo, nous passons par différentes barrières sanitaires. Nous avons des protections aux pieds (chaussons), on désinfecte tout ce qui entre dans le labo. On doit se changer et enfiler des vêtements spécifiques pour travailler à l’intérieur. On passe ensuite par une douche sèche et le lavage des mains. L’accès est également très sécurisé puisqu’on relève nos empreintes digitales.

Quels sont les animaux dont vous vous occupez le plus fréquemment ?

Actuellement, nous avons surtout des souris, comme dans la plupart des animaleries facultaires. Nous avons aussi des rats. Ce sont les animaux les plus utilisés, les plus « sociables » avec l’être humain. Avant, il nous arrivait d’avoir des porcs, des singes, des lapins, des cobayes, etc. mais les directives européennes ont posé des interdictions.

Quels sont les points négatifs de votre métier ?

Je dirais que ce métier n’est pas assez connu ni reconnu. Il n’existe pas assez d’informations sur ce que l’on fait réellement. Ce serait intéressant que les gens sachent mieux en quoi consiste la fonction.

Quel est votre horaire de travail ?

Je travaille du lundi au vendredi et nous effectuons des permanences le samedi. A l’avenir, il est prévu de travailler 7 jours sur 7, en alternance avec les collègues.

Quelles sont les qualités à posséder pour exercer votre métier ?

Il faut de la patience, beaucoup de compréhension vis-à-vis des animaux mais aussi des collègues !

Il faut bien sûr être polyvalent, être prêt à agir et intervenir en cas de soucis. La motivation est également très importante. Il ne faut pas être stressé car si c’est le cas, les animaux le ressentent et on ne pourra pas travailler avec eux. Il arrive que des doctorants qui travaillent pour la première fois avec des animaux ne soient pas à l’aise et donc, nous sommes là pour les conseiller.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait exercer ce métier ?

Il faut avoir du respect pour les animaux et pouvoir faire la part des choses par rapport aux expériences. Il n’est pas rare qu’à l’issue de ces dernières, nous soyons obligés de les euthanasier. Ce n’est jamais gai, il faut avoir le recul nécessaire.

Et enfin, il faut avoir l’envie de vouloir apprendre car beaucoup de choses s’apprennent avec le temps.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.