Ingrid Berghmans,
Gestionnaire d'une salle de fitness

Interview réalisée en novembre 2010

Comment avez-vous ouvert votre salle de fitness ?

Mon parcours a débuté à l’âge de 18 ans, on m’a alors demandé de faire un disque sur l’aérobic en collaboration avec un kinésithérapeute. Petit à petit, on m’a proposé de donner cours dans des salles de sports. Tout en poursuivant le judo, je travaillais dans une salle de fitness dans laquelle j’ai eu la chance de côtoyer un kiné qui nous formait. Lorsque j’ai terminé ma carrière active de judoka, à 30 ans et toujours passionnée de sport, j’ai suivi des formations. À cette époque, il n’en existait que très peu en Europe. Je me suis donc tournée vers les États-Unis. Une grande entreprise de fitness et de bien-être m’a permis d’avoir des idées, de suivre une formation pour moniteurs (step, fitness, etc.) et de diriger les gens. Ensuite, je suis allée voir ce qui se faisait en Angleterre pour ouvrir ma propre salle. 

Quelles furent les principales difficultés rencontrées ?

Mon époux voulait depuis longtemps exploiter une salle de fitness, moi je voulais rester active et donner des cours. Il y a 18 ans, nous avons vu par hasard un hangar à vendre pour un montant attractif. Le défi était intéressant, une année complète de travail a été nécessaire afin de rendre ce lieu convivial et exploitable en tant que salle de sport. Ce fut beaucoup d’investissement personnel car nous avons fait le maximum nous-mêmes afin de réduire les frais. Petit à petit, le lieu s’est transformé. Aujourd’hui, nous avons une piscine, un sauna-Hamann, une salle de cours collectif de 130 mètres carré ainsi qu’une salle de fitness et une salle pour les cours de judo. 

Quelles sont les compétences particulières pour être gestionnaire d’une salle de fitness ?

Ce que je voulais, c’était donner cours ! Je laissais donc à mon mari le côté gestion. Malheureusement, mon mari étant décédé, j’ai dû prendre le relais de la gestion. J’ai donc appris la gérance par la force des choses. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être bien entourée, j’ai un comptable, un bon banquier et un homme d’affaires qui me guident et me conseillent. J’ai la même équipe depuis 17 ans. J’ai une réunion tous les six mois avec mon comptable, je sais où en sont les finances ainsi que ma marge de manœuvre. Je dois gérer le budget entre l’entretien du bâtiment et toutes les nouveautés de fitness. Je le répète, j’ai la chance d’être bien entourée, je crois que c’est cela le plus important. 

Que faites-vous pour rester à la fine pointe des nouveautés ?

Nous en sommes présentement à notre 4ème génération de machines cardio. Je fais le tour des magazines spécialisés, je visite les salons de fitness. Je ne suis pas toutes les grandes tendances, je suis une sportive et je sais que le résultat vient avec l’effort. Je ne crois pas beaucoup aux machines qui promettent des résultats sans devoir faire l’effort nécessaire. Je propose beaucoup de choses : l’aquagym, une salle de fitness avec des rameurs, des vélos, des cross trainer, des machines pour courir etc. J’ai aussi fait un parcours de jogging de 10 kilomètres à l’extérieur. 

Comment faites-vous pour recruter votre clientèle ?

Je ne fais pas beaucoup de publicité, j’ai la chance d’être quelqu’un de connu. Mon centre est très familial, je refuse d’installer des écrans de télévision. Je préfère que les gens échangent entre eux. L’ambiance, c’est très important pour moi, c’est le bouche à oreille qui fait ma publicité. Parfois, des médecins m’envoient leurs patients, ils connaissent mes méthodes de travail. Nous prenons toujours le temps de discuter avec un nouveau client pour définir sa demande. Il nous arrive de prendre contact avec le médecin d’un client pour s’assurer qu’il peut suivre certains cours chez nous. J’offre des services personnalisés ainsi qu’un suivi rigoureux. 

Sur quels critères choisissez-vous vos employés ?

Je fonctionne beaucoup au feeling, ce n’est pas nécessairement un kinésithérapeute qui est le plus apte à donner cours. Je choisis davantage les gens par leurs antécédents sportifs. Nous avons tout de même un kinésithérapeute au sein de notre équipe pour répondre à des questions précises. Je fais aussi très attention à mes employés. En effet, faire travailler quelqu’un huit heures d’affilées dans une salle de fitness, ce n’est pas possible. Ce sont plutôt des indépendants qui viennent pour quelques heures dans une journée.  

Que conseilleriez-vous à un jeune qui souhaite devenir gestionnaire d’une salle de fitness ?

Ne pas craindre de se lancer ! Et bien s’informer sur le domaine. Commencer petit, se perfectionner, diversifier les machines et surtout, prendre soin de sa clientèle. Fréquenter des salles de fitness, faire du sport, être en mesure de donner cours et savoir faire un maximum soi-même.

Etre bien entouré est très important: un bon comptable et un banquier sont indispensables. À moins d’être un businessman et acheter une franchise, on doit pouvoir compter sur les autres.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.