Ingrid Van Den Peereboom,
Professeur de langue étrangère en promotion sociale

Madame Ingrid Van Den Peereboom, professeur de langues en promotion sociale.

Quelle est votre formation ?

J'ai fait mes études secondaires en France, avec une option latin-grec, anglais et allemand. Après le baccalauréat, je voulais poursuivre des études en langues. L'interprétariat me semblait trop technique, et en France, les études universitaires en langues n'en autorisent qu'une seule. Alors j'ai choisi la philologie germanique (désormais langues et littératures germaniques) à Liège, en anglais et allemand. Ensuite, j'ai passé l'agrégation. En ce qui concerne les langues, j'ai eu la chance d'être plongée dans le bain de l'anglais toute petite: une branche de ma famille est installée aux Etats-Unis, et, enfant, j'y passais régulièrement quelques semaines.

Votre formation pédagogique était-elle suffisante pour enseigner ?

Malheureusement non. Le jeune universitaire qui n'a eu que quelques heures de stages pratiques n'est pas du tout prêt à "tenir" une classe, à la captiver et à la guider. Personnellement, les premiers intérims comme jeune prof d'anglais et d'allemand ont été très difficiles : chambard, bavardage, démotivation... Je passais malheureusement plus de temps à faire le gendarme qu'à donner cours.

Que s'est-il passé ensuite ?

J'ai été amenée à enseigner à des adultes : cette expérience m'a donné plus d'assurance, et m'a remotivée. En effet, ces personnes venaient au cours d'elles-mêmes. Il n'y avait aucune obligation. L'âge variait de 25 à 55 ans, certains étaient au chômage, d'autres retraités ; certaines étaient mères au foyer et d'autres travaillaient à l'extérieur. Tous venaient en soirée ou le samedi matin, ce qui demande une grande motivation ! C'était une expérience très enrichissante, qui m'a même motivée à apprendre une quatrième langue : l'hébreu. Par la suite, j'ai aussi eu l'occasion d'initier des enfants de primaires à l'anglais, et c'était à nouveau très différent.

Les méthodes utilisées diffèrent-elles beaucoup d'un public à l'autre ?

Oui. Pour les petits du primaire, je fais attention à l'aspect ludique des activités : on fait du bricolage, du dessin, de la danse, des jeux de mime et de théâtre, on (re)découvre des chansons, des histoires traditionnelles, avec des cassettes audio, des livres illustrés,... Par contre, pour les adultes, on peut programmer un travail à plus long terme : lecture d'ouvrages, d'articles de magazine autour d'un thème, mais aussi compréhension à l'audition,...

Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre métier ?

Etre enseignant, c'est carrément un mode de vie ! c'est vrai qu'on n'a pas un salaire très élevé, mais on a du temps pour s'ouvrir à plein de choses, pour avoir une vie de famille, rencontrer des gens, prendre du temps pour ses enfants,... Il est un peu dommage, en tant que professeur, de ne pas avoir de feed-back. On ne sait pas si on a été un bon prof, si le message est passé, si l'élève a, une fois adulte, retiré quelque chose de ses cours. Quand on a le souci de s'améliorer, on a besoin d'une évaluation. Et l'élève est le mieux placé pour cela. Il manque d'ailleurs, dans le système actuel, un espace de rencontre entre les professeurs et les élèves en dehors des heures de cours.

Les qualités du bon professeur ?

Patient, exigeant, positif : il doit encourager ses élèves en permanence. Il doit aussi proposer des activités variées, et donner sa chance à tout le monde. En effet, chacun a sa propre façon d'apprendre et il faut pouvoir s'adapter à tout.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.