Isabelle Tourneur, Libraire

Interview réalisée en mars 2014

Que peut-on trouver chez Florilège ? 

Chez Florilège, on peut trouver des livres mais aussi des jeux. On essaie d’ailleurs d’abandonner petit à petit le nom « Librairie Florilège » pour « Florilège, livres et jeux ». Nous existons depuis près de 30 ans. 

Nous avons donc des livres pour les petits de 0 à 3 ans (cartonnés, livres à toucher, sonores, aves des odeurs, etc.), des petits romans pour les débutants (enfants en 1e année primaire) et pour les enfants jusqu’à 10 ans. 

Outre les livres, nous proposons énormément de jeux de société et des jeux d’éveil, des petits articles et cadeaux de naissance. 

Les jeux apportent la marge que le livre n’apporte pas. De plus, dans la petite enfance et jusqu’à 10 ans, le livre et le jeu sont tout à fait complémentaires. 

Quelles sont les thématiques abordées par les livres que vous vendez? 

En littérature jeunesse, on constate des thématiques récurrentes, et malheureusement pas toujours joyeuses, comme le divorce, les maladies incurables, la propreté des enfants, l’adoption, etc. 
Le magasin est agencé en fonction de ces différentes thématiques. Chaque livre qui rentre en magasin est lu, puis classé. Cela permet notamment que les personnes soient plus autonomes dans leur recherche. Le fait de travailler par thématique nous permet aussi de nous différencier des grandes enseignes. 

Comment choisissez-vous les livres que vous proposez ? 

En tant que librairie de catégorie 1, je reçois la visite de représentants qui proposent des catalogues et je fais mon choix parmi ces derniers. Mon expérience de vingt années dans le monde du livre pour enfants me permet de disposer d’un bagage et de connaissances très utiles. 
Nous choisissons également les livres en fonction des différentes thématiques abordées, de façon à pouvoir proposer un fonds intéressant à la clientèle. 
Il nous arrive aussi de faire des recherches de notre côté pour réassortir un rayon en particulier. 

Quels sont les avantages et les inconvénients d’une librairie comme la vôtre ? 

Le premier avantage est qu’il s’agit d’un lieu de travail très agréable, avec une clientèle intéressée par l’éducation de ses enfants. Nous faisons des découvertes tous les jours en ouvrant les boites de jeux et de livres, on ne se lasse pas. 
Par contre, le fait d’être indépendant n’est pas évident tous les jours d’un point de vue financier. On se bat au quotidien car, aujourd’hui, la concurrence est très grande. Il faut donc faire preuve d’initiative, proposer de nouvelles choses, s’ouvrir à d’autres pratiques (animations extérieures ou en librairie, par exemple) et ne pas attendre le client derrière le comptoir. Cela peut donc être très fatigant. 

Quel est votre parcours personnel ? 

J’ai été bibliothécaire pendant 12 ans et dans chaque bibliothèque où je suis passée, il y avait une ludothèque. J’ai aussi eu la chance de pouvoir mettre sur pied des bibliothèques en partant vraiment de zéro. J’ai repris la librairie il y a 6 ans mais j’ai décidé d’engager du personnel pour pouvoir continuer en tant que ludothécaire à mi-temps. 

Quels sont les profils qui composent votre personnel ? 

Il y a une architecte qui a trois enfants et est passionnée comme moi par le livre et le jeu. L’autre personne est professeure de dessin. Elles travaillent toutes les deux à mi-temps. 
Je ne cherche pas spécialement des personnes avec des compétences particulières. Ce qui m’importe, c’est la motivation, la passion mais aussi l’investissement dans la fonction. De plus, cela me semblait important que le magasin fonctionne avec des profils différents et plusieurs têtes pensantes.  

Organisez-vous des événements autour des jeux et des livres ? 

Oui, ils existent depuis 15 ans mais nous les avons intensifiés ces trois dernières années. Nous proposons, entre autres, un atelier des livres et des bébés, un atelier « Poussons la chansonnette », un atelier de détente et relaxation pour les petits, etc. Pour chaque atelier, j’essaie d’avoir des personnes ressources : une prof de musique, une sophrologue, une masseuse pour bébés, etc. 
Nous nous rendons également à des événements extérieurs comme des marchés logopédiques, où je présente les jeux. 
C’est important de se diversifier si on veut que l’enseigne vive encore quelques années. 

Comment attirez-vous la clientèle, les participants aux ateliers ? 

Facebook fonctionne très bien. J’ai aussi un site internet sur lequel on peut retrouver énormément d’informations. J’essaie aussi de passer à la radio, d’organiser des portes ouvertes, etc. Le bouche-à-oreille reste toutefois le canal qui fonctionne le mieux.

Quelles sont les qualités à posséder selon vous pour travailler dans ce genre de magasin ? 

Il faut avoir la tête sur les épaules, de la rigueur, aimer lire et aimer jouer. Il faut aussi avoir le sens de l’accueil pour que le client se sente à l’aise et ait envie de revenir. Notre but premier est de conseiller, de renseigner la personne au mieux, pour qu’elle sorte du magasin en étant satisfaite. Aller vers les autres et aimer s’exprimer sont également des qualités importantes. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait se lancer et devenir libraire? 

S’il a des ressources financières, de l’aide familiale, s’il est soutenu et entouré dans sa démarche et surtout motivé, alors pourquoi pas. Cependant, je pense que ce type de magasin n’a plus vraiment d’avenir. On est clairement en voie de disparition. On fait de moins en moins le poids face à de grandes enseignes qui proposent les produits en quantité, qui sont plus faciles d’accès et plus grandes, mais pas forcément moins chères, comme on pourrait le penser. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.