Ismaël Daoud,
Facilitateur en cogénération

Interview réalisée en janvier 2008  —  Interview 621

M. Ismaël DAOUD est facilitateur en cogénération - COGENSUD asbl - ICEDD

Depuis combien de temps exercez-vous la profession de facilitateur en cogénération ?

Pratiquement depuis que je suis sorti de l’université et que je travaille. Il y a environ 7 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Pour faciliter le développement des technologies de cogénération, je travaille sur plusieurs axes : lobbying auprès des instances politiques, concertation et avis à remettre au gouvernement, sensibilisation des décideurs privés. Mon rôle est d’organiser des séminaires, de prendre la parole dans des colloques; de rédiger des articles technico-économiques, des brochures, des guides…Je peux aussi rédiger des cahiers des charges. Je conçois également des outils de calcul qui permettent de mesurer la taille de l’installation pour un bâtiment en fonction de ses paramètres et de sa consommation d’énergie. Mon rôle de consultant consiste à expliquer aux directeurs d’entreprise, d’hôpitaux,
etc. ce qu’est la cogénération, quels en sont les avantages et les limites et tenter de les convaincre de passer à cette technologie. Il s’agit soit de missions de rencontre et de guidance, soit de missions de relecture de projets en cours. Je peux aider à comparer les offres de cogénération. Je participe à des projets de cogénération au niveau européen. J’ai des échanges avec d’autres pays. On essaie de développer cette technologie en s’appuyant sur nos expériences mutuelles. Au niveau national, j’ai également des collaborations avec les autres régions. Comme l’énergie est régionale, je travaille pour la région wallonne et parfois pour la région bruxelloise. En région flamande, cette mission a été confiée à une association avec laquelle nous collaborons ponctuellement. Pour la région wallonne, je suis le seul facilitateur en cogénération.

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J’ai fait des études d’ingénieur civil en électromécanique avec une orientation en énergie. La formation la plus importante a été mon mémoire de fin d’études qui avait pour objet les systèmes de micro-cogénération presque domestique (c’était un peu plus gros que pour un usage domestique pur). Dans le cadre de ce mémoire, j’ai réalisé un logiciel de simulation que j’ai pu réutiliser dans la constitution du logiciel de simulation qui est à présent utilisé par les bureaux d’études. C’était une sorte de prolongation de mon mémoire. Mon promoteur de mémoire était administrateur à l’ICEDD, il a parlé de moi et ilssont venus me chercher.

Quelles sont les qualités personnelles et les compétences attendues dans ce domaine professionnel ?

Il faut avoir un profil large : technique, communicatif et esprit de synthèse. Il faut être généraliste et expert à la fois. Il faut être capable de communiqueroralement et par écrit. Le tout dans un objectif de vulgarisation.

Quel est l’horaire de travail ?

Au début, je travaillais 10 heures par jour et parfois plus. Il me fallait du temps pour m’habituer. Maintenant, je travaille un peu moins de 8 heures par jour, j’arrive à être plus efficace. Globalement, ce sont des horaires de bureau. Jesuis la moitié du temps au bureau et l’autre moitié sur le terrain.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce type d’activité ?

Comme nos services sont gratuits, tout le monde nous accueille à bras ouverts. C’est très agréable. Je ne vends rien, je suis là pour conseiller les gens. C’est un gros atout. Le travail est varié. Même s’il s’agit d’une seule technologie, la cogénération touche à de nombreux domaines. Il y a de multiples facettes : le lobby, la rencontre avec des gens, la rédaction d’articles, les exposés, la création d’outils, la mise à jour de bases de données… Le petit côté frustrant est de ne pas pouvoir réaliser mes propres projets. Je suis consultant et pas réalisateur. Je réponds à la demande ponctuelle des entreprises et puis je n’ai plus de nouvelles. J’apprends parfois un ou deux ans plus tard que la cogénération est installée et qu’elle fonctionne bien ou, à l’inverse, que le projet a été abandonné.

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Elles sont assez importantes dans le domaine de la cogénération car tout le marché est à concrétiser. Avec le contexte du prix des énergies qui explose, les industriels sont en panique. Le secteur tertiaire a une réaction plus lente. Il y a plusieurs bureaux d’études qui ne trouvent pas d’ingénieurs compétents. L’énergie est un secteur de pointe où on cherche des profils généralistes et parfois des techniciens purs pour les calculs. L’idéal est de combiner le côté technique et la communication.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Qu’il y a urgence à opter pour des solutions alternatives comme la cogénération, l’enjeu est important ! Qu’il est important d’avoir une certaine passion pour cette technologie et qu’elle peut être développée un peu partout en Belgique. La cogénération permet d’utiliser un combustible renouvelable de manière plus rationnelle vu qu’on fait une économie de 10 à 40% sur le combustible comparé, par exemple, à une centrale électrique pure biomasse ou à une chaudière pure biomasse. Je dirais aussi qu’après quelques années, l’expérience peut remplacer le diplôme.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.