Jacques Hoffmann,
Ingénieur en métallurgie

Interview réalisée en juin 2017

Quelle a été votre parcours scolaire ?

J’ai suivi la formation d’ingénieur civil à l’Université de Liège durant laquelle j’ai eu de solides connaissances en métallurgie en plus d’une excellente éducation scientifique de base. Ensuite c’était l’apprentissage perpétuel, en formation continue formelle, mais aussi et surtout sur le tas !

Vous avez un long parcours professionnel dans la métallurgie … 

De fait. Après les études universitaires, j’ai été pendant deux ans ingénieur de recherche au Centre de Recherches Métallurgiques à Liège. Ensuite j’ai travaillé comme ingénieur de développement et responsable de métallurgie dans la tréfilerie d’un fabricant de pneus au Luxembourg durant cinq ans, avec un an dans la même fonction aux Etats-Unis. Puis, ma carrière dans la sidérurgie a commencé : 14 ans dans 3 aciéries différentes, toujours dans la production, avec une multitude de responsabilités dont la construction d’une nouvelle aciérie.

Je suis retourné dans la recherche pour les 15 années suivantes. D’abord comme responsable de la recherche en aciérie pour un grand groupe, puis comme directeur de centre de recherche et enfin, comme directeur de la recherche des produits du groupe, à la tête de plusieurs centres de recherche dans différents pays.  

Parallèlement,  j’ai été administrateur dans différents centres de recherche privés et publiques. J’ai aussi été expert pour la Commission Européenne. Depuis deux ans,  j’ai quitté la sidérurgie et je suis devenu un investisseur privé.

En quoi consiste le métier d’ingénieur ? 

Diriger et motiver une équipe, la conduire vers l’objectif. En plus de ça, il faut apporter son expertise personnelle et la développer constamment. Le management des équipes internes et externes ainsi que de projets, grands ou petits, est la base du métier.

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de tâches importantes que vous avez dû effectuer ?

  • Expliquer la formation de défauts de surface sur des tôles et proposer des modifications de procédé pour empêcher leur apparition ;
  • Raccourcir la chaîne de fabrication en tréfilerie par la suppression d’un recuit en adaptant les filières pour permettre quand-même la déformation du fil ;
  • Choisir et mettre en œuvre les réfractaires pour les réacteurs dans une aciérie ;
  • Améliorer les procédés pour économiser de l’énergie en augmentant la postcombustion des gaz dans le réacteur ;
  • Développer et produire de nouvelles nuances d’acier ;
  • Réduire les émissions des procédés en améliorant les traitements de gaz ;
  • Conduire des projets d’investissement ;
  • Réaliser pour des clients internes et externes des projets de recherche pour améliorer les procédés, mais aussi développer de nouveaux produits et pour aider les clients à les mettre en œuvre le plus économiquement possible.

Pourquoi la métallurgie ? 

Par vocation. En effet, déjà très jeune j’ai ressenti le besoin d’aller travailler en sidérurgie, en phase liquide, comme ingénieur. La métallurgie est vite devenue ma science préférée.

Quelles qualités sont nécessaires à l'ingénieur ?

La prise d’initiatives et l’enthousiasme. Il faut avoir une solide formation scientifique, mais aussi une grande culture générale couvrant le management, les finances, le droit, etc.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ? 

La diversité des responsabilités et la multitude de carrières professionnelles possibles.

Quel est à ce jour l'événement survenu dans votre travail qui vous a le plus marqué ?

C’est le démarrage réussi d’une nouvelle aciérie grâce à toute l’équipe qui a fait un travail merveilleux. La formation que nous lui avons accordée était exemplaire et a eu des effets immédiats sur le rendement financier si l’on considère les frais de démarrage …

Quel conseil donneriez-vous à un jeune désireux d'exercer une fonction similaire ? 

Foncer ! La métallurgie n’est pas un secteur crépusculaire ! Il pourra utiliser et développer les techniques de pointe dans tous les domaines.

Le secteur de la métallurgie est-il à la recherche de nouveaux ingénieurs ?

Évidemment, il y a une pénurie d’ingénieurs dans le secteur dans beaucoup de pays européens, donc les opportunités de carrière sont réelles.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.