Jean-Claude, Agent d'entretien

Agent d'entretien et de réparation d'équipement aéronautique, Jean-Claude dirige un groupe d'hommes dont les tâches variées et multiples assurent le bon fonctionnement des avions.

Quelles études avez-vous faites ?

J'ai mon diplôme A2 en électromécanique. Après les 6 années du secondaire, j'ai encore réalisé une année complémentaire d'études en physique nucléaire dans un institut bruxellois.

Vous vous orientiez déjà à ce moment vers l'aéronautique ?

Non pas nécessairement. Je cherchais du travail et j'ai pu être engagé ici grâce à mes connaissances en électronique. Cependant, j'aimais bien le secteur aéronautique et le style de travail qu'il pouvait représenter. A l'époque, les technologies nouvelles se concentraient dans le domaine limité de l'aéronautique et c'était donc tout à fait motivant pour moi de pouvoir y exercer mon métier. Par exemple, les premiers transistors et les premiers circuits intégrés sont apparus dans l'aviation.

Quand vous êtes entré ici, avez-vous reçu une formation spécifique ?

Non, ce que j'avais appris à l'école m'a permis de travailler directement dans le domaine de l'électronique.

Et au cours des années avez-vous suivi des recyclages ?

Je n'ai pas suivi de nouvelles formations à proprement parler. Je me suis cependant recyclé par moi-même puisque j'ai changé d'orientation. Je suis passé de l'électronique qui était ma spécialité à la pneumatique qui ne l'était pas du tout, mais j'avais quand même des bases de mécanique au départ.

Quelles sont vos tâches exactes ?

Je suis contremaître et donc responsable d'une série de personnes qui ont comme tâches la maintenance et la révision de différents accessoires relatifs à la partie pneumatique d'un avion.

Mon équipe ne s'occupe pas de la partie hydraulique. Ces accessoires sont d'une part les sièges de l'avion et les canopy (verrière qui se trouve au-dessus du pilote) et d'autre part, tout ce qui a rapport au conditionnement d'air de l'avion, c'est-à-dire les régulateurs cabine, les vannes d'alimentation en air chaud, les vannes de refroidissement,...

Combien de personnes avez-vous sous votre responsabilité ?

Cela oscille entre 15 et 20 personnes. Parmi celles-ci, 4 sont des ouvriers et les autres des techniciens. Les ouvriers travaillent essentiellement sur les sièges et les canopy et mais également directement sur l'avion. Les techniciens travaillent, eux, au labo, les appareils étant démontés puis replacés sur l'avion.

Quels sont les critères de l'entreprise qui vous occupe pour engager des agents d'entretien ?

Je pense que l'entreprise engagera, de préférence, des diplômés A2 spécialisés en électromécanique, en électricité, en horlogerie. Cela peut paraître surprenant mais l'horlogerie c'est la fine mécanique, et nous en avons besoin pour certains appareils. Je crois aussi qu'il est difficile, actuellement, d'engager quelqu'un qui ne soit pas un peu polyvalent, qui ne puisse pas faire un peu d'électricité, un peu de mécanique, etc.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre métier ?

Je peux vous répondre à la fois en tant que technicien et en tant que contremaître.

En tant que technicien, il faut être apte à se débrouiller et à décortiquer une série de problèmes. Il ne s'agit pas du tout d'un travail routinier et nous devons être capables de nous adapter rapidement à un nouvel accessoire. Tous nos travaux sont fort diversifiés et nous devons être assez polyvalents.

En tant que contremaître, il faut posséder les qualités requises pour commander du personnel. La souplesse est une de celles-ci.

Pour vous, qu'est-ce qu'un bon chef ?

C'est quelqu'un qui arrive à ce que les gens réalisent ce qu'il demande sans que ça n'ait l'air d'un ordre. A mon niveau, je travaille avec des gens qui sont sur le terrain et je dois veiller à ce qu'ils me ressentent non comme quelqu'un qui les commande, mais comme un individu qui est là pour les aider.

Que pensez-vous de votre métier ?

Je suis satisfait d'être là où je suis, car l'entreprise est suffisamment souple pour qu'on n'ait pas à se plaindre.

D'autre part, travailler dans le domaine de l'aéronautique comporte beaucoup d'aspects agréables, notamment celui d'être à la pointe du progrès. Ce n'est pas du tout un métier de fonctionnaire étant donné que les évolutions technologiques sont constantes. Il faut être très attentif et très sérieux dans son travail. Il n'est pas question d'essayer de frauder et de dissimuler des erreurs et les gens le comprennent très vite. De toutes façons, tous les accessoires terminés sont soumis à un double contrôle : par nos propres contrôleurs d'une part et d'autre part, par les contrôleurs de nos clients. Il n'est pas question de se permettre un manque de sérieux en aviation.

L'aéronautique est-elle un secteur d'avenir pour les jeunes ?

Je pense, en tout cas, que quelqu'un de motivé y trouvera sa place et je sais qu'ici on engage régulièrement des jeunes qui peuvent espérer y faire carrière.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.