Jean-Michel Gez,
Opérateur en teinture (teinturier)

Interview réalisée en octobre 2015

Pouvez-vous décrire concrètement votre activité au quotidien ?

Je reçois les pièces écrues qui sortent du tissage et je les teins suivant la demande du client. Je suis nuanceur. Si le client demande tel rouge, je fais tel rouge.

Je mets les pièces dans une machine qui est comme une cocotte-minute. Je mets les produits colorants et je fais monter la température d’un degré par minute jusqu’à 300 degrés. Je laisse 30 minutes à 300 degrés et ensuite je descends jusqu’à 75 degrés.C’est une question de sécurité ! Là, il n’y a plus de vapeur, j’ouvre et je contrôle par rapport à la demande du client. Si c’est bon, je mets des produits pour stabiliser. Ensuite cela va dans une rame pour sécher.Là, ce n’est plus mon domaine. Ensuite cela passe à la visite et cela part chez le client. Si ce n’est pas bon, on rajoute les colorants qu’il fallait, verdir, rougir, jaunir et on remonte à 300 degrés.

En quantité, c’est 3500 mètres de tissus par jour que je teins en sept coloris différents dans 7 machines. J’essaie de toujours garder ce rythme.

Quelles formations avez-vous réalisées?

J’ai été formé sur place, grâce à mon chef d’équipe de l’époque. Maintenant, il y a moins de machines et donc je suis tout seul. Mais à l’époque, on était 3 ou 4 dont un chef car il y avait beaucoup plus de machines. Un jour, il a vu que cela m’intéressait de corriger, d’ajouter les colorants nécessaires et il m’a proposé de me former pendant mes heures. J’ai répondu « oui », bien sûr ! Je l’ai remplacé il y a 3 ans quand il est parti à la retraite.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Au départ, j’ai commencé l’ourdissage un peu par hasard. Cela n’a pas duré longtemps. Ensuite, on m’a donné une chance en teinture. J’ai bien aimé. J’ai appris très vite. Cela fait 15 ans.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Avoir des responsabilités et qu’on me fasse confiance. Je suis seul pendant 8 heures et on m’appelle rarement pour des réclamations.

Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Etre pointilleux mais pas trop !On ne peut pas se permettre de perdre du temps. Etre vigilant et responsable. Ne pas le prendre à la légère et travailler avec sérieux.

Quel est l’horaire de travail ?

Ce sont des horaires fixes. Je travaille toujours de 13h à 21h. La personne du matin travaille toujours le matin et celle de la nuit toujours la nuit. Les machines tournent non-stop du lundi 5h au vendredi 23h. Il n’y a pas d’équipe le week-end.

Quelles sont les personnes avec lesquelles vous êtes en contact ?

Je suis en contact avec pratiquement tout le monde dans l’entreprise. Je dois savoir si les pièces sont prêtes au tissage. Je dois savoir si je peux les envoyer à la rame pour le séchage. Si la visite a accepté les pièces ou s’il faut les remettre en machine pour corriger les nuances.

Avez-vous un conseil particulier à donner à un jeune qui s’intéresse à cette profession ?

D’être rigoureux. De poser un maximum de questions lors de la formation même si les questions sont idiotes. Ce n’est pas grave. L’important c’est d’avoir une réponse. Ne pas dire « oui, j’ai compris » si ce n’est pas le cas parce qu’après il se retrouve seul. D’accepter les remarques lors de la formation, qu’elles soient bonnes ou pas bonnes. De communiquer avec ses collègues, de ne pas rester à part. C’est un boulot très intéressant, avec de l’avenir j’espère.

Quelles sont, selon vous, les perspectives d’avenir dans ce domaine ?

Le marché est difficile. Il y a des pays tels que la Chine et la Turquie qui essaient de nous copier. Heureusement, sans succès. Nous c’est la qualité même si c’est un peu plus cher. On évolue et on essaie d’apporter toujours un plus.

 

 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.