Jean-Paul Dorchain,
Responsable du Centre de Documentation de la Cinémathèque royale

Interview réalisée en décembre 2013

Pourriez-vous présenter brièvement le Centre de documentation de la Cinémathèque. Quelles sont ses particularités ? Ce que l’on peut y trouver ? Le public ?

Le Centre de documentation a pour objet de rassembler, conserver, inventorier, indexer et mettre en accès la documentation la plus large possible sur le cinéma sous toutes ses formes.
 
La particularité de ce centre est qu’il est dédié à la conservation de documents exclusivement sur le cinéma, dans toutes les langues et de toutes provenances.
 
Les collections sont constituées de différents types de documents :
- ouvrages (57.000) ;
- publications périodiques (revues, annuaires, publications de festivals de films) : plus de 5.000 titres ;
- coupures de presse et dossiers de presse digitaux/numérisés : plus de 1.200.000 documents pour plus de 3.000.000 de pages ;
- photos (600.000 photos papier + 110.000 photos en format digital) ;
- affiches (25.000 affiches papier + quelques milliers en format digital) ;
- scénarios/listes de dialogues/sous-titres (7.000) ;
- media digitaux (DVD, newsletters digitales,..) (20.000 items) ;
- fonds d’archive.
 
Le centre de documentation dispose d’une bibliothèque/salle de lecture, ouverte gratuitement à tous, où tous les documents peuvent être consultés sur place après réservation. Le public est principalement constitué d’étudiants en cinéma et de chercheurs.
 

Quelle est votre fonction exacte ? En quoi consiste-t-elle concrètement ?  

Je suis responsable du Centre de documentation, qui est composé de 6,5 équivalents temps-plein et 4 bénévoles. 
Je suis chargé de la bonne marche du département, du suivi des acquisitions, de la conservation, de l’inventorisation et de l’indexation de toute la documentation sur le cinéma.
Je suis également en charge des projets de numérisation et des contacts avec l’administration de la Politique Scientifique à ce sujet (rédaction de dossiers, de cahiers de charge, suivi des projets…).
Je m’occupe plus particulièrement de l’acquisition et du catalogage du matériel publicitaire digital (dossiers de presse, photos et affiches) des films en distribution.
Je fais aussi partie du Forum des bibliothèques fédérales, participe aux réunions, rédige des notes, fais des propositions…
Mes tâches sont très variées et difficiles à résumer en quelques lignes.
 

Quel est l’impact des nouvelles technologies sur votre travail ?

Les nouvelles technologies ont révolutionné le métier de bibliothécaire-documentaliste-archiviste. L’accès à l’information et sa mise en accès, les bases de données, l’interopérabilité des systèmes et des métadonnées, la numérisation et son corollaire la préservation d’objets et de données digitales, tout a changé en une grosse décennie. Il faut sans cesse se tenir au courant des nouvelles technologies, des tendances, des formats et standards, assurer la maintenance de l’infrastructure informatique, veiller aux migrations de données, améliorer l’accès à distance aux documents et à leurs métadonnées.
 

Quel est votre parcours scolaire, professionnel ? 

J’ai suivi des humanités en latin-grec, puis un bachelier d’assistant social et ensuite une licence en traduction/interprétariat.
 

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler dans ce domaine ? 

La passion du cinéma.
 

Quelles sont, d’après vous, les compétences et qualités à posséder pour exercer ce travail ? 

 
Rigueur, professionnalisme, sens des responsabilités, capacités de gestion, diplomatie, dévouement, connaissances informatiques et bibliothéconomiques  approfondies, capacités d’autonomie, sérieuses connaissances linguistiques et très bonne culture générale. 
 

Continuez-vous à vous former ? 

 
Oui, mais pas assez à mon goût, et principalement en autodidacte (pas de formations prévues en interne). 
 

On associe souvent le métier de bibliothécaire à celui de documentaliste. Est-ce correct selon vous ou existe-t-il quand même des différences fondamentales ?

Il y a pour moi des différences fondamentales. Le bibliothécaire est plus tourné vers le public (gestion de bibliothèque), le documentaliste est plus axé sur les collections (acquisition, inventorisation, catalogage).
 

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ? 

Comme avantages, je dirais une grande liberté d’action, l’autonomie, les responsabilités et les contacts.
Comme inconvénients : le stress, les journées sans fin et le travail en dehors des heures.
 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer dans ce métier ?

 
Savoir ce qu’on veut faire exactement comme « métier », s’interroger sur ce que ce métier peut offrir pour son épanouissement personnel et pour les autres, s’interroger sur la pertinence de son choix,  questionner l’avenir du monde de l’information, aller aussi loin que possible dans ses connaissances linguistiques et des technologies de l’information, approfondir sa culture générale.
 
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.