Jérémy Delangre, Dentiste généraliste

Interview réalisée en décembre 2014

Quel a été votre parcours de formation ?

J’ai effectué des études secondaires dans l’enseignement général, option sciences/math. Ensuite, j’ai poursuivi mes études en sciences dentaires. J’ai, par la suite, effectué deux spécialisations : une en prothèses dentaires, à l’université, ce qui m’a permis d’avoir un peu plus d’expérience et d’assurance dans l’exercice de cette discipline plus complexe, et une autre, en implantologie, en France, d’une durée d’un an.

Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir exercer ce métier ?

Vu mon environnement familial,  j’avais envie de travailler dans le milieu médical, mais je souhaitais avoir un métier qui soit un peu moins prenant que celui de mon père (chirurgien), et pouvoir mieux gérer mes horaires. Etant assez méticuleux et appréciant travailler de mes mains, la dentisterie me semblait une orientation intéressante alliant à la fois le côté intellectuel scientifique et manuel. Je n’ai pas du tout regretté mon choix par la suite.

Que faites-vous concrètement dans votre travail ?

Ma profession comporte plusieurs aspects :

Un volet contrôle/prévention qui consiste à diagnostiquer les éventuels problèmes et à informer les patients quant à l’hygiène bucco-dentaire et aux habitudes alimentaires.

Ensuite, viennent les actes techniques : il peut s’agir de soins conservateurs (traitement des caries, dévitalisations,…), de soins préventifs (détartrages, placement de vernis

protecteurs,…), de soins chirurgicaux (extractions, implants,…) ou de soins prothétiques. Ceux-ci consistent à protéger durablement ou à remplacer des organes dentaires qui seraient abîmés ou manquants suite à un accident ou à une extraction.

Ces actes techniques peuvent s’avérer relativement simples (lorsque peu de dents sont concernées) ou devenir beaucoup plus complexes dans des cas de réhabilitations orales plus complètes. Dans ces cas, les notions d’esthétique, de phonétique et de fonction masticatoire sont particulièrement délicates à mettre en œuvre.

Quel a été votre parcours professionnel ? 

Lors de ma spécialisation en prothèses dentaires, j’ai travaillé en milieu hospitalier à mi-temps durant un an. Ensuite, j’ai toujours travaillé à temps plein dans le secteur privé dans différents cabinets, et ce durant 8 années en tant que collaborateur. J’ai enfin ouvert mon propre cabinet en association avec un confrère il y a 5 ans.

Pourquoi avoir choisi de vous associer avec d’autres dentistes ?

Nous sommes tous des dentistes avec des spécialités différentes, ce qui offre aux patients un panel de soins le plus complet possible. Cela permet de partager les expériences, les frais et les éventuels problèmes rencontrés dans notre pratique quotidienne. C’est plus enrichissant et rassurant que de se retrouver seul face à son patient.

Avez-vous vu une évolution dans votre pratique professionnelle ?

En 12 ans de pratique, j’ai pu constater une augmentation des pathologies liées au stress comme le bruxisme (grincement de dents) et des pathologies articulaires. Au niveau des soins dentaires, on essaie de développer des techniques de plus en plus indolores et on consacre plus de temps à l’écoute du patient.

Quelle est votre charge de travail hebdomadaire ?

Je travaille 5 jours par semaine. Au début de ma carrière, je travaillais également le samedi. Mais pour des raisons familiales, je ne le fais plus. Cela représente  50h/semaine, réparties sur 5 jours. Parallèlement au travail en cabinet, il y a encore la  gestion du stock, des papiers, de la comptabilité et du personnel (si on a des assistants et/ou des collaborateurs). Je commence mes journées vers 8h30, et le temps de terminer mes papiers, de ranger le cabinet, il arrive très souvent que je quitte le travail vers 21h.

Comment est organisée votre journée de travail ?

Le matin, j’essaie d’arriver un peu à l’avance pour préparer mes cas. J’ai le luxe de travailler avec des assistantes donc je ne dois pas préparer tous les instruments. Tout cela est fait quand j’arrive. J’essaie de compléter mes dossiers au fur et à mesure de la journée. Je prodigue les soins au patient et ensuite je complète son dossier dans la foulée. Quand ce n’est pas possible, je le fais en fin de journée.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune voulant se lancer dans une carrière de dentiste généraliste ?

C’est un super beau métier, souvent méconnu et qui exige beaucoup de qualités. Les plus importantes pour moi, c’est l’envie de soigner, l’envie de toujours perfectionner ses connaissances et sa pratique, et d’être très résistant au stress. Il faut être extrêmement précis tout en sachant absorber l’appréhension éventuelle des patients.

Quels sont les aspects les plus positifs de votre métier ?

La diversité. Il y a mille et une choses à faire dans la bouche d’un patient et à chaque fois que l’on voit un nouveau cas, c’est un nouveau défi. C’est un métier dans lequel on ne s’ennuie pas.

Quels sont les inconvénients de ce travail ?

Ce serait le stress des horaires, de la rentabilité, le stress des patients quand on doit pratiquer des actes douloureux et/ou anxiogènes.

Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?

Un attrait scientifique important. Aimer travailler de ses mains car le métier de dentiste reste éminemment manuel. Le calme, la patience, la résistance au stress. Il faut être très méticuleux. Il faut vouloir faire de son mieux et toujours s’améliorer, se perfectionner.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.