Jérémy Pire,
Animateur et Guide nature

Jérémy Pire est animateur et guide nature à l’Espace Nature de la Botte du Hainaut à Sivry.

Pouvez-vous nous présenter l’asbl Espace Nature de la Botte du Hainaut ? Quelles sont les activités proposées ? Le public visé ?

Au départ, il s’agit d’une asbl qui a été créée autour d’une collection d’animaux naturalisés qui avait été léguée à la commune de Sivry-Rance. Les animations tournaient donc autour de ces animaux du monde, à l’attention du public scolaire. Parallèlement à ces animations, nous avons également développé des activités en extérieur, sous la forme de balades guidées, de balades nature en forêt, dans la campagne, etc. Nous proposons ces activités toute l’année.

Nous nous adressons avant tout à un public scolaire même si on essaie de plus en plus de se diversifier et de proposer des activités thématiques pour le public familial le week-end, par exemple. Les écoles qui viennent chez nous sont des écoles de la commune ou des environs, qui sont habituées à venir ou à qui nous avons envoyé le programme d’activités.

Concrètement, en quoi consiste votre fonction au sein de cette asbl ?

Je suis animateur et guide nature. J’assure à la fois les animations en intérieur et les balades guidées à l’extérieur. J’ai pour mission de faire découvrir au public, surtout composé d’enfants, les animaux d’ici ou d’ailleurs, la classification animale, tout ce qui touche à l’écologie, au recyclage, etc. Comme j’évolue dans une petite équipe, tout le monde fait un peu de tout. Je m’occupe donc aussi de la communication pour ces animations.

Comment préparez-vous les animations ?

On essaie de créer des animations les plus ludiques et participatives possibles selon les sujets. On pose beaucoup de questions afin que les informations émanent des enfants directement.

Généralement, on travaille sur des thèmes précis. On peut soit choisir des sujets que l’on maîtrise déjà, soit on part sur des nouveaux thèmes, ce qui implique une recherche documentaire mais aussi une réflexion sur la façon dont on va aborder le sujet pour le rendre intéressant pour le public. Il y a donc une recherche sur le fond mais aussi sur la forme.

Quel est votre parcours ?

J’ai un diplôme d’instituteur primaire que j’ai complété par un brevet de guide nature obtenu au Cercle des Naturalistes de Belgique. Etant plus jeune, j’avais aussi suivi une formation pour devenir animateur. J’ai enseigné très peu de temps avant de passer directement dans le milieu des asbl.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans ce domaine ?

J’ai toujours aimé la nature, l’étude de la nature, et j’avais envie de transmettre cela. Cela pouvait se faire via le métier d’enseignant mais à petite échelle. J’ai donc préféré exercer un métier lié à 100% au domaine de la nature et j’ai eu la chance de pouvoir le faire. 

Est-ce que cela signifie que les débouchés ne sont pas nombreux ?

Ce n’est pas un métier en pénurie ! Il faut trouver des asbl en recherche de guides mais généralement, ce sont des petites structures qui n’embauchent pas souvent et donc, il peut être difficile de trouver de l’emploi dans ce milieu-là. Il y a des guides qui s’installent comme indépendants mais ce n’est pas forcément plus évident car il faut quand même remplir un agenda pour que ce soit rentable !

Quelles sont, selon vous, les compétences à posséder pour exercer ce métier ?

Il faut avant tout un intérêt pour la nature à la base et continuer à entretenir cet intérêt, cette connaissance. Il est important de se former soi-même, se renouveler, se diversifier pour apprendre de nouvelles choses et ne pas se contenter de ce qu’on sait. Celui qui a envie de devenir guide nature doit s’intéresser à tout. On commence souvent avec un thème pour lequel on a plus d’affinités (pour moi, c’était les insectes, par exemple). Ensuite, on va aussi toucher aux fleurs, aux oiseaux, aux champignons, etc.

Il faut aussi avoir le contact facile avec le public, enfants ou autres.

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins ?

J’aime beaucoup la diversité. Je peux passer de la salle du musée où je parle d’une chouette, à l’observation des arbres dans le bois, pour ensuite me retrouver dans la salle des terrariums pour présenter des phasmes (insectes herbivores, ndlr)…

Parfois, lorsqu’une animation est choisie par plusieurs classes et qu’on la propose donc plusieurs fois pendant deux semaines d’affilée, cela peut être un peu rébarbatif. Même si, d’une présentation à l’autre, cela permet aussi de s’améliorer.

Travaillez-vous tout le temps en extérieur ?

Je dirais que 50% de mon temps est dédié à la préparation des activités, des programmes, de la promotion. Le reste est partagé entre les animations intérieures et extérieures.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui voudrait faire ce métier ?

Le métier de guide nature implique un renouvellement constant des connaissances, un intérêt pour des thématiques diverses. Je pense aussi qu’il s’agit d’un métier qu’il faut envisager comme un complément à une autre activité. La demande est tellement réduite dans ce domaine que le seul brevet de guide nature ne suffit plus. Pour être engagé dans les petites structures, il est intéressant de pouvoir disposer d’un autre bagage pour pouvoir assumer différentes tâches autres que l’animation ou la guidance. Pour ceux qui veulent se lancer en tant qu’indépendants, il faut savoir que, généralement, les formations s’axent surtout sur la guidance nature et pas du tout sur la gestion. Il faut donc pouvoir palier ce manque.

Enfin, en ce qui concerne les formations, elles se développent de plus en plus mais il faut être prudent face à ces différentes initiatives et ne pas hésiter à comparer les programmes, à se renseigner auprès d’anciens brevetés… Les formations qui paraissent les plus compliquées sont souvent les plus intéressantes ! 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.