Jordan Dispas,
Gestionnaire import-export

Interview réalisée en février 2019

Quel a été le parcours qui vous a mené à exercer dans l’import-export ?  

J’ai fait le bachelier en Management de la logistique, ce qui m’a permis de travailler ensuite comme employé logistique pendant quelques mois avant d’être engagé comme agent import-export chez « CMI Defence » qui conçoit, intègre et fabrique des systèmes d’armes de la marque Cockerill pour véhicules militaires blindés légers et moyens. 

Pouvez-vous décrire votre rôle d’agent import-export auprès de CMI Defence ? 

Une de mes tâches consiste au dédouanement[1] des marchandises entrantes, ces marchandises étant pour la plupart des pièces de tourelles. Une autre fonction est l’expédition de pièces vers le fournisseur pour une réparation, une mise en conformité ou pour y effectuer un test de fiabilité. Je ne traite actuellement que les expéditions intracommunautaires, c’est-à-dire dans l’Europe, qui ne nécessitent donc pas de formalités douanières. Pour ce qui concerne les expéditions hors Europe, qui imposent des formalités douanières, d’autres collègues du département import-export plus expérimentés s’en occupent. Mais, dans le futur, quand j’aurai acquis plus d’expérience, il est probable ou tout du moins possible que je doive me charger de l’extracommunautaire également.   

Quelles connaissances fondamentales faut-il posséder pour exercer ce métier ? 

Les connaissances de base sur le commerce international et principalement les incoterms[2] et les régimes douaniers. Il y a aussi la législation en vigueur dans le secteur où l’on travaille : le matériel militaire est ainsi soumis à une réglementation particulière (licences, exportation sous exemption, etc.).

Pouvez-vous nous décrire votre environnement de travail ? 

La plupart des tâches que j’effectue se font dans un bureau avec les moyens modernes de communication. 

Existe-t-il une journée type ? 

Plus ou moins, dans le sens où certaines tâches journalières reviennent régulièrement, comme le dédouanement de marchandises. Par contre, les types d’expéditions peuvent beaucoup varier, selon les incoterms notamment. 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’exercice de votre profession ? 

Principalement des soucis de communication avec les autres services (achats ou autres), ou les fournisseurs. Des données fournies concernant la réception de marchandises (bons de livraison, par exemple) peuvent être manquantes ou incomplètes. Elles ne mettent nullement le processus en péril mais elles le ralentissent, ce qui n’est évidemment jamais l’idéal ! Il faut donc parfois aller à la pêche aux informations… Et rattraper le retard éventuel qui a été accumulé ! 

Et qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Une mission n’est pas l’autre, une importation est différente d’une autre et cela vaut aussi pour les expéditions. J’apprends sans cesse, et ce, à tous niveaux : les règlementations, les spécificités propres à chaque destination, à chaque type de matériel, le renouvellement des licences, etc. J’apprécie aussi le contact avec les collègues directs et ceux des autres services. 

Et puis, il y a quelque chose qui n’est pas spécifiquement propre à ma profession mais bien au secteur dans lequel je travaille : la logistique offre un grand panel de débouchés.  

Vous travaillez pour la Défense. Y a-t-il des contraintes particulières ?

La confidentialité sur certains points particuliers et le fait aussi de devoir travailler avec des entreprises agréées par les autorités. Mais ce ne sont pas des contraintes à proprement parler, juste des éléments dont il faut tenir compte dans notre travail. 


[1] Faire sortir une marchandise de l'entrepôt de la douane après avoir accompli les formalités imposées, à l'entrée ou à la sortie du territoire, pour la perception des droits de douane.

[2] Règles utilisées dans le commerce national et international, publiées par la Chambre de Commerce Internationale (CCI) afin de faciliter le commerce mondial.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.