Joseph Meeusen, Chaudronnier-tôlier

Interview réalisée en octobre 2017

Quelle est votre expérience professionnelle dans la chaudronnerie ?

J’ai travaillé au chantier naval « Meuse et Sambre » spécialisé dans la construction, la réparation navale et la transformation de bateaux mais aussi plus largement dans la construction métallique, les travaux de mécanique et les travaux spécialisés (prototypage, etc.). On y produit des bateaux à passagers (paquebots fluviaux, bateaux-restaurants, bateaux-gîtes, bateaux-habitation, bateaux mouches, etc.), des bateaux spécialisés (barges porte-conteneurs, barges citernes, équipements flottants, bacs de passage, canots rapides, etc.).

J’ai été engagé sur base sur ma formation en mécanique agricole puis j’ai été affecté au service « Mécanique et chaudronnerie » en étant parrainé durant quelques mois par un chaudronnier expérimenté. Au sein de ce service, on exécute des travaux de fabrication, d’entretien ou de réparation métallique et mécanique.

Aujourd’hui, je suis le coordonnateur du Centre de Technologies Avancées du travail de la tôle. Nous accueillons des jeunes issus de l’enseignement secondaire (chaudronnerie, métallier-soudeur, technicien en système d’usinage), de l’enseignement de promotion sociale, de l’enseignement en alternance, de l’enseignement spécialisé, de l’enseignement supérieur (bacheliers en électromécanique) mais aussi des demandeurs d’emploi, des travailleurs d’une entreprise ou encore des enseignants et formateurs.

Concrètement, quelles sont les tâches d’un chaudronnier sur un chantier naval ? 

Comme tous les chaudronniers, il est spécialisé dans tous les travaux de tôlerie. Après réception des pièces, il s’occupe du traçage, du découpage, du formage et du pointage d’éléments métalliques qui constitueront des panneaux de coque, tuyaux, cloisons et autres éléments d’aménagement intérieur (portes, escalier, etc.). C’est un as du « sur-mesure » ! L’apprentissage se fait à l’école puisqu’il existe une 7e année spécifique dans l’enseignement secondaire mais on peut aussi suivre des formations de base ou se spécialiser dans des centres de compétence, comme Technifutur et Technocampus. Les exigences que l’on demande à un chaudronnier varient évidemment d’un employeur à l’autre. Certaines entreprises forment elles-mêmes leur personnel.

Quelle est l’environnement de travail ?

Un atelier, un chantier à l’extérieur (on travaille alors parfois dans des conditions météorologiques extrêmes : pluie, froid) ou directement à bord des bateaux.

Et le matériel que l’on utilise ?

Plieuses, cisailles, machines de découpage, cintreuses, presses hydrauliques, etc. Le chaudronnier doit être capable de maîtriser plusieurs outils et machines ! C’est un des avantages du métier : la diversité du matériel et des tâches fait que l’on ne s’ennuie jamais ! C’est aussi très enrichissant d’apprendre de nouvelles techniques, de nouveaux procédés.

Le métier a beaucoup évolué ?

Oui. D’ailleurs, il est de plus en plus souvent demandé au chaudronnier d’utiliser un logiciel de calcul qui permettra de faire les plis à des endroits bien précis et adéquats.

Quelle différence faites-vous entre un assembleur-monteur et un chaudronnier ?

Le chaudronnier va préparer les éléments et pièces qui seront ensuite placés dans la structure par l’assembleur-monteur. Ce dernier est donc quant à lui davantage un spécialiste de l’ajustage des éléments sur le chantier. C’est lui qui va les placer sur base des plans techniques et de la structure à finaliser. 

Que diriez-vous à un jeune pour tenter de le convaincre d’exercer la profession de chaudronnier-tôlier ?

Les métiers de la métallurgie font parfois peur mais les conditions de travail se sont nettement améliorées, notamment grâce à l’apport des nouvelles technologies. On utilise de l’outillage varié.

Le métier est parfois fort physique mais là aussi, comme on utilise du matériel qui n’existait pas avant, le chaudronnier voit son activité quelque peu « facilitée ». Se lancer dans cette profession, c’est aussi la quasi-certitude de trouver un emploi directement. Attention : c’est un métier où les règles de sécurité, pour soi-même et les autres, sont très strictes !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.