Judith Pierre, Enseignante en langues

Interview réalisée en janvier 2010

Après une expérience dans le privé, Judith Pierre est revenue à ses premiers amours : l'enseignement. Elle donne des cours de langues à des élèves de l'enseignement primaire.

Dans quels établissements enseignez-vous ?

J'enseigne dans quatre écoles communales de la commune de La Bruyère : Emines, Saint-Denis, Meux et Warisoulx. J'ai enseigné à tous les niveaux et dans les deux langues (anglais-néerlandais) mais pour la rentrée 2011-2012 je vais me consacrer uniquement aux 3e-4e-5e et 6e primaires. Mon expérience au cycle 5-8 ans était intéressante, mais ce n'est pas mon métier de travailler avec des enfants aussi jeunes.

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?

J'ai fait un régendat en langues germaniques (anglais et néerlandais). J'ai donc le grade d'AESI (Agrégée de l'Enseignement Secondaire Inférieur). En début de carrière j'ai enseigné dans le secondaire. Je faisais surtout des remplacements. Ensuite, il s'est fait que je n'avais plus d'horaire complet et donc il m'était difficile de vivre de mon travail. J'ai alors décidé de travailler dans le privé. Avec un bon niveau en langues, il n'a pas été difficile de décrocher un poste d'assistante de direction.
Pendant plusieurs années je suis restée dans le privé. Et puis, il y a cinq ans, j'ai souhaité revenir à l'enseignement... J'ai fait quelques remplacements et ai répondu à une annonce, il y a trois ans, de ma commune qui cherchait une enseignante. J'enseigne aujourd'hui avec beaucoup de plaisir !

Pourquoi avoir opté pour une carrière dans l'enseignement ?

Depuis très jeune je savais que je voulais enseigner. Je regrette vivement d'avoir interrompu ma carrière dans le privé. Mais à cette période, il y avait peu de places vacantes, ce qui n'est plus le cas actuellement. Chaque début d'année je refuse du travail...

Quel est l'objectif que vous vous fixez en tant qu'enseignante dans le fondamental ?

Mon premier objectif est de donner aux élèves l'envie d'apprendre une langue étrangère. Ensuite, les préparer au mieux à l'entrée en secondaire avec de bonnes bases, une méthode de travail et d'étude. Les compétences sont reprises dans une liste officielle mais mes collègues et moi-même, en accord avec notre pouvoir organisateur, allons plus loin que ce qui nous est demandé. Nous avons la chance, dans les écoles communales de La Bruyère, d'avoir 3 périodes de langues par semaine en 5e et 6e, ce qui est plus que la Communauté française ne peut subsidier. Nous avons donc l'opportunité d'amener nos élèves plus loin ! Je précise également qu'ils ont le choix entre l'anglais et le néerlandais. Les classes sont donc divisées et nous avons de petits groupes, ce qui nous permet de travailler efficacement.

Comment procédez-vous pour donner le goût des langues à vos jeunes élèves ?

Je procède par jeux et saynètes. Je prépare beaucoup de matériel didactique attrayant et adapté aux enfants de ces âges. Pour les plus jeunes, il s'agissait surtout de comptines, petits jeux, chansons... Mais dès la 3e, on est davantage dans un apprentissage et donc, une partie de jeux, mais aussi des choses plus sérieuses. Il faut être sensibilisé à l'apprentissage des langues dès le plus jeune âge. Il faut leur donner le goût d'apprendre une langue.

Sentez-vous de l'intérêt des élèves du fondamental pour l'apprentissage des langues ?

Oui, ils aiment beaucoup venir au cours de langues (pour la plupart...). On sent aussi que certains sont motivés à la maison, par leurs parents.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier?

La spontanéité des élèves, le relationnel avec eux, les voir évoluer et s'amuser dans un cours, c'est vraiment passionnant.

Quels sont les éventuels inconvénients ?

Le nombre d'élèves car j'ai de nombreuses classes ! En 3e et 4e ils n'ont qu'une heure par semaine. Cela me fait beaucoup de 3e et 4e pour faire mon horaire. Mais cela n'est pas insurmontable, c'est une question d'habitude et de bonne gestion.

Enseigner des langues dans le fondamental nécessite beaucoup de préparation ?

Oui. Plus que dans le secondaire. Dans le secondaire, on a des manuels qui correspondent aux programmes. Il n'est pas nécessaire d'être trop "inventif". Dans le primaire, il n'existe rien de complet. Ceci nous oblige à préparer davantage, y compris le matériel didactique, les jeux ou à faire de nombreuses recherches pour trouver des activités.

Que diriez-vous à des jeunes pour les convaincre de se lancer dans une carrière d'enseignement des langues ?

Transmettre son savoir est une motivation en soi. Le transmettre en langues est d'autant plus enrichissant. J'ai le sentiment que la matière que j'enseigne aux élèves leur sera utile dans leur vie professionnelle future. D'autre part, les opportunités de travail me semblent plus nombreuses lorsqu'on maîtrise bien les langues. Mais pour avoir travaillé dans le domaine privé, avec l'utilisation quotidienne des langues, je choisis sans hésitation l'enseignement.
C'est bien plus épanouissant.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.