Julie Gilissen, Laborantin R&D

Interview réalisée en juin 2009

L’entreprise Ampacet existe depuis bientôt 75 ans. Active dans la transformation du plastique, elle s’est implantée en 1987 à Messancy, à proximité de la frontière avec le Luxembourg et la France. Âgée de 38 ans, Julie Gilissen occupe depuis 11 ans la fonction de technicienne de laboratoire au sein de cette entreprise.

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

J’ai achevé en 1997 un graduat en chimie industrielle à l’Institut Supérieur d’Enseignement Technique de Liège. Ensuite, j’ai travaillé pendant un an pour la S.A. Unda, un laboratoire pharmaceutique actif dans le développement de l’homéopathie où j’avais effectué mon mémoire. Depuis 1998, je suis technicienne de laboratoire chez Ampacet Belgium.

Comment pourrait-on décrire la profession de laborantin R&D ?

C’est une profession d’une nature scientifique : elle est donc basée sur l’observation des faits et demande une certaine rigueur aussi bien dans la méthodologie du travail que dans le mode de pensée. Contrairement au laborantin QC, le laborantin R&D est détaché du quotidien d’une unité de production. La gestion de son temps de travail est donc fort différente.

Quelles sont vos tâches principales ?

Mon travail consiste à analyser de nouvelles matières dans le but d’améliorer l’efficacité du produit final et/ou d’en diminuer le prix pour être toujours plus compétitif sur le marché.

Quelles qualités faut-il pour exercer cette profession ?

Il faut être capable d’intégrer de nouvelles techniques de travail et d’évoluer dans des domaines parfois très différents par rapport à ce qu’on apprend durant ses études. Il est aussi nécessaire d’ne savoir toujours plus sur le domaine dans lequel on travaille afin d’acquérir une plus grande autonomie. Avoir une certaine maîtrise de l’anglais technique, une facilité à suivre des modes opératoires/recettes ou procédures avec précision et minutie est également important. Enfin, savoir organiser et planifier son travail par rapport aux priorités données ainsi que savoir discuter et argumenter par rapport au travail, aux investigations à mettre en place.

Présente-t-elle certains avantages ou inconvénients ?

L’éventail des métiers de la chimie est si large qu’il nécessite une spécialisation dans l’entreprise intégrée. Le domaine dans lequel je travaille est tellement spécifique qu’une réinsertion dans une autre entreprise serait difficile. C’est un inconvénient.

La profession de laborantin R&D a-t-elle évolué ces dernières années ? De quelle manière ?

Au niveau des techniques d’analyses, l’évolution est lente car l’investissement dans les nouvelles technologies est très onéreux. Par contre, une évolution importante se remarque dans la diversité du travail demandé au laborantin, par exemple des rapports d’analyse de plus en plus complets. Il y a aussi une importance croissante dans l’utilisation de l’outil informatique (connaissance de MS Office, nécessité d’adaptation aux divers programmes intégrés à la société et aux programmes associés aux appareils analytiques parfois complexes).

Quel conseil donneriez-vous à un jeune intéressé par ce métier ?

Il est important de démarrer des études dans un domaine dans lequel on se sent à l’aise. Il faut savoir que le secteur de la chimie est très vaste. Les études et la vie active en entreprise, c’est très différent ! Tout va dépendre du domaine dans lequel on trouvera du travail. Moi-même, je n’aurais jamais imaginé travailler dans le domaine des polymères, quasiment inconnu pour moi à la sortie des études. Il faut avoir un esprit ouvert et être capable de s’adapter. Tous les domaines sont passionnants quand on fait l’effort de s’y intéresser.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.