Julie Salmon,
Opératrice-technicienne de production en industrie biopharmaceutique

Interview réalisée en février 2017

Pouvez-vous nous présenter brièvement votre lieu de travail ? 

Baxalta, qui vient d'être rachetée et intégrée à l'entreprise Shire, découle de la branche d’activité BioScience de Baxter. Nous sommes spécialisés  dans le développement, la fabrication et la commercialisation de thérapies pour les affections rares et chroniques en hématologie, oncologie et immunologie. La société est en pleine expansion et cherche sans cesse de nouveaux collaborateurs.

Comment êtes-vous devenue technicienne de production ?

Après des études supérieures en agronomie, j’ai souhaité me réorienter. Via des amis, j’ai appris l’existence d’une formation au centre CEFOCHIM permettant de travailler dans le secteur biopharmaceutique. Les qualités requises pour le job d’opérateur-technicien semblaient me correspondre : la rigueur, le respect des procédures, le sens de l’organisation, la planification des tâches, etc. La probabilité de trouver un emploi au terme de la formation était très importante. Et de fait, j’ai immédiatement reçu trois possibilités de stage ainsi qu’un contrat à durée indéterminée chez Baxter !

En quoi consiste exactement votre métier ?

Concrètement j’œuvre à la fabrication d’une solution injectable qui agira sur le système immunitaire de patients. Ce médicament est produit à base de plasma humain, collecté dans différents pays, et pour lequel différentes étapes se succèdent, comme par exemples des désactivations virales, des chromatographies, des filtrations stérilisantes. Je fais partie d’une des équipes, généralement composées d’une dizaine de techniciens, qui œuvrent à la réalisation des différentes étapes de ce processus.  Le processus entier dure un peu plus de deux jours.

On est en zone de manière continue durant 2 à 3 heures puis lorsque une partie de l’équipe est en « break », l’autre assure la continuité de la production et vice-versa.

Dans mon service, trois équipes se relaient en semaine (système de 3 pauses de 8 heures : 6h00-14h00, 14h00-22h00 et 22h00-6h00) et deux le week-end (système de 2 pauses de 12 heures : 06h00-18h00 et 18h00-6h00).

Ce métier demande un grand respect des procédures.

Oui. Au préalable il y a l’entretien avec notre contremaître qui nous fait un briefing sur nos missions du jour et les éventuels problèmes que nous pourrions rencontrer. Avant d’entrer dans la zone de production, je dois passer par deux vestiaires et revêtir une tenue spécifique : salopette avec capuche, bottes, masque, gants stériles, lunettes spécifiques, etc. Le métier nécessite aussi un respect strict des procédures et normes d’hygiène, de sécurité et de qualité imposées par le secteur pharmaceutique.

Etiez-vous suffisamment formée pour exercer ces missions avant de rejoindre Baxalta ?

La formation au CEFOCHIM m’a donné les éléments essentiels pour travailler dans le secteur mais une formation interne s’est révélée nécessaire. Lorsqu’un nouveau technicien nous rejoint, il suit en interne une formation théorique de trois semaines puis il est parrainé sur le terrain par un technicien plus expérimenté qui va lui apprendre les subtilités du métier ainsi que le maniement du matériel qu’il aura à sa disposition.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Les missions varient chaque jour, même si, en fin de compte, elles sont cycliques. On change de zone et les manipulations sont différentes. C’est ce qui rend le job excitant. Je ne m’ennuie jamais ! Et puis c’est un vrai travail d’équipe. Au fil du temps des liens se créent entre nous. En outre c’est très gratifiant de savoir qu’on fait un produit ou médicament qui va pouvoir soigner les gens ! Modestement, je me dis que je contribue à la guérison de certains patients !  

Et quels sont les aspects qui vous plaisent le moins ?

Pour certains, le respect des procédures, comme le fait de devoir mettre puis enlever sa tenue spécifique plusieurs fois sur une même journée, peut être contraignant mais on s’habitue très vite… Cette tenue est parfois contraignante lorsque l’on doit porter des objets lourds comme des bacs de matière première par exemple. Mais nous disposons de monte-charges pour nous aider, heureusement. Par ailleurs, les possibilités d’avancement peuvent paraître difficiles : lorsqu'on est technicien, on peut devenir « technicien senior » puis « contremaître » ou évoluer dans un autre service mais il faut que les places se libèrent et cela peut parfois prendre quelques années. Cependant avec les nouveaux projets apportés depuis l'intégration dans la société Shire, beaucoup de nouvelles opportunités sont en train de se créer.

Quels sont justement les tâches du « technicien senior » et du « contremaître » ?

Le « technicien senior » est le référent des autres techniciens sur le terrain, il va s'occuper de la résolution des problèmes techniques et du contact avec les autres services à ce propos. Le « contremaître » est le chef de son équipe et a plutôt pour fonction l’organisation et la gestion de son équipe. Il se trouve donc rarement en zone mais c'est vers lui que l'on va se tourner lors de problèmes qui demandent une prise de décision de la part d'un supérieur hiérarchique. Quand il doit s’absenter, son rôle sera repris par le « technicien senior ».

Pouvez-vous, en guise de conclusion, nous donner une facette moins connue du métier ?

En tant que « technicienne senior », je m’apprête à me rendre aux Etats-Unis où est implantée une  toute nouvelle unité de production de notre groupe similaire à la nôtre en Belgique mais en beaucoup plus grand. Avec d’autres personnes, je vais aller former le personnel local sur place. Il s’agit d’une mission de six mois. Je ne doute pas qu’il va s’agir d’une expérience extrêmement bénéfique pour mon développement personnel.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.