Julien Dufey, Mathématicien astronome

Interview réalisée en juin 2015  —  Interview 1240

Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai fait un master en mathématiques (que l’on appelait licence à l’époque) dans lequel il y avait des cours orientés en astronomie.

Pouvez-vous nous décrire votre lieu de travail ?

En tant qu’employé de « Space Applications Services », une entreprise privée située à Zaventem, je suis détaché sur le site de l’Observatoire Royal de Belgique pour travailler pour le B­_USOC qui est le centre belge d’opérations d’instruments scientifiques à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Nous contrôlons différents équipements du laboratoire européen Columbus, un des modules de l’ISS. Nous sommes en quelque sorte un petit Houston en Belgique…  

Et que faites-vous concrètement ?

Mon travail au B_USOC consiste à préparer et effectuer des expériences scientifiques réalisées à bord de la Station Spatiale Internationale. Nous contrôlons, par exemple, un instrument (SOLAR) qui mesure les différentes particules envoyées par le soleil et un autre (FSL) qui étudie la mécanique des fluides en apesanteur. Le projet sur lequel je travaille principalement pour le moment s’appelle METERON et consiste à mettre en place une sorte d’internet de l’espace pour que des astronautes puissent contrôler un laboratoire mobile sur la surface de la lune ou de Mars. Afin de tester cette technologie, un astronaute va manœuvrer un laboratoire mobile situé en Hollande à partir de la Station Spatiale.

Quel a été votre parcours professionnel une fois votre « licence » en poche ?

J’ai fait une thèse de doctorat à l’Université de Namur sur la rotation de la planète Mercure dans le cadre d’une mission de l’ESA, l’Agence Spatiale Européenne. J’ai ensuite travaillé deux ans à l’ESOC en Allemagne, le centre d’opérations de l’ESA. Je calculais principalement des trajectoires pour des futures missions spatiales. Par après, j’ai travaillé pendant un peu plus de 6 mois dans la validation du logiciel principal embarqué à bord d’une autre mission spatiale appelée ExoMars. Enfin, j’ai commencé il y a 3 mois ce nouveau travail pour « Space Applications Services », détaché au B_USOC.

Quand votre vocation vous est-elle apparue ?

Tout petit, je voulais déjà être astronaute… Et ça n’a toujours pas changé ! Donc le domaine spatial m’a toujours intéressé.

Qu’est-ce qui vous plaît tout particulièrement dans votre métier ?

C’est un travail unique et excitant où nous sommes en collaboration avec les centres de commandement de l’ISS et les astronautes à bord !  

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Certains instruments doivent être surveillés et contrôlés 24h/24, nous devons donc parfois travailler la nuit ou très tôt le matin.

Pensez-vous que l’astronomie et l’aérospatiale offre des débouchés clairs aux mathématiciens ?

Absolument, la rigueur d’une formation mathématique est toujours très recherchée, mais il est aussi important que les mathématiques étudiées soient en lien avec le domaine spatial.

Que diriez-vous à un jeune pour qu’il s’intéresse aux mathématiques ?

Les mathématiques ouvrent énormément de portes. Pas seulement dans le domaine spatial, mais aussi dans celui de la finance, de l’enseignement et bien d’autres. C’est finalement une formation qui peut mener à de nombreux métiers différents.

 

 
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