Anonyme,
Juriste dans une société bancaire

Interview réalisée en janvier 2009

Quel a été votre parcours ?

J’ai fait un graduat en droit et j’ai eu la chance que mon futur employeur assiste à la défense de mon mémoire. Apparemment ça lui a plus car une semaine plus tard à peine, il prenait contact avec moins et m’offrait un poste au sein du service juridique de la société bancaire pour laquelle je travaille toujours.

Je réalise, toutefois, très bien que j’ai eu beaucoup de chance. Trouver un emploi a été beaucoup plus difficile pour la plupart des gens qui ont terminé leurs études en même temps que moi.

Le fait d’être gradué ne vous a pas handicapé face à la concurrence de titulaires d’un master universitaire ?

Je ne crois pas, du moins à l’époque. Ceux qu’on n’appelait pas encore les bacheliers avaient pour eux l’avantage d’une formation plus brève mais plus éclectique et surtout, nous étions beaucoup moins chers à l’embauche pour un employeur. Et puis, nous n’occupions pas vraiment les mêmes fonctions, les « licenciés » étant en général affectés aux postes à responsabilités.

Moi, j‘ai pu bénéficier de promotions internes en passant des tests et d’autres épreuves mais c’était une autre époque.... J’observe, cependant un certain renversement de tendance depuis quelques années. L’heure est à la spécialisation et, de ce point de vue, les universitaires ont souvent un avantage certain.

Toutefois, rien n’empêche un diplômé sortant des études de type court de se spécialiser dans une matière déterminée en suivant des cours à horaire décalé.

Pour travailler au service juridique, faut-il nécessairement travailler au siège social, c’est-à-dire à Bruxelles, le plus souvent ?

Oui, c’est très souvent le cas. Certaines banques ont un micro-service juridique au niveau régional mais c’est très rare. Dans l’écrasante majorité des cas, le service juridique est actif au siège social de l’entreprise qui, le plus souvent, se trouve à Bruxelles. Une tendance à une certaine dispersion des juristes au sein des sièges régionaux se dessinait jusqu’à il y a peu de temps mais la crise bancaire mondiale y amis un terme, en tout cas pour le moment.

Le fait de travailler à Bruxelles impose-t-il un certain bilinguisme de fait ?

C’est certain. Maîtriser plusieurs langues est sans conteste un plus appréciable. Et qu’on le veuille ou non, le néerlandais est toujours l’une des langues nationales de ce pays. Cependant, pratiquement, l’importance de l’anglais devient de plus en plus grande. 

Ceci signifie-t-il qu’un unilingue a peu de chances d’être engagé ?

Oui et non… Si vous êtes bon au test et à l’entretien d’embauche, ça reste possible. Et la direction prévoit des formations en langues pour le personnel. Mais, à compétences égales, il est certain que le candidat maniant plus ou moins aisément une, voire deux autres langues que sa langue maternelle aura un a priori favorable.
Et malheureusement, il faut bien reconnaître que nous n’y sommes pas trop bien préparés durant nos études.

Quelles sont les autres lacunes de votre formation ?

L’informatique ! Mais je constate que les plus jeunes sont beaucoup mieux préparés de ce point de vue. Les investissements des écoles et de la Communauté française dans ce secteur commencent à porter leur fruit, apparemment.
De mon temps, nous n’avions pas d’ordinateurs pour tout le monde et le matériel était vieux, mal entretenu. Heureusement, là aussi, les sociétés prévoyaient des formations de mise à niveau pour les nouveaux engagés.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.