Laetitia, Fleuriste indépendante

Interview réalisée en avril 2011

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

La première chose que je fais est d’ouvrir le magasin et de mettre en place les plantes extérieures pour attirer l’œil du client. Ensuite, je déballe les paquets de fleurs achetés la veille. Il faut nettoyer et gratter les tiges, les couper et les défeuiller puis arranger les fleurs dans les pots. Je vais généralement 3 à 4 fois par semaine chez le grossiste pour me fournir en fleurs et en plantes. J’achète également des vases et des poteries. Je vais rarement le matin à la criée car l’achat se fait par lot et je préfère une marchandise en plus petite quantité mais variée. Mon activité principale est évidemment de servir le client. J’écoute ce qu’il souhaite, je lui propose des combinaisons en fonction de sa demande, je compose le bouquet (tout en calculant le prix) et je l’emballe. A côté de cela, je fais régulièrement des bouquets et des montages floraux pour garnir le magasin et pour la vente, je prépare les commandes, soit via des contrats (un bouquet chaque semaine pour l’accueil d’une maison de repos par exemple) soit via des commandes ponctuelles qui arrivent par téléphone, fax ou mail. Je dois alors les livrer ou les faire livrer. Je prévois également un peu de temps pour entretenir les plantes (arroser, enlever les fleurs et les feuilles fanées…). 
Une fois par semaine, je fais la comptabilité du magasin et une fois par trimestre, je m’occupe de la facturation pour les clients. Lorsque j’ai un peu de temps, si possible tous les 15 jours, je refais l’étalage et j’y dispose de la nouvelle marchandise. Je nettoie aussi le magasin, je prends les poussières et je désinfecte les sceaux et les outils tels que les sécateurs. 

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut être rigoureux et méticuleux dans son travail et avoir le souci de satisfaire le client. Il faut de la créativité car le métier devient de plus en plus artistique. Cette profession évolue très vite, il faut donc pouvoir s’adapter et se recycler. La patience est une bonne qualité car les clients sont parfois très exigeants et pas toujours clairs dans leur demande, il faut être à l’écoute et comprendre ce que le client souhaite. C’est un métier qui demande que l’on soit longtemps debout, ce n’est pas toujours très agréable ! Une connaissance des plantes et des fleurs est indispensable : leur nom mais aussi le type d’exposition, d’éclairage et d’arrosage. Le certificat de gestion est obligatoire pour se lancer comme indépendant. 

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

L’avantage principal est le fait d’être indépendant, d’être son propre patron, d’organiser sa journée et ses horaires comme on le souhaite tout en respectant des heures d’ouverture pour la clientèle. J’habite à deux pas du magasin. Cette proximité me facilite la vie mais cela peut devenir un inconvénient si je ne me mets pas des limites. 
L’inconvénient principal, c’est les horaires. On travaille tous les week-end (samedi et dimanche matin). Les jours fériés sont souvent signe de fête (Noël, Toussaint, 1er mai…) et donc de travail pour les fleuristes. Le fait de devoir tout gérer seule (la vente, les commandes, l’achat de marchandises, la comptabilité…) ne me facilite pas la vie.

Quel est l’horaire de travail ?

J’ai deux horaires : l’horaire du magasin et l’horaire de travail. Le  magasin est ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 10 à 13h. En dehors des heures d’ouverture, je dois aller chez le grossiste, préparer les commandes, faire la comptabilité, faire les livraisons, nettoyer le magasin… Ma journée de travail dure en moyenne entre 10 et 11h. Mais quand les périodes de fêtes arrivent, je peux faire des journées de 7h à 20h ! Juillet et août sont les mois les plus calmes. 

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

J’ai fini l’enseignement secondaire général dans l’option « sciences sociales et éducatives ». Je me suis inscrite ensuite en photographie à l’INRACI mais j’ai abandonné très vite. J’ai suivi des cours de dactylographie et de gestion tout en étant au chômage, je trouvais que c’était deux formations de base et utiles dans la vie professionnelle. J’ai ensuite été à l’INFAC et j’ai suivi une formation de fleuriste en Chef d’entreprise, pendant 3 ans.  

Quel a été votre parcours professionnel ?

Quand j’ai suivi ma formation à l’INFAC, j’ai travaillé pendant trois ans chez le même patron pour apprendre les ficelles du métier et me faire une expérience professionnelle. Quand je suis sortie, j’ai directement ouvert mon magasin. Pendant 5 ans, j’ai travaillé à Schaerbeek et puis, j’ai eu l’opportunité de reprendre un rez-de-chaussée commercial où un fleuriste était déjà implanté du côté de Laeken. Cela va bientôt faire trois ans que je suis ici. 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Parce que j’aime les fleurs et les plantes et que j’ai un intérêt pour la nature depuis que je suis toute petite. J’aime aussi les belles choses et le côté créatif et artistique du métier de fleuriste. J’aime être le témoin de la magie des plantes qui poussent.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Que c’est un métier où il y a de l’avenir car cela évolue tout le temps mais il faut pouvoir s’adapter rapidement aux changements et aux nouveautés. La motivation et la persévérance sont indispensables et il faut être conscient qu’il y a des sacrifices à faire (les jours de fête, on fait passer son travail avant la détente !). Il faut aimer la nature, les fleurs et les plantes mais ne pas se laisser tenter de tout acheter, il faut bien gérer ses achats pour éviter de trop grosses pertes. J’ajouterais que cela doit être plus confortable si on lance son affaire à deux, cela permet de diviser les tâches et d’élargir davantage les heures d’ouverture. Je l’encouragerais aussi à créer un site internet, cela attire le client !

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Dans mon ancien magasin, il y a avait un détecteur au niveau du genou qui me prévenait quand quelqu’un passait la porte. Un jour, à l’arrière du magasin, un pressentiment me fait revenir vers la porte et je suis tombée nez à nez avec un jeune homme qui rampait pour passer en-dessous du détecteur et prendre la caisse sans que personne ne s’en aperçoive. Dès que je l’ai interpellé, il s’est encouru !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.