Laurent Riche,
Constructeur de maisons en bois

Interview réalisée en septembre 2007

C'est à Mariembourg que se trouve la firme Stabilame, active dans la construction de maisons en bois. Âgé de 33 ans, Laurent Riche est administrateur de cette entreprise familiale qui emploie quelque 150 personnes.

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

J'ai fait pendant six ans des études professionnelles en menuiserie-charpenterie. Je travaille chez Stabilame S.A. depuis 15 ans,c'est-à-dire depuis qu'on a commencé les constructions en bois. Je suis administrateur mais je m'occupe de tout ce qui est gestion de chantiers, informatique et production. Personnellement, je suis davantage intéressé par le travail manuel.

Comment pourrait-on décrire la profession de fabricant de maisons en bois ? En quoi consiste-t-elle ? Quelles sont ses particularités ?

C'est un ensemble de menuisiers traditionnels et de charpentiers mais c'est aussi en rapport avec les nouvelles techniques informatiques et les bureaux d'études. C'est assez complexe. Cela regroupe tous les aspects de la menuiserie. On touche à tout. Il faut connaître tout ce qui se rapporte au métier.

Dans les constructions traditionnelles, il y a aussi de la maçonnerie, donc il faut avoir des connaissances de base en matière de fondations.

Dans la filière bois, à quel niveau vous situez-vous ?

Dans la deuxième transformation.Toutefois, je pense qu'on se situe un peu partout car on transforme le bois puis on le monte sur chantier. Mais cela, c'est propre à Stabilame.

Quelles sont vos tâches principales ? Comment se compose votre emploi du temps ?

Il s'agit de la planification et de l'étude de projets plus scientifiques qui ne sont pas pris en charge par les bureaux d'études car ils demandent trop d'expérience. Mais j'ai aussi d'autres tâches : superviser les remises de prix et contrôler si les deviseurs n'ont pas fait d'erreur, vérifier les machines à commande numérique si les opérateurs à commande numérique ne s'en sortent pas et enfin participer aux réunions sur les chantiers afin de concrétiser les détails relatifs à la mise en production esthétique et technique. Aucune journée ne ressemble à la précédente et c'est bien comme cela !

Quelles qualités incontournables faut-il réunir pour exercer cette profession ?

Il est nécessaire de pouvoir analyser rapidement les problèmes et y trouver des solutions. Il faut être logique et autodidacte au point de vue informatique car il y a très peu de formations spécifiques aux logiciels que nous utilisons. La capacité de prise de décisions est importante. Ainsi, lors d'une réunion de chantier, il ne faut pas avoir peur de prendre ses responsabilités. Il faut être sûr de son coup et ne pas avoir peur de faire des heures supplémentaires.

Présente-t-elle certains avantages ou des inconvénients (notamment horaires, risques pour la santé,...) ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Je n'y vois que des avantages. Le matériau travaillé ouvre toutes les possibilités. Il est tellement flexible qu'il permet de faire beaucoup de choses. Il y a aussi plus de facilités quand on veut construire soi-même. D'autre part, il est agréable de voir qu'il y a une bonne entente entre fabricants, alors que nous sommes censés être des concurrents. Il n'y a pas de lobbying, cela reste très humain.

La difficulté, c'est de trouver des gens compétents même si, au niveau de la formation, cela va mieux qu'il y a une dizaine d'années. Ainsi, les étudiants en architecture, en menuiserie et en dessin-construction (DAO) avaient une formation axée sur le béton et le métal, pas sur le bois. Alors que la construction bois est en plein essor, on commence à peine à s'y intéresser et les mises à jour des programmes de formation se font seulement maintenant. Par ailleurs, il y avait toujours un a priori à propos de la construction bois car on croit - à tort ! - que le bois prend feu facilement.

Enfin, au niveau des services de l'urbanisme de la Province, il y a une amélioration même si il y a encore du travail ! Par exemple, ils voyaient la construction bois comme un chalet suisse alors que ce n'est pas du tout cela !

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Tout ce que je viens d'énumérer mais plus particulièrement le fait de voir l'ouvrage fini. Quand on fait un châssis ou un escalier, ce n'est pas très imposant. Par contre, le fait de pouvoir faire une maison en 8-10 jours est très satisfaisant.

La profession a-t-elle évolué ? De quelle manière ?

Au niveau des techniques de fabrication et de l'informatique, oui cela a évolué. Les fabricants de machines ont inventé des produits, des composants qui évoluent sans cesse. Les fabricants progressent mais pas les formations, c'est paradoxal !

Pensez-vous qu'il s'agit d'un métier d'avenir ?

Oui. On parle de plus en plus d'écologie, de développement durable. Le bois est un des seuls matériaux qui propose de faire de la construction durable de manière naturelle.

Quel conseil pourriez-vous donner à un jeune intéressé par ce métier ?

Il faut y croire et chercher sans cesse à améliorer son produit. C'est vraiment un métier d'avenir. C'est tellement varié, on touche à tellement de choses qu'on ne sait pas s'en lasser.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.