Lilo Solami, Maçon

Quelle est votre formation ?

Je viens d'Italie où j'ai réalisé des études jusqu'en 3ème humanités.

Quel est votre parcours ?

J'ai commencé à travailler dès l'âge de 14 ans. Mon père était maçon et c'est lui qui m'a appris le métier. En arrivant en Belgique, j'ai d'abord travaillé chez Franki. J'avais 20 ans et déjà une certaine expérience, c'est pourquoi on m'a engagé comme man'uvre. Ensuite, j'ai réalisé des stages et formations à l'ONEM pour me perfectionner. Et après avoir travaillé pour différents patrons cela fait  aujourd'hui 7 ans que je travaille chez Thomas Piron.

Souvent lorsque l'on dit « maçon », on pense au fait d'empiler des rangées de briques or votre métier est bien plus polyvalent, non ?

Le maçon doit aussi avoir quelques notions de mathématiques, il doit savoir tracer, calculer la hauteur des plafonds.

La polyvalence du maçon est un élément très apprécié des patrons. Si en plus de la maçonnerie, un maçon sait coffrer, plafonner ou carreler, ce sont évidemment des atouts supplémentaires pour être engagé.

Intervenez-vous dès le début d'une construction ?

Dans les petites constructions, chez les particuliers, le maçon concrétise effectivement le projet et y travaille du début à la fin du gros oeuvre.

Que signifie être Chef de Chantier ?

Il faut différencier un chef de chantier d'un chef d'équipe. Le premier coordonne tout, il dirige. Le chef d'équipe dirige ses hommes. J'ai déjà dirigé un groupe de quatre : trois maçons et un manœuvre. 

Quels sont les différents grades de la profession ?

Les grades en maçonnerie sont les suivants : on est d'abord manœuvre puis manœuvre spécialisé, puis Q1 qui correspond à une qualification, ensuite Q2, puis chef d'équipe.

Quelle est votre journée-type de travail ?

Je me lève vers 6h00, vers 7h15 j'emmène les hommes et à 8h00 on travaille. Les journées durent 8h00. Bien sûr, si le chantier se  trouve à 200 kilomètres, les journées sont beaucoup plus longues et les trajets ne sont évidemment pas considérés comme du temps de travail.

Les nouvelles technologies ont-elles influencé votre métier ?

Ce qui a changé dans la profession ce sont des matières plus légères, les blocs de béton sont remplacés par des blocs en terre cuite. On ne peut plus aujourd'hui soulever des sacs de 50 kilos , ils sont remplacés par ceux de 25 kilos. Ces mesures visent à nous protéger physiquement : les articulations, le dos qui souffre beaucoup dans ce métier.  Ces mesures permettent aussi de travailler plus vite, ce qui arrange aussi les patrons.

Quels sont les avantages et inconvénients du métier ?

Pour moi, le grand avantage est de pouvoir être dehors, je ne pourrais pas supporter de rester assis 8h00 derrière un bureau, il faut  que je bouge. Les inconvénients, ce sont les conditions climatiques, le revers de la médaille d'un travail extérieur.  Travailler sous la pluie ou dans le froid est physiquement très éprouvant même si, bien entendu, il existe une législation qui nous protège en la matière. Mais être toujours dehors, quel que soit la saison est parfois difficile, en été aussi d'ailleurs.

S'il fait trop mauvais, on reste à la maison et on est payé quand même ce qui est tout de même un avantage.

Que pensez-vous des formations dans votre secteur ?

Les formations ne sont pas appropriées au métier, les jeunes qui sortent de l'école sont « perdus » sur un chantier. Je pense que la meilleure solution dans nos métiers est l'enseignement en alternance. Il faut aussi que les jeunes sachent qu'on ne maçonne pas comme ça, on commence à apprendre à faire du mortier, il faut savoir être humble mais aussi volontaire.

Sur quelles bases recrute-t-on ?  Quelles sont les exigences ?

Un patron va juger sur la propreté d'un travail, il faut que ce soit nickel parce que le client exige cela. Les apparences sont parfois fausses, un travail peut paraître très propre mais peut- être que les joints sont mal faits. La vitesse de travail est également importante mais c'est l'expérience qui apporte cela. Il faut aussi être ponctuel, puisqu'il s'agit d'un travail d'équipe, si un maçon a une demi-heure de retard, c'est toute l'équipe qui est en retard et cela n'est pas possible. Il faut être courageux et avoir une bonne condition physique.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui débute ?

Il faut aimer son travail, vraiment. C'est un métier physiquement dur. Il faut être patient, savoir bien travailler et le temps et  l'expérience feront le reste. Les jeunes doivent savoir que l'on recrute, aujourd'hui on cherche des maçons.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.