Luc Saubain,
Coordinateur du bachelier en GRH

Interview réalisée en janvier 2008

Luc Saubin est coordinateur du bachelier en gestion des ressources humaines à la Haute Ecole de Namur. Il évoque pour nous les différents aspects de la formation et les compétences que doit maîtriser tout bon GRH. 

Quels mots clé utiliseriez-vous pour définir la gestion des ressources humaines ?

Gestion du personnel, communication, recrutement, formation, évaluation, rémunération et management. 

Comment définiriez-vous la GRH ?

La GRH est un élément essentiel de la gestion des entreprises, qu’elles soient privées ou publiques. Il revient au gestionnaire des ressources humaines de faire se rencontrer les objectifs de l’entreprise et les intérêts des salariés. Il s’agit donc d’un métier à multiples facettes : gestion du personnel, mobilisation de celui-ci autour du projet de l’entreprise, communication et médiation entre le personnel et la direction, … 

Quelles fonctions le gestionnaire des ressources humaines assure-t-il ?

- Le recrutement et la sélection du personnel sur base de descriptions de fonctions impliquant une analyse et une qualification des postes ; 

- L’intégration et la politique d’accueil du personnel ; 

- La motivation et stimulation du personnel : politique des salaires, procédures d’évaluation, optimisation des conditions de vie au travail, organisation du travail mais aussi prise en compte des dysfonctionnements, tels que l’absentéisme, les accidents de travail, etc. 

- Le développement du potentiel humain : développement des compétences et gestion prévisionnelle des emplois ; 

- La gestion des départs : départs volontaires, licenciements, restructuration des effectifs, etc. 

Quel est le profil type du gestionnaire en ressources humaines ? 

Suite à différentes réunions de travail que nous avons tenues avec des professeurs de la section et des professionnels, nous avons défini les compétences techniques de base. Ces compétences doivent lui permettre de répondre aux exigences actuelles du milieu professionnel en ressources humaines. Il doit ainsi être capable de : 

- contextualisation et engagement professionnel : faire preuve de proactivité, intuition, discernement, adaptabilité, attitude éthique. 

- informer et communiquer : concevoir, développer, gérer, évaluer et adapter des systèmes d’information et de communication, mener des entretiens, présenter des exposés, rédiger des écrits, comprendre et utiliser activement au moins deux langues étrangères, maîtriser les outils informatiques. 

- adopter un esprit scientifique et de recherche : définir un objet d’étude/recherche, recueillir des données qualitatives et quantitatives, traiter, analyser, interpréter et exploiter les données d’une recherche. 

- gérer des situations en administration du personnel : cela nécessite des connaissances en droit (travail, social, européen, fiscal, assurances), en gestion budgétaire, en comptabilité, en administration du personnel (paie, gestion des horaires, des contrats et des dossiers administratifs), en bureautique.

- gérer des situations dans les domaines d’application Ressources Humaines : organisation du travail, gestion courante des effectifs et compétences, gestion prévisionnelle des effectifs et des compétences, en relations sociales, en rémunération et avantages sociaux, en bien-être au travail, en gestion de l’information et de la communication. 

La formation en gestion des ressources humaines est assez récente. Depuis quand exactement figure-t-elle au programme de la Haute Ecole de Namur ? 

Depuis une quinzaine d’années. L’Institut de Formation Sociale (ISFORSOC) devenu ensuite Haute Ecole Namuroise Catholique (HENaC) puis, depuis septembre 2007, Haute Ecole de Namur (HENAM) suite à la fusion avec l’IESN, a été le premier à proposer un graduat spécifique en gestion des ressources humaines. 

Pouvez-vous nous parler du bachelier ?

Il comprend avant tout une formation théorique qui est assurée conjointement avec des professeurs qui partagent leur expérience professionnelle dans des domaines tels que l’économie, le droit, les sciences humaines (philosophie, sociologie, psychologie, communication, sciences du travail) ou encore les langues. L’objectif de cette formation est d’arriver à une compétence polyvalente qui rendra l’étudiant, qui aura terminé son bachelier, directement opérationnel. Il y découvrira les techniques de recherche sociale appliquée, les techniques d’information et de communication mais aussi les techniques de négociation, de gestion des conflits, les méthodes de recrutement, de description de fonction, d’évaluation, de développement des compétences,… La formation pratique s’effectue sous forme de séminaires d’intégration professionnelle et de stages dans différents milieux de travail sous la responsabilité d’un maître de stage, professionnel de la GRH. Enfin, au terme, de la 3e année, l’étudiant est amené à rédiger et à défendre publiquement un travail de fin d’études réalisé à partir de son expérience de stage. 

Y-a-t-il chaque année beaucoup d’inscriptions ?

Pour cette année scolaire 2007-2008, on retrouve 130 étudiants en 1ère année, 56 en 2e et 40 en 3e. Ces études attirent car elles sont au carrefour de plusieurs secteurs comme la gestion, l’économie et le social. Rares sont les études qui peuvent se targuer d’être aussi polyvalentes. La profession recueille donc un certain succès. Beaucoup de jeunes viennent se renseigner dans notre école sur la nature même de ces études et du métier car l’expression « Gestion des ressources humaines » n’est pas très explicite. Pour ma part, je trouve d’ailleurs que l’expression « gestion des compétences » est plus appropriée. 

A quel type de public s’adressent ces études ? 

A des personnes généralistes et curieuses. En effet, le gestionnaire des ressources humaines doit connaître tous les rouages et services de l’entreprise : le marketing, les finances, la comptabilité, l’informatique, … Les candidats gestionnaires doivent aussi avoir un certain intérêt pour la législation du travail. Au niveau connaissances, il n’y aucun pré-requis. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir fait une option sciences économiques dans l’enseignement secondaire. 

Quelle est l’importance des langues dans la formation ?

Deux langues, parmi quatre possibles, sont obligatoires. Dans notre Haute Ecole, on encourage fortement les étudiants à les apprendre mais tout dépend aussi du projet professionnel de l’étudiant. En début de 1ère année, un test de connaissances en langues est effectué. En fonction des résultats, l’étudiant est dirigé vers le niveau « débutant », « moyen » ou « avancé ». 

Pouvez-vous nous parler des stages ? 

Dès la 1ère année, l’étudiant effectue un stage actif dans une industrie en tant qu’ouvrier ou une organisation en tant qu’employé. Cela lui permet de découvrir un mécanisme essentiel du fonctionnement de l’entreprise du point de vue de la GRH. En fin de stage, il rédige un rapport qu’il présente devant un jury. En 2e année, le stage dure sept semaines. L’étudiant intègre un service du personnel. Il effectue différentes tâches administratives, ce qui lui permet de mettre en pratique la théorie étudiée aux cours. De nouveau, il doit rédiger un rapport et le défendre devant un jury. En 3e année, son stage se déroule de janvier à mai. Soit le candidat RH l’effectue dans une grande entreprise et développe dans son rapport un aspect de la GRH soit il l’effectue dans une PME ce qui lui permet de développer les aspects polyvalents du métier. 

Quel est le plus gros facteur d’échec ?

Le manque d’implication de l’étudiant. 

Trouve-t-on facilement du boulot dans le secteur ?

Chaque année, 4 ou 5 de nos élèves sont engagés par l’entreprise dans laquelle ils ont fait leur stage. Je pense, sans trop m’avancer, que la plupart des étudiants trouvent un travail dans les six mois. Il y aussi une partie d’entre eux qui décident de continuer leurs études en se tournant vers l’enseignement universitaire. 

Vers quels masters universitaires se tournent-ils ?

Principalement vers les Sciences du travail. L’avantage est qu’ils ont un accès direct. Depuis cette année est aussi organisé un master en gestion des ressources humaines qui devrait recueillir un certain succès. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune intéressé par ces études ?

Il est d’abord très important qu’il se soit renseigné sur le métier au préalable. Rencontrer un ou plusieurs professionnels, vu la polyvalence du métier, pourrait lui permettre d’y voir plus clair. Il pourrait en rencontrer un qui travaille dans le marchand un autre dans le non-marchand, un troisième qui est spécialisé dans un domaine bien précis et enfin un dernier qui serait plus généraliste. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.