M W, Exploitant agricole

Interview d'un exploitant agricole, M.W. de la région du Hainaut 

Comment en vient-on à être agriculteur ?

En fait, dans la plupart des cas, on est baigné dans les rouages de ce métier dés son plus jeune âge.

Quelle est la journée type de votre métier ?

Tout d'abord, il faut se lever de bonne heure, ensuite on commence la traite des vaches. Lorsqu'elle est terminée, on nettoie les étables, on fait la litière et on nourrit le bétail.

Pendant la journée, cela dépend des saisons et ce que l'on doit faire sur les champs. Nous n'avons pas de journée type. Par contre pour ce qui concerne la traite des vaches, c'est 365 jours sur 365 jours matin et soir.

Quels sont les avantages de votre métier ?

Le plus grand avantage, c'est qu'on est indépendant et on fait son horaire comme on le désire. De plus, on n'est pas sous les ordres d'un supérieur.

Et les inconvénients ou les difficultés ?

Ce sont les conditions climatiques qui peuvent parfois nous stresser et nous donner quelques angoisses. A cause du temps, il peut arriver que nous ne sachions pas travailler sur les champs au moment voulu. On est donc tributaire des conditions climatiques.

Les difficultés du métier sont liées aussi à toutes les nouvelles mesures et réglementations que le ministère impose sur la traçabilité. Nous avons de plus en plus de papier à remplir pour les contrôles. Pour terminer, les revenus ne sont pas extraordinaires et ceci se voit par le nombre d'exploitation qui diminue de 4 à 5% chaque année. 

Quels sont les savoirs-faire attendus pour la pratique de votre métier ?

En fait, si l'on parle du bétail c'est principalement être capable de remarquer l'état de santé d'une bête, si elle est malade, pour pouvoir apporter les soins nécessaires. Par contre lorsqu'on travaille sur les champs, on doit savoir travailler le sol et cultiver les plantes pour apporter les soins nécessaires au moment voulu. 

Et les savoirs-être ? 

On doit être prompt et faire ce qu'on doit faire quand il faut le faire. Prenons en exemple le moment de faire la moisson, il faut la faire tout de suite car si l'on attend et qu'il commence à pleuvoir il se peut que l'on perde en qualité de récolte. 

Depuis que vous avez commencé, votre métier a t-il connu une évolution ?

Oui. Lorsque j'ai commencé dans les années 1970, c'était le début de la motorisation et des tracteurs mais il y avait encore la traction chevaline que l'on employait dans quelques fermes. C'était aussi le début des moissonneuses-batteuses automotrices.

On peut remarquer aussi une évolution du coté de la culture : auparavant, nous n'employions que très peu d'engrais et on n'utilisait pas de produit de pulvérisation pour détruire les mauvaises herbes, aujourd'hui, c'est différent.

Pour ce qui concerne le bétail, il y a une amélioration sur le plan de la génétique. L'amélioration s'est faite grâce à une meilleure séléction et grâce à l'apport d'un nutritionniste qui calcule une ration bien équilibrée pour que la vache donne le meilleur résultat possible. 

Comment voyez-vous l'avenir de votre métier ?

L'avenir de notre métier va dépendre de la manière dont l'agriculture va évoluer au niveau européen. Les nouveaux pays de l'UE vendent leurs produits moins chers puisque leurs mains d’œuvre sont moins chères. Alors que nous, nous ne pouvons diminuer notre prix au risque de travailler à perte. Nous sommes bloqués.

Qui sont les gens qui vous entourent ? Avec qui travaillez-vous ?

Pour le bétail, nous travaillons avec des firmes de produit alimentaire qui ont des nutritionnistes. Ceux-ci calculent les rations les plus appropriées pour le bétail. Dans mon cas, c'est un bétail laitier, nous essayons d'avoir le plus de lait possible. Il y a aussi le vétérinaire d'exploitation qui contrôle l'état sanitaire du bétail.

Pour nos travaux sur les champs, nous travaillons avec un conseiller agronome qui nous conseille sur les produits les plus appropriés pour détruire les mauvaises herbes et prévenir les maladies dans les récoltes. Pour ce qui concernent les récoltes, nous faisons appel à des entreprises agricoles.

Votre métier vous prend-t-il beaucoup de temps ?

Oui. Je me lève à 5 heures et j'essaye de terminer vers 18 heures. Evidemment, s'il faut sauver des récoltes pour la moisson à cause des risques de pluies, Je peux passer la nuit à travailler dans le but de préserver une qualité maximale.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui voudraient pratiquer votre métier ?

Tout d'abord, il ne faut pas avoir peur de travailler. Ensuite ils doivent bien réfléchir avant de commencer car pour acheter une ferme, il y a des emprunts à faire et il faut pouvoir les rembourser.

Pour celui qui n'est pas né dans l'agriculture, je lui conseillerais de faire un stage dans une ferme pendant une année pour apprendre les rouages du métier.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.