Malak, Graphiste

Interview réalisée en mai 2013

Pourriez-vous retracer votre parcours ?

J’ai suivi une formation de 4 ans en « Art Direction » (ou créatif publicitaire) au CAD (Collège of Advertising & Design) à Bruxelles.
Mon diplôme en poche, j’ai d’abord effectué quelques stages en agence, mais le milieu et les méthodes de travail ne me convenaient pas du tout. J’ai préféré me tourner vers le graphisme et le web. A cette époque, il n’y avait pas autant d’agences que maintenant, et le web offrait énormément de possibilités. J’ai eu la chance de rencontrer « les bonnes personnes » et je me suis lancée ! Tout d’abord via la «SMart », puis en tant qu’employée dans différentes agences et enfin en tant que freelance. 

Pourquoi vous êtes-vous dirigée vers le graphisme ? Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Le graphisme m’offre une certaine liberté de création que je ne retrouvais pas dans la publicité en tant que telle. Assez rapidement, je me suis découvert une passion pour le design et le graphisme en général.

J’ai perfectionné ma connaissance des logiciels de création et je me suis documentée un maximum. Créer, construire un design en partant de rien, est devenu mon moteur assez rapidement. 

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ? S’agit-il de projets personnels ou de commandes ?

Il s’agit principalement de commandes. Elles varient entre du web design pour des sites internet et du print (affiches, flyers, rapports annuels, cartes de visites, brochures mais aussi panneaux d’affichage, etc.)

Je travaille également sur la direction artistique et le design d’applications pour smartphones et/ou tablettes, mais aussi des jeux. C’est donc assez varié et c’est ce qui fait la richesse de ce métier. Malheureusement, il reste peu de place pour les projets personnels, mais j’essaie dans la mesure du possible d’y consacrer un peu de temps, même si ce n’est pas toujours évident. 

Quelles sont les différentes étapes de travail, de l’idée à la réalisation?

Tout dépend du projet et de la commande. La plupart du temps, je rencontre d’abord le client afin de discuter avec lui de ses besoins et de son projet. Je suis également là pour l’épauler dans ses choix stratégiques et pour le conseiller quant aux meilleures décisions à prendre. Nous définissons ensemble un cahier des charges qui permet d’y voir plus clair. Je reste bien entendu à l’écoute, mais mon rôle est également d’encadrer le projet ou de diriger le client vers certains choix si j’estime qu’il fait fausse route. 

Ensuite, vient la question du budget et l’établissement du devis. Une fois le devis accepté, le client signe un bon de commande et le travail peut commencer. S’il s’agit de la construction d’un site internet, nous définissons ensemble « les plans du site » et son « squelette ». Viennent ensuite la recherche et la création du design, la création de la ligne graphique et, enfin, la construction du site en lui-même, qui est gérée par un développeur. 

La plus grosse part du travail, hormis le développement du site, réside bien sûr dans la recherche du design. Celui-ci doit correspondre aux exigences du client, mais également à l’image qu’il souhaite véhiculer et au message qu’il souhaite transmettre. Sans oublier l’expérience utilisateur ! Un site beau, c’est bien, une navigation claire et réfléchie, qui correspond aux exigences du web, c’est mieux. 

Quels sont vos outils de travail ?

Je travaille principalement sur ordinateur, avec les logiciels habituels, à savoir Photoshop, Illustrator, Fireworks et Indesign. 

En quoi le métier de graphiste est-il différent de celui d’infographiste ?

Bonne question ! Le terme infographiste a été créé au départ pour désigner les graphistes qui travaillent sur ordinateur. Bien sûr, ce n’est que mon avis, mais le terme « infographiste » n’a plus vraiment lieu d’être à une époque où la plupart des graphistes combinent logiciels et design « manuel ». Le terme « graphiste » englobe donc les deux. 

Quelles sont les qualités et compétences nécessaires pour exercer votre profession ?

Je dirais qu’avant même de se lancer, il faut avant tout avoir un esprit créatif, être curieux et passionné.  Il est toujours possible de se perfectionner au niveau technique, de suivre plusieurs formations, mais l’essence même du graphiste réside dans la volonté de toujours vouloir découvrir plus et de continuellement se perfectionner. Se montrer ouvert aux tendances, tout en sachant prendre du recul et rester cohérent dans sa propre démarche graphique.

Les qualités principales doivent être la curiosité, la patience, mais aussi la volonté d’apprendre et la capacité de se remettre en question.
Sans oublier qu’il faut également avoir une part de psychologie, savoir déceler ce que souhaite le client et le guider, tout en restant diplomate et ouvert ! 

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre métier ?

C’est un métier qui me permet de toucher à de nombreux domaines, je ne travaille jamais sur la même chose ! Chaque nouveau projet m’apporte son lot de découvertes et j’apprends chaque jour de nouvelles choses. Les tendances évoluent et je m’adapte à certains styles si ceux-ci me correspondent ou pas du tout.

Par contre, le métier évolue très vite, il est donc pratiquement impossible de « se reposer sur ses lauriers ». Il faut continuellement se mettre à jour et se renouveler. Ce qui peut lasser à la longue ou au contraire, devenir un véritable moteur si l’on est passionné. Le facteur stress a également son importance : on nous demande d’être de plus en plus polyvalents, dans des délais parfois extrêmement courts et pour des budgets de plus en plus restreints. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer en tant que graphiste?

Etre curieux, polyvalent, être continuellement à l’affût des nouvelles tendances, se forger son propre style et se construire un réseau. Et surtout, ne pas croire que tout est acquis. Chaque jour est une nouvelle occasion d’apprendre quelque chose et c’est ce qui rend ce métier si enrichissant !

http://www.malak.be/

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.