Marc Herman, Humoriste

Interview réalisée en avril 2011  —  Interview 600

Comment êtes-vous devenu humoriste ? Avez-vous suivi une formation particulière?

Non, j’ai suivi un cursus scolaire « normal » en option économie. J’ai été tenté par les études d’ingénieur commercial, mais n’ai pas succombé jusqu’au bout. Après mes études, je suis entré dans la vie active. J’ai été disc-jockey, barman, représentant, restaurateur... Et puis en 1981, j’ai participé au premier Festival du Rire de Rochefort où j’ai remporté le Grand Prix décerné par la presse et le jury dont faisait partie Pierre Tchernia. C’est là que tout a commencé….

Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?

Je ne l’ai pas choisie, elle s’est présentée à moi lors du Festival. C’est sans conteste la chose la plus agréable qui me soit arrivée sur le plan professionnel.

Pouvez-vous retracer votre parcours professionnel ? Vos débuts ?

Après le Festival de Rochefort, j’ai présenté mon premier one-man-show «LA COMIQUAUDIOVISUELITHERAPIE » avec lequel je me suis produit en France et en Belgique. J’ai ensuite participé à plusieurs émissions télévisées comme « La Classe », « Y en aura pour tout le monde » ou encore « Bon Week-end » et écrit d’autres spectacles : « Le Carton », les « Stuuût », « Les Voyeurs de TV TOR »,« L’alarme fatale »… 

Qu’est ce que le métier d’humoriste ?

Il s’agit, par vocation, de faire rire ses contemporains, voire les générations suivantes. Il s’agit, par essence, d’exploiter un don, et par la pratique, d’en vivre sans avoir l’impression de travailler…

Pensez-vous que l’humour soit un don ou est-il possible d’ « apprendre à faire rire » ?

On peut sans doute apprendre un texte humoristique, des attitudes drôles, des intonations amusantes, qui pourraient faire rire, mais il manquera toujours la sensibilité indispensable pour toucher l’âme du public. La différence entre l’humoriste formé et l’humoriste natif est la même que celle qui existe entre le peintre en bâtiment et l’artiste peintre. Tous deux peuvent exécuter, l’un un travail parfait, l’autre une oeuvre de génie et pourtant ils sont peintres tous les deux.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre carrière?

Le plus difficile est sans doute, pour moi, de devoir me renouveler régulièrement. En effet, la médiatisation relativement importante de mes spectacles m’oblige à écrire un nouveau spectacle par an.

Qu'est ce qui vous plait le plus dans ce métier ? Le moins?

Le moins, c'est l'écriture justement. Le plus, c'est le contact direct avec le public dans des salles de petite jauge, ce qui favorise la complicité et provoque souvent l'improvisation.

Est-il facile de percer en tant qu’humoriste en Belgique ?

Si l’on entend par là, en vivre décemment sans aide ou subsides, la réponse est NON !

L'humoriste évolue souvent dans un one-man-show, s'agit-il pour autant d'un travail solitaire?

Dans la mesure où plus d'un demi million de personnes me suivent chaque année à la télé et en spectacle, je ne peux pas dire que je me sente seul! Par contre, encore une fois, la phase d'écriture est faite de périodes très solitaires qui parfois m'angoissent. "Le 5e Stuuût" est le premier spectacle que j'aurai co-écrit entièrement avec un ...philosophe! La philosophie en étant le fil conducteur. 

Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour devenir humoriste ?

Une connexion particulière entre les oreilles, les yeux et le cerveau, permettant d’engendrer un esprit bouffon à l’attention d’un public captivant et captivé…

Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune qui débute ?

Casse-toi vite à Paris ! C’est là que ça se passe ! D’accord, venant de moi, qui fais carrière en Belgique, c’est un peu fort. Mais bon, je suis sans doute l’exception qui …

 
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