Marc Kievits,
Inspecteur vétérinaire au Département de la Police et des Contrôles de l’Unité Bien-être animal du SPW

Interview réalisée en juin 2015  —  Interview 1204

Pourriez-vous nous présenter votre employeur ? Ses missions ?

Le bien-être animal a longtemps été une compétence fédérale, intégrée au sein du Service Public Fédéral, Santé publique, Sécurité de la Chaine Alimentaire et Environnement. Suite à la 6ème réforme de l’Etat, le bien-être animal a été régionalisé et dépend donc du Service Public de Wallonie depuis le 01/07/2014. Le service est scindé en deux structures :

Une partie normative qui établit la législation et délivre les agréments pour les élevages, pensions, refuges, établissements commerciaux pour animaux et parcs zoologiques.
Une partie inspection (dont je fais partie), l’UBEA (Unité du Bien-être Animal), intégrée dans le Département de la Police et des Contrôles. L’UBEA a été créée le 01/01/2015.

En quoi consiste concrètement votre métier en tant qu’inspecteur vétérinaire?

Notre travail à l’UBEA consiste en la gestion des plaintes concernant les problèmes de bien-être animal (de la réception jusqu’au contrôle) ; le contrôle des établissements soumis à agrément ; le contrôle des laboratoires faisant de l’expérimentation animale ; la rédaction des rapports de contrôles, avertissements, PV, saisies…et la permanence téléphonique (réponses aux questions des citoyens).

Avez-vous aussi un rôle de sensibilisation, de prévention ?

Ces aspects sont gérés par le service normatif. Etant intégré dans le département Police et contrôles, nous avons plus un rôle de  « répression », ce qui n’empêche pas de donner des conseils auprès des citoyens qui en font la demande.

Dans quels cas intervenez-vous le plus fréquemment ? Pour quels types d’animaux ?

Le plus gros de notre travail concerne la gestion des plaintes dénonçant des faits de maltraitance animale par les citoyens. Un formulaire de dépôt de plainte est à disposition sur internet. 

Les plaintes concernent principalement les chiens, chats, équidés, bovins mais nous agissons également pour tous les autres animaux allant de la souris jusqu’à l’éléphant. Il s’agit principalement de plaintes concernant les conditions de détention, l’état de maigreur, le manque de soins, l’absence d’agrément pour une activité soumise à celui-ci, etc.

Que deviennent les animaux après votre intervention ?

Si la situation n’est pas jugée trop grave, un avertissement avec un délai de mise en conformité est adressé au contrevenant.

Dans les cas plus graves, soit on dresse un PV, soit on saisit l’animal si celui-ci est en danger ou si le contrevenant est un récidiviste ou si on juge que le contrevenant ne saura pas assumer son animal.

Dans le cas de la saisie, les animaux sont placés dans un refuge qui pourra trouver à l’animal une nouvelle famille. Pour les animaux exotiques, il existe des refuges spécialisés, ou les animaux sont confiés à un parc zoologique. Pour les animaux ayant de la valeur, une vente est organisée.

Si l’animal est dans un état de santé précaire, une euthanasie peut également être jugée nécessaire pour le bien-être de l’animal.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier plutôt que vétérinaire au sein d’un cabinet, par exemple ?

J’ai d’abord pratiqué comme vétérinaire indépendant pendant 20 ans puis j’ai eu envie de passer à autre chose. J’ai eu l’opportunité de rentrer au sein d’un service public, qui plus est, dans un domaine consacré à l’animal. Je travaille donc toujours avec des animaux mais avec des horaires et une qualité de vie plus appréciable.

Différents organismes engagent des inspecteurs vétérinaires mais comment devient-on inspecteur vétérinaire au SPW ?

Les engagements sont rares, nous sommes très peu dans le service : 5 vétérinaires pour toute la Wallonie. Etant donné qu’il s’agit d’un poste au sein d’une administration, les engagements statutaires se font via le « SELOR ». 

Travaillez-vous en équipe ?

Chaque inspecteur à un territoire de contrôle qui lui est attribué. On gère et on organise soi-même son travail sous la tutelle du coordinateur. Une réunion mensuelle permet de discuter des dossiers plus difficiles, de discuter des cas particuliers afin d’harmoniser au sein du service la façon de travailler de chacun d’entre-nous.

S’agit-il d’une fonction administrative ou davantage de terrain ?

Je dirais 50/50.

Selon vous, quelles sont les compétences et les qualités à posséder pour exercer ce métier ?

Il faut tout d’abord savoir maîtriser ses émotions. On voit de tout dans des conditions parfois extrêmes.

Il faut savoir travailler seul, être organisé, prendre des décisions pas toujours faciles.

L’inspecteur représente l’autorité, il doit donc agir dans le respect des lois, agir de la même façon quelle que soit la personne.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté dans l’exercice de votre fonction ?

Nous travaillons dans un secteur public avec des procédures à respecter qui sont parfois inadaptées avec les problèmes rencontrés sur le terrain.Il faut donc s’adapter à celles-ci même si elles ne sont pas en accord avec notre façon de travailler.

De plus la charge de travail ne fait que s’accroître et le personnel lui ne va pas dans le même sens.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait travailler en tant qu’inspecteur vétérinaire ?

Avant tout, afin de se rendre compte du milieu dans lequel on travaille, des situations que l’on rencontre, outre la misère animale, la misère humaine dans laquelle on est appelé à agir, je conseillerais vivement à un aspirant inspecteur de venir faire un stage dans le service afin de se rendre compte du travail effectué. Il s’agit en résumé d’une fonction de « Police pour animaux ».

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.