Marc Radelet, Attaché de presse

Interview réalisée en janvier 2010

Marc Radelet, véritable enfant du rock, est attaché de presse pour des artistes mais aussi pour des grands festivals comme les Francofolies de Spa. Il exerce donc deux mi-temps !

Pouvez-vous nous citer quelques artistes ou groupes dont vous êtes actuellement l'attaché de presse ?

Je suis actuellement occupé sur la promotion du nouvel album de Marc Morgan, du nouvel album de Von Durden, du nouveau single de Perry Rose (l'album sort en 2012). Je viens aussi de commencer la promotion du nouvel single inédit d’Arid (qui est issu de l’album "The singles collection") et je vais aussi m’occuper du quatrième single d’Hooverphonic (j’ai suivi toute la promotion des singles et du dernier album).

En quoi consiste généralement votre boulot d'attaché de presse auprès d'eux ?

Il faut placer les singles dans les play-listes d’un maximum de radios, placer le groupe dans le programmes des émissions musicales ou d’informations et organiser les plannings d’interviews (presse écrite, radios et TV) au moment de la sortie de l’album et lors de certains show cases ou concerts importants. En bref, faire en sorte que les artistes soient bien présents dans un maximum de médias belges mais aussi parfois étrangers, d'où l'importance
de connaître d'autres langues, l'anglais principalement.

Comment sélectionnez-vous les artistes pour lesquels vous travaillez ?

En général ce sont les maisons de disques ou les managers des artistes qui prennent contact avec moi, mais cela peut arriver que je me manifeste spontanément. Il n’y a pas beaucoup d’attaché de presse indépendant du côté francophone du pays : nous sommes 4 ou 5 à nous partager le marché de la promotion en free lance.

Qu'attendent-ils de vous ?

Que je sois performant dans mon travail ! Ils attendent aussi une bonne organisation et une bonne communication de ma part.

En quoi consiste votre boulot dans un festival tel que les Francofolies ?

Avant le festival, je suis responsable de l’information qui sera transmise aux médias (contenu des communiqués de presse, des conférences de presse, des dossiers de presse, du site Internet), je m’occupe aussi de planifier les interviews des porte-paroles du festival (souvent Charles Gardier et Jean Steffens, co-directeurs). Je suis aussi impliqué dans le choix des visuels avec les graphistes. Je ne suis évidemment pas tout seul pour coordonner tout cela.
Notamment pour le site web, nous sommes quatre à nous partager les divers aspects du site et des réseaux sociaux. Et bien entendu la Direction du festival s’implique aussi dans tous ces dossiers.
Pendant le festival, je suis chargé de l’accueil des médias et des professionnels (maisons de disques, programmateurs belges et étrangers, managers…). En tout nous gérons environ 1000 personnes durant les 5 jours de festival. Nous sommes là pour veiller à ce qu’ils trouvent toujours l’information dont ils ont besoin et puissent travailler d’une manière optimale. Pendant le festival, nous sommes sept pour tout gérer. En dehors du travail d’attaché de presse, je fais aussi partie du comité de programmation et je gère des dossiers plus administratifs en interne pour compléter mon emploi du temps.

Comment êtes-vous devenu attaché de presse ?

Je suis licencié en Communication mais c’est surtout ma passion pour la musique qui m’a amené là et m’a permis de rencontrer des professionnels du milieu. Cela dit, mes stages (au journal "La Cité" qui n’existe plus et à la RTBF Liège) m’ont permis de découvrir le milieu des médias. Avant de devenir attaché de presse (j’ai commencé au Forum en 1991), j’avais travaillé un peu comme journaliste musical pour diverses rubriques et j’ai également été batteur durant 15 ans. Je connais donc le milieu musical sous ses divers aspects. C’est souvent un avantage.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Le Forum de Liège venait de rouvrir ses portes et je cherchais du travail. J’ai proposé de m’occuper de leurs relations de presse et les choses se sont enchaînées progressivement : concerts au Forum, puis tournées, puis album (j’ai commencé avec Pierre Rapsat). Mais j’ai dû m’installer comme indépendant et dès le départ multiplier les collaborations pour gagner suffisamment d’argent pour en vivre.

Les artistes jouent-ils tous le jeu de la promo ?

Oui, ils se rendent bien compte que c’est indispensable. Mais pour les plus connus (comme Maurane, Adamo, ou encore Pierre Rapsat avec qui j’ai travaillé durant 11 ans et avec qui j’ai appris mon métier) c’est parfois très fatigant compte tenu du nombre de sollicitations. Dans ce cas, ils accordent un certains temps à la promo dans leur planning et puis c’est tout. Ils sont aussi obligés de faire des priorités. Mais il est clair que la promo fait partie intégrante de leur métier.

Quand estimez-vous qu'une promotion a été bien effectuée ?

Lorsque les médias visés ont été obtenus et mieux encore, lorsqu’elle produit des résultats sur les ventes de disques ou de concerts.

Comment êtes vous rémunéré ?

Je travaille toujours comme indépendant, je facture donc mes prestations en fonction des projets. Dans le cadre d’un gros événement comme les Francofolies, ce sont des projets rémunérés à l’année. D’ailleurs, le festival consiste en un 3/4 temps environ en phase de préparation, et un full time à l’approche. C’est entre septembre et avril que j’ai le plus de temps pour m’occuper des artistes.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune désireux de travailler lui aussi comme attaché de presse ?

Faire des études en communication. Il faut aussi être passionné et être prêt à donner de sa personne, de son temps et faire preuve de beaucoup de souplesse. Ce sont des métiers où on ne gagne pas nécessairement beaucoup d’argent et où on travaille souvent beaucoup, en semaine comme le week-end.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.