Maria Tridetti,
Technologue de laboratoire médical

Interview réalisée en janvier 2005

Quelle est votre formation ?

Je suis laborantine. Il y a une trentaine d'année, cela correspondait à une formation en chimie générale de niveau secondaire.

Quel est votre parcours professionnel ?

Lors de la défense de mon mémoire, un professeur d'université, qui était présent, m'a mis en contact avec un médecin qui cherchait une laborantine. Je n'avais jamais pensé travailler en labo. Pourtant, cela fait aujourd'hui 34 ans que je travaille dans ce même endroit.

En quoi consiste votre métier ?

Il faut d'abord savoir faire des prises de sang puisque j'en effectue le matin avant d'aller travailler au labo. Il n'y a pas d'infirmière. Ma journée commence donc par l'accueil des personnes puis les prises de sang. Un bon contact avec les patients est primordial.
Au labo le travail exige beaucoup de minutie, de rigueur et d'organisation. D'ordinaire, j'ouvre au labo vers 11 h. Les fioles sont déposées au service étiquetage. Selon le travail à effectuer, je m'occupe des différents types de prélèvements sanguins. La tâche diffère s'il y a des anti-coagulants ou pas.
Comme je procède à différents types d'analyse en même temps, je dois bien organiser mon travail. Je commence, par exemple, par les analyses qui exigent une heure de sédimentation. Ce qui est donc très important dans ce type de travail c'est l'organisation et la rigueur de façon à être efficace. Je pense d'ailleurs que c'est pour cela que l'on trouve énormément de femmes dans les labos : elles ont un vrai sens de l'organisation.

Ce qu'il faut souligner également, c'est l'aspect routinier de la profession. Ceci n'empêche pas la curiosité et les initiatives personnelles mais on répète chaque jour les mêmes gestes, les machines ne sont pas changées chaque année. Leur prix est très élevé et il faut l'amortir.
Personnellement, je travaille en hématologie. Il s'agit d'un service intéressant où les gestes sont moins répétitifs. Avant de mettre les machines en route, il faut, bien entendu, vérifier leur bon fonctionnement, mettre les réactifs puis les standardiser et passer des contrôles. Si ces derniers sont exacts on peut commencer les analyses. On étiquette avec des barres codées sur des tubes puis ceux-ci sont placés sur des racks et la machine fait le reste. L'ordinateur central informe du type d'analyse à faire sur tel tube et le robot travaille. Ensuite la technicienne procède à la première validation des résultats. C'est elle qui est responsable de la machine et de son bon fonctionnement. Si l'on remarque, par exemple, que tous les sodiums sont hauts il faut s'interroger sur le bon fonctionnement de l'analyse. Nous procédons donc à une première lecture des résultats... Puis l'ordinateur fait le protocole des résultats par patient et celui-ci est signé par le biologiste.

Quels sont vos horaires de travail ? Votre statut ?

Ils sont fort variables. Il y a des jours où je commence les prises de sang à 8 heures. Si je suis au labo je commence à 7h30 mais je peux aussi débuter ma journée à 9h. Je preste également un samedi sur 4 ou 5. Je suis employée.
Je voudrais insister sur le fait que mes études « A2 Chimie » n'existent plus. Cela fait 34 ans que je travaille. Aujourd'hui, les labos engagent uniquement des gradués.

Où peut travailler un technologue de laboratoire ?

Dans n'importe quel labo, en industrie, dans la recherche, en hôpital, dans le privé, dans les labos de cosmétiques.

Est-ce un secteur porteur d'emplois ?

Malheureusement non, l'évolution technologique est telle que la machine remplace le travail de l'homme. On aura toujours besoin de l'homme mais force est de constater qu'en labo le personnel est de plus en plus réduit tandis que les analyses à traiter sont de plus en plus nombreuses.

Quelles sont les qualités indispensables pour bien exercer votre métier ?

Au niveau de l'analyse il faut être très précis. Le danger est qu'à force de répéter les mêmes gestes on pourrait se laisser aller à moins de vigilance. Il faut toujours se dire que notre travail a une influence sur la santé de quelqu'un, cela correspond à un être humain et pas seulement un tube et un numéro. Les doses de médicaments que le médecin va prescrire dépendent du résultat que l'on va communiquer, il ne faut jamais oublier cela.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

L'inconvénient majeur est le stress lié à la quantité de travail.
L'avantage consiste dans le contact humain, le fait de rencontrer des personnes différentes chaque jour lors des prises de sang est très agréable. J'aime beaucoup mon métier.

Est-ce un métier à risque au niveau contamination ?

Bien sûr, en règle générale nous sommes obligés, en laboratoire, de travailler avec des gants. Si on a des coupures sur les doigts, le risque est réel. Il faut être très vigilant notamment avec les malades du SIDA. Par contre, piquer un patient avec des gants est impossible. Nous avons des machines avec des visseuses qui remettent le capuchon sur l'aiguille.
Les « matières premières » avec lesquelles nous travaillons ne sont pas très ragoûtantes. Il s'agit d'urine, de sang, de sérum, de sperme,... Il ne faut pas être trop fragile au niveau olfactif...

Quels conseils donneriez-vous à un jeune ?

Il faut essayer, même si l'employeur ne vous donne pas les outils, de rendre votre travail toujours intéressant et de garder une curiosité intellectuelle de façon à se préserver de l'aspect routinier du métier.    

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.