Marylor Dufour,
Gérante de l'Institut Marylor toilettage à Mons

Interview réalisée en avril 2015

Quel est votre parcours ?

J’ai une formation d’éducatrice spécialisée à la base. J’en ai gardé le sens du contact, de l’écoute, utiles dans les rapports avec la clientèle dans mon métier actuel.

J’ai ensuite suivi une formation privée en toilettage, à Paris. Il s’agissait d’une formation moins basique que celles que l’on peut trouver chez nous. Outre la formation en tant que telle, il faut savoir que le toilettage reste un métier manuel avant tout, qui nécessite de travailler sans cesse sa pratique, d’apprendre de nouvelles techniques. J’ai donc suivi beaucoup de formations de perfectionnement. J’ai notamment travaillé avec des éleveurs pour me spécialiser dans des races de chiens en particulier (caniches, lévriers afghans). On apprend également beaucoup pendant les concours où on reçoit l’avis de professionnels. Lors de ma formation, j’ai aussi eu des cours d’aromathérapie mais je l’utilise encore très peu au salon. Les gens sont encore un peu frileux. Il faut éviter de l’utiliser à l’excès ou juste parce que c’est à la mode.

Le milieu du toilettage est en constante évolution et s’est considérablement développé ces dernières années. Il ne s’agit plus seulement de se contenter de tondre un chien très court, par tranquillité, mais de proposer de nouvelles coupes selon différentes modes, de nouveaux types de soins, de nouvelles techniques, etc. Il y a de plus en plus de toiletteurs et il faut pouvoir se démarquer en proposant des services spécifiques.

Je fais ce métier depuis presque 7 ans, et cela va faire 4 ans que j’ai ouvert mon salon à Mons. Nous y accueillons surtout des chiens, mais aussi des chats, des lapins, des furets et même un perroquet pour couper ses griffes ! Outre le toilettage, nous réalisons aussi des petits soins mais il m’arrive toutefois de refuser certaines demandes et de renvoyer les clients vers leur vétérinaire. Chacun son métier.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce métier ?

L’envie de travailler avec des animaux, le contact avec les chiens. Le côté artistique et esthétique qu’apporte le métier de toiletteur m’attirait aussi.  

Comment fonctionne votre salon ? En quoi consiste votre métier ?

Tout d’abord, nous essayons de mettre en place une façon de travailler qui va à l’encontre des idées reçues concernant les toiletteurs : nous ne donnons pas de calmants aux chiens pour qu’ils soient plus sages et il n’y a pas de rapports de force entre l’animal et le toiletteur.

Selon moi, un toiletteur doit pouvoir s’adapter au tempérament, à l’éducation du chien qui lui est confié, car il est de toute façon faux de croire que l’on peut éduquer un chien qui ne l’est pas chez lui, en 1h30 ! Des connaissances en comportement, en éducation canine sont donc parfois bien utiles pour pouvoir répondre aux différentes réactions de l’animal.

Le premier contact avec le chien est très important. Il faut directement établir un climat de confiance. Il faut parfois plusieurs toilettages pour que le chien finisse par se sentir à l’aise. Le tout est de bien le cerner et de ne pas forcer les choses. Les maîtres sont autorisés à rester dans le salon pendant le toilettage, cela ne me dérange pas, mais je comprends que certains salons refusent car cela peut perturber l’attitude de l’animal.

Je fais des propositions de coupe, de soins, selon la morphologie, le poil du chien, les tendances du moment. En tant que professionnel, il faut que le toiletteur guide le client car celui-ci ne sait pas toujours ce qui conviendrait le mieux pour son chien. J’ai parfois des demandes un peu spéciales mais je ne refuse pas tant que ça ne rend pas l’animal ridicule ou que ça ne lui fait pas de tort. Je refuse de tondre à blanc, par exemple. Un chien a besoin de ses poils, été comme hiver. 

Concernant le toilettage en lui-même, il n’y a pas une seule façon de procéder, tout va dépendre de l’animal, mais il y a quand même une série de tâches à effectuer et à ne pas oublier : on s’occupe des coussinets, des ongles, des oreilles. Ensuite, on dégrossit, puis on donne le bain. On termine par le brushing et puis le reste de la coupe.

Enfin, nous vendons aussi des accessoires (laisses, colliers, etc.) et des vêtements adaptés pour les chiens. Au départ, pendant ma formation, j’étais assez sceptique concernant le fait d’habiller les animaux, mais on apprend plus tard que certaines races en ont véritablement besoin pour se protéger du soleil ou du froid. Et tant qu’à s’habiller, autant le faire avec des choses sympas !

Quelles sont les qualités à posséder selon vous ?

Aimer les animaux est évidemment indispensable mais ça n’est pas l’unique qualité à posséder. Il faut beaucoup de patience, une bonne résistance physique et de bons réflexes car on reste debout toute la journée et on manipule parfois de gros gabarits. Avoir un sens esthétique, artistique est aussi nécessaire pour faire la différence.

 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.