Mathieu Bayot,
Ingénieur en énergie solaire photovoltaïque

Interview réalisée en janvier 2008

M. Mathieu BAYOT est ingénieur en énergie solaire photovoltaïque dans l'entreprise SOLTIS

En tant qu’ingénieur en énergie solaire photovoltaïque, en quoi consiste votre activité au quotidien ?

Nous sommes dans une phase de démarrage de la société. Il y a des aspects plus concrets, administratifs et de promotion de la société. Ma fonction sera définie dans quelques mois quand la société sera mise sur les rails et que nous connaîtrons mieux les tâches et quel volume de travail chaque tâche représente. Actuellement, nous sommes trois dans la société et nous touchons tous à tout. Il y a une phase classique de rencontre du client et du devis. Je vais chez les gens, je fais l’étude du site, l’étude ombrage qui est très importante dans le photovoltaïque, à l’aide de logiciels adaptés. Après, je dimensionne l’installation en fonction des besoins de la personne, de son budget et de sa consommation. Je fais ensuite une étude plus technique et j’envoie une offre au client. Après, il y a une phase de discussion et de suivi avec le client. Une fois que l’offre est acceptée par le client, vient la phase de mise en route des démarches administratives et techniques : permis d’urbanisme, obtention de l’accord du gestionnaire du réseau d’électricité… Actuellement, je m’occupe de tout ce côté administratif mais dès qu’on aura engagé quelqu’un pour ça, cela va changer. Il y a une phase de coordination avec les responsables de chantier : stockage des panneaux, placement des panneaux. Il faut aussi s’occuper des commandes, de la négociation des prix, du stock, du personnel de chantier. Ensuite, il y a tout l’aspect administratif de la gestion d’une société : comptabilité, banques, rencontre des organismes et des institutions en rapport avec le domaine. Il faut aussi préparer la promotion de nos activités sous forme de salons, liens entre sites Internet, documents de promotion, mise à jour et développement de notre site Internet, publicité en général. Mon travail est trèsvarié mais demande beaucoup de temps.

Quelles sont, à votre avis, les qualités personnelles et les compétences attendues dans ce domaine professionnel ?

La première chose, c’est qu’il ne faut pas avoir peur de travailler parce que cela demande énormément de temps aussi bien au bureau que chez soi et aussi le week-end. La deuxième chose c’est qu’il faut être proactif c’est-à-dire qu’il ne faut pas attendre que les choses se fassent. Il faut toujours chercher quelque chose d’innovant, que ce soit au niveau des technologies, des façons de promotionner nos produits ou du contact avec le client. Il faut avoir un très bon relationnel, être capable de rencontrer beaucoup de gens, de discuter avec eux, d’identifierleurs besoins. Il faut aussi être très organisé pour rentabiliser son temps.

Quel est l’horaire de travail ?

Actuellement, comme on lance la société, c’est de 8h à 20h30 et je peux travailler le week-end aussi. D’ici quelques années, ce sera de 8h à 18h avec des horaires flexibles parfois jusqu’à 21h ou 22h. Et je ne travaillerai plus le weekendsauf en période intense de salon.

Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de ce type d’activité ?

Les avantages : la liberté ! Si j’ai un rendez-vous chez le dentiste à 14h, je ne dois pas prendre un demi-jour de congé. Si j’ai un impératif à la maison, je peux travailler chez moi. C’est assez flexible. Par contre, où que je sois, il faut que je travaille. Ce qui veut dire que j’ai très peu de temps libre. Comme je suis indépendant, si l’entreprise ne fonctionne pas, je n’aurai plus rien. Je n’aurai pas de retraite : être indépendant, c’est très bien quand on gagne beaucoup d’argent, sinon il vaut mieux ne pas être indépendant.

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J’ai fait ingénieur agronome (ULB). Puis, j’ai suivi 1 an de spécialisation en France dans le domaine de l’agriculture durable.

Quel a été votre parcours professionnel ? Quelles fonctions avez-vous exercées jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai travaillé 2 ans ½ en France dans un institut de recherche pour développer la riziculture biologique en Camargue. C’était un projet européen de 2 ans. Mon diplôme offre beaucoup d’ouvertures. Entre le riz bio et le photovoltaïque,
finalement, les valeurs restent les mêmes. On parle d’énergie durable et d’agriculture durable. Par contre, en termes de secteur c’est différent : je n’ai pas affaire au même profil de personnes.

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Elles sont énormes ! La demande en main-d’oeuvre qualifiée ne cesse d’augmenter. On cherche également beaucoup d’administratifs et de commerciaux : il ne faut pas être ingénieur électricien pour vendre un produit photovoltaïque. Pour l’ingénierie, le dimensionnement, le calcul d’ombrage, il faut évidemment avoir des connaissances. A partir du moment où on a une formation suffisamment poussée, on est adaptable.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Pour ce qui est de se lancer dans le domaine photovoltaïque, je dirais à un jeune de 18 ans de faire les études qui lui permettront d’avoir le plus grand panel de possibilités par la suite, qui ne le bloqueront pas dans un secteur. Mais pour ça, il faut donc faire des études universitaires longues, ce que tout le monde n’est pas prêt à faire. Le deuxième conseil : s’il veut se lancer à son propre compte, il doit être en accord et soutenu par ses proches.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.