Michel Servais, Aromathérapeute

Interview réalisée en décembre 2013

Michel Servais est aromathérapeute, acupuncteur, formateur et co-fondateur de  l’Ecole européenne de santé énergétique Scinergia.


Qu’est-ce qu’un aromathérapeute ?

C’est un thérapeute qui utilise principalement les huiles essentielles afin de corriger des déséquilibres énergétiques ou des pathologies bien définies. Il s’agit donc de l’utilisation d’une huile essentielle c’est-à-dire de l’essence-même de la plante. Les plantes contiennent énormément de substances chimiques et ont des « signatures ». Il y a une synergie. Cette façon de travailler permet de soigner et de guérir énormément de pathologies. Pour moi, c’est une médecine de première intention. Si on pouvait travailler avec les huiles essentielles dès qu’on a un petit déséquilibre, on ne serait pas obligé de passer aux antibiothérapies, anti-inflammatoires, etc. Je crois qu’il manque un peu de sagesse dans la chaîne des traitements. On est malade, on donne un médicament. Or, si on a une grippe, ce n’est pas la peine de donner des médicaments. On donne des conseils : restez à la maison, au chaud, etc. L’aromathérapie est dans cette lignée. Respirer une huile essentielle va réharmoniser votre corps. L’aromathérapeute est un peu le maillon manquant de la chaîne médicale.

De quoi est fait son quotidien ?

Il y a le traitement des patients. Il faut disposer de nombreux éléments sur son patient pour pouvoir le traiter. Peut-il faire un aérosol ? Est-il allergique ? L’anamnèse est très complète. 
Il y a également énormément de recherches. J’ai l’intime conviction que si nous sommes sept milliards d’individus, il y a sept milliards de façons de se soigner. Il y a une multitude de plantes. On dit qu’un bon aromathérapeute travaille avec cinquante ou soixante huiles différentes. Mais il en existe des milliers. 

Une huile essentielle ne soigne pas uniquement l’émotion ou le corps. Elle soigne l’ensemble de l’individu. En ce sens, c’est très puissant. Les huiles essentielles sont des médicaments naturels. Il ne faut pas utiliser n’importe quelle huile essentielle de n’importe quelle façon. Parfois, c’est très mauvais. Par exemple, ma voisine avait lu dans un magazine qu’elle pouvait utiliser tel ou tel produit pour ses problèmes respiratoires. Je lui ai conseillé la prudence car certaines substances mentionnées étaient relativement corrosives. Elle s’est retrouvée à l’hôpital. Les produits avaient passé la barrière cutanée et attaqué son estomac. Elle souffrait de sortes d’ulcères externes de l’estomac. Dans les magazines, on conseille de prendre telle ou telle huile essentielle. C’est inquiétant car on ne fait pas n’importe quoi avec des huiles essentielles. Il faut savoir si on doit les diluer, les utiliser pures, les faire passer par la peau, par la muqueuse, les prendre en comprimés, etc. C’est un des médicaments naturels les plus puissants. 

Tous les jours, on cherche. Tous les jours, on soigne. 

Comment se forme-t-on à l’aromathérapie ?

Quand j’ai terminé mes études de médecine traditionnelle chinoise, j’ai été formé à l’Institut d’Homéopathie des médecins en Belgique. J’ai pu suivre les cours avec les médecins étant donné que j’avais le diplôme d’acupuncteur. Ce cursus comprenait trois ans d’homéopathie, deux ans de phytothérapie et un an d’aromathérapie. 
Des laboratoires organisent des cours avec des grands noms de l’aromathérapie. 
En France, à Lille, une université permet d’être médecin en naturopathie. L’aromathérapie est comprise dans cette formation.
En Belgique, il n’y a pas beaucoup de formations. Il y a des cours privés qui durent entre un et trois ans. Notre école, Scinergia, commence une formation durant le mois de janvier.

Comment se passe une consultation ?

Parfois, les gens viennent me voir pour une consultation de type acupuncture, kiné ou autre, m’exposent leur problème et je les conseille. Par exemple, si je remarque un eczéma sur un patient qui se déshabille pour une séance de kiné, je peux traiter son eczéma. J’effectue une anamnèse complète des trois états : corps, esprit, mental. J’essaie d’avoir l’essence-même de la personne. Je vois ce que je peux faire pour elle. J’ai la chance de pouvoir passer de la phytothérapie à l’aromathérapie etc. pour que le traitement convienne le mieux possible au patient.
Durant la séance, on discute beaucoup. Je vais voir au-delà de la personne elle-même : les enfants, les grands-parents, etc. Je demande si le problème est récurrent, ce que la personne a déjà essayé pour le résoudre, etc. Il y a de nombreuses questions. Il s’écoule environ quarante cinq minutes avant que je ne prenne une décision quant au traitement. 
Soit j’ai en tête le traitement approprié. Soit je sais dans quelle famille je dois regarder et je cherche dans mes livres le produit qui convient. L’aspect économique est aussi à prendre en considération. Certaines huiles essentielles sont très chères et il n’y a aucun remboursement. Par exemple, un litre d’huile essentielle de roses de Damas coûte environ quarante mille euros.
Il faut également donner des conseils d’hygiène de vie : la façon de manger, se promener, etc. Cela semble évident mais si on appliquait déjà cela, on aurait beaucoup moins de problèmes. 

Avez-vous un conseil à donner à un(e) jeune désirant exercer la profession d’aromathérapeute ?

Etre le plus curieux possible ! 
Si vous fouinez dans les livres, vous récupérerez des trésors. Je crois qu’on a encore énormément de choses à découvrir. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.