Mille Lundt, Contorsionniste

Interview réalisée en juin 2012

Quel est votre parcours?

A 17 ans, j’ai quitté l’enseignement général pour m’orienter vers des études théâtrales. J’ai découvert les métiers du cirque lors d’un spectacle de fin d’année qui comportait des techniques circassiennes. C’est à cette occasion que j’ai décidé de m’orienter vers les métiers du cirque en m’inscrivant à l’école supérieure des arts du cirque à Bruxelles où j’ai obtenu mon diplôme et bien que n’ayant jamais pratiqué d’activités physiques particulières. J’ai ensuite décidé de voyager pour parfaire mon enseignement. Je suis allée à Cuba, à Moscou, à Kiev, à Copenhague au Danemark, mon pays d’origine.

 

Toutes ces formations m’ont apporté de grandes bases pour mon métier et l’enseignement reçu en Russie a été particulièrement strict et rigoureux.

 

Aujourd’hui j’ai 31 ans et je pense que mon choix professionnel correspond à mon souhait très tôt exprimé de vivre à ma façon. J’ai monté ma première compagnie en 2001 au Danemark avec un autre artiste, Arendse Ording. Nous avons créé un spectacle que nous avons joué gratuitement dans le hall d’une gare désaffectée. Nous avons ensuite joué en rue à Berlin, à Amsterdam, à Barcelone. J’ai aussi participé à d’autres spectacles avec d’autres artistes. Ces rencontres sont toujours très enrichissantes à titre personnel et professionnel.

 

Maintenant, je dirige la compagnie « Off Road » avec Luis Cordoba et je collabore toujours avec d’autres compagnies.

 

D'après vous, quelles sont les qualités que doit posséder un contorsionniste?

Jour après jour, j’ai appris à quel point la détermination, la motivation et la persévérance sont des qualités indispensables pour l’exercice de ma discipline. Ainsi, il n’est pas rare de répéter pendant plusieurs mois le même exercice avant de le réussir ou de parvenir à accéder à un palier supérieur dans le domaine de la souplesse par exemple.

 

Qu'est-ce qui vous a attiré vers cette discipline?

Au début de ma formation, rien ne me prédestinait à la contorsion. C’est grâce aux nombreux entraînements et à la persévérance que j’ai découvert mes possibilités physiques.

 

L'entraînement est-il important?

La contorsion est une discipline qui nécessite beaucoup de patience et contrairement à d’autres techniques, il n’est pas question d’y inclure l’adrénaline. C’est à force de répéter inlassablement et de la manière la plus détendue possible que le corps s’habitue et accepte d’aller plus loin dans le mouvement et cela sans souffrance. Aujourd’hui, ces exercices sont devenus pour moi, un véritable besoin.

 

Au début de ma formation, il m’arrivait de m’entraîner six heures par jour. Aujourd’hui trois heures suffisent pour un entraînement normal à l’espace Catastrophe auxquelles j’assortis souvent des stages de danse. J’aime aussi découvrir les arts martiaux, lesquels me permettent d’élargir la palette du langage corporel. Néanmoins, lorsque je suis en création, il peut m’arriver de travailler six à neuf heures d’affilée par jour mais il ne s’agit pas toujours de travail physique. Imagination, réflexion, logistique et administration font aussi partie de l’organisation d’une compagnie.

 

Quel est votre public?

Mes spectacles sont en principe dédiés à un public adulte mais le jeune public est souvent beaucoup plus réceptif et ouvert d’autant plus que les arts du cirque ont beaucoup évolué et sont de plus en plus novateurs et populaires à la fois.

 

Quels sont les avantages de votre métier?

Mon métier me permet de continuer à apprendre, à découvrir et à partager avec le monde. J’ai toujours aimé voyager. Il me reste encore beaucoup de pays à visiter et de personnes à rencontrer. Les métiers du cirque et celui de contorsionniste ont un langage universel et de cette manière,  je peux ainsi parcourir le monde.

 

 

 

 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.