Exploitant de manège équestre

Monsieur L'Hoir, exploitant d'un manège à Oignies-Thiérached.

Quelle est votre formation de base ?

Aucune, j'ai appris le métier sur le terrain.

Comment êtes-vous arrivé à cette profession ?

Je suis né dans une ferme, j'ai donc toujours été au contact des animaux. Je rêvais de continuer dans ce milieu, mais vu les difficultés de conditions de vie et de production des fermiers, et étant donné que j'aimais particulièrement les chevaux, j'ai choisi cette profession. A l'époque, l'école de Gesves qui fait aujourd'hui référence, n'existait pas. Je me suis donc fait de l'expérience en rencontrant des pointures reconnues dans le monde équestre et j'ai travaillé avec eux. Parallèlement, j'ai poursuivi ma formation à la ferme et je me suis lancé dans la location de chevaux. Ma motivation est née de l'envie de continuer à vivre dans le monde rural et grâce au manège, j'ai quand même pu y arriver sans être assisté et j'évite les problèmes de rentabilité et de quotas.

Quelle est la taille et la spécificité de votre manège ?

Le manège en lui-même fait 45 hectares et j'ai 40 chevaux. Mais ce n'est pas un manège traditionnel avec un alignement de boxes classiques. Je suis situé en pleine forêt, dans une très belle région peu connue des touristes, avec une source et des chemins sans macadams.

En quoi consiste votre travail ?

C'est surtout ma femme qui s'occupe des cours d'équitation, elle est d'ailleurs diplômée de l'ADEPS. Moi, je suis le plus souvent possible à l'extérieur, nous possédons une prairie d'une certaine taille et il y a toujours des clôtures à refaire ou d'autres aménagements judicieux à prévoir ! Sinon, nous gérons ensemble l'élevage et l'alimentation, en plus des leçons.

Quelles sont les qualités requises pour tenir un manège ou pour être professeur d'équitation ?

Je pense que pour tenir un manège, il faut être issu du milieu paysan et bien connaître le monde rural, mais aussi être capable de gérer cette activité comme une petite entreprise. Pour être professeur d'équitation, il faut évidemment aimer les chevaux, avoir de l'expérience de monte et arriver à la transmettre à des élèves. Mais le plus important, c'est le dressage: le cheval ne doit pas être le maître !

Quelles sont les satisfactions et les difficultés que vous rencontrez ?

Ma grande satisfaction est de vivre au grand air et proche de la nature. L'endroit où je vis correspond à mon désir de passer ma vie à côté des animaux. Je suis né de parents paysans et je me sens bien dans ce milieu. Et surtout je ne considère pas cela comme un travail, c'est d'abord un plaisir, car je ne pourrais pas effectuer des tâches à la chaîne ou pour un patron. Les difficultés ne sont pas très importantes. Evidemment ce n'est pas le schéma des 35 heures par semaine et des congés payés, mais j'arrive à en vivre ainsi que ma famille, même si je n'en retire pas des fortunes non plus. Si je ne peux par exemple pas partir en vacances, cela ne me pose pas de problème, car j'ai fait un choix dans lequel je trouve un épanouissement personnel.

Est-ce une profession d'avenir ?

Oui, c'est une profession d'avenir car beaucoup de gens souhaitent se mettre au vert, sans pour autant partir à l'étranger. Nous accueillons des gens qui veulent sortir de leurs soucis du bureau et qui cherchent à se ressourcer dans la nature et en compagnie des animaux. Mais ce n'est pas donné à n'importe qui: il faut de la carrure et du courage ! Certains parents poussent les enfants ayant raté leurs études à se lancer dans ce genre de métiers, mais il faut quand même une certaine motivation et une aisance dans le milieu rural pour se sentir bien dans la nature et avec les animaux.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.