Murielle Ronveaux,
Enseignante en langues

Interview réalisée en janvier 2010

Murielle Ronveaux enseigne l'anglais et le néerlandais depuis 17 ans à l'institut Sainte-Ursule de Namur dans le général, en technique de transition, en technique de qualification mais aussi dans l'enseignement professionnel.

Pourquoi avoir opté pour l'enseignement ?

Je dois bien avouer que c’est un peu par hasard. J’ai suivi les cours d’agrégation après ma licence universitaire simplement pour avoir une corde de plus à mon arc.
J’ai fait quelques intérims dans l’enseignement et j’ai découvert que je m’y sentais bien. Au départ j’aimais surtout les cours de promotion sociale (public très varié et plus motivé).

Enseigne-t-on différemment les langues selon que l'on enseigne dans le général, le technique ou le professionnel ?

Bien sûr. La matière est différente : en général et technique de transition on aborde toute une variété de sujets et les 4 compétences (compréhension à la lecture, à l’audition, expression écrite et orale) ont le même poids alors qu’en technique de qualification et professionnel, il faut adapter son cours à l’option. Les thèmes abordés ainsi que la répartition des compétences exercées peuvent varier selon la section. Même la façon d’aborder les élèves et d’enseigner diffère.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Principalement le contact avec les jeunes. Je trouve que c’est un métier à la fois prenant et énergisant. Les élèves ne font pas de cadeaux, il faut être vrai et ils nous poussent à nous remettre en question, ce qui permet de rester dans le coup. J’aime aussi le fait que dans l’école où je travaille, il y a une grande mixité culturelle et sociale. Je trouve cela très enrichissant.

Quels sont les éventuels inconvénients ?

Il n'est pas toujours évident de mener la troupe les jours où on a un "coup de mou". Par ailleurs, les problèmes de discipline et les conflits ne sont toujours faciles à gérer. Le manque de motivation de certains élèves peut parfois être décevant.
Dans certaines sections, les différences de niveau sont parfois assez problématiques. J'ai d'ailleurs une petite mise en garde à faire : les personnes qui ont besoin d’un travail avec des promotions à la clé, qui ont besoin de monter les échelons ne doivent pas venir dans l’enseignement car soit on est prof, soit on est directeur.

Enseigner des langues dans le secondaire nécessite beaucoup de préparation ?

Personnellement j’aime changer mon cours chaque année. Bien sûr je récupère des préparations d’une année à l’autre mais j’actualise aussi afin de garder une certaine dynamique dans mon cours. Les nouvelles normes demandent aussi des préparations avec des intentions pédagogiques, des plannings de matière… et ça c’est assez fastidieux, certainement pour les nouveaux enseignants.

Sentez-vous de l'intérêt des élèves pour l'apprentissage des langues ?

Euh… ça dépend. Cela varie d’une année à l’autre et d’une section à l’autre. En tout cas, généralement, l’anglais intéresse plus les élèves que le néerlandais.

Comment préparez-vous vos cours ?

J’utilise comme base des manuels. Selon l’actualité, les envies et les demandes des élèves je prépare des leçons hors manuel.

Utilisez-vous des techniques particulières pour susciter l'intérêt des élèves pour les langues ?

J’utilise les films et les chansons, tant pour travailler l’audition, l’acquisition de nouveau vocabulaire courant que pour les récompenser. Les voyages à l’étranger sont aussi un moyen de leur faire découvrir la langue et la culture du pays.

Que diriez-vous à des jeunes pour les convaincre de se lancer dans une carrière d'enseignement des langues ?

Je pense que c’est vraiment un très chouette métier pour toutes les raisons évoquées plus haut. Etre professeur de langue c’est une façon d’ouvrir les élèves au monde qui les entoure, c’est permettre une ouverture d’esprit. Et puis d’un point de vue pratique, il y a une pénurie de profs. Donc si on se sent attiré par ce travail, il y a des perspectives d’emploi.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.