Nicolas Delvaux, Strategic planner

Interview réalisée en juin 2017

Quel est votre parcours (scolaire/professionnel) ?

J’ai eu un parcours un peu compliqué car j’ai beaucoup changé d’orientation. Je ne savais pas trop quoi faire à la sortie du secondaire. Je me suis d’abord orienté vers les sciences commerciales à l’ICHEC mais ça n’a pas collé à mon profil. J’ai changé pour me rendre à Paul Lambin, là ça n’a de nouveau pas pris car je cherchais quelque chose de créatif, mais l’école ne proposait qu’un programme très technique de programmation informatique. J’ai abandonné. Finalement, j’ai suivi des cours du soir en communication à l’EFPME et c’est ce qui m’a permis de rentrer dans le circuit. Cette formation, en alternance, me permettait d’entrer dans le vif du sujet avec des stages durant la journée et des cours le soir.

C’est par le biais d’une connaissance que j’ai commencé en tant que stagiaire chez Universal Media pendant un an. J’ai enchainé chez Space avec un contrat de remplacement pendant 3-4 mois. J’ai ensuite été engagé chez Initiative Media pendant 6 ans pour finalement partir chez Havas, où je me trouve depuis 2009.

Au niveau de ma profession, j’ai d’abord commencé dans la télévision, en tant que « TV Buyer Junior » et j’ai doucement évolué en apprenant tout ce qui était optimisation des campagnes. Chez Initiative Media, j’ai embarqué le pôle radio en plus. Après quelques années chez Havas, j’ai eu l’opportunité de changer complètement de profil et de passer en digital en tant que « Programmatic trader » (opérateur programmatique). Ce métier consiste à acheter des campagnes, de façon programmatique, de les optimiser en allant cibler au mieux le public par le biais d’outils automatisés.

Quelle est votre journée-type ? 

Ma journée commence en sortant d’abord les rapports de toutes les campagnes en cours. Il faut analyser la situation de chaque campagne en fonction des objectifs à atteindre. Nous devons juger si on est en retard, en avance ou alors dans le timing. Selon les résultats, on va faire de l’optimisation (c’est-à-dire, tenter de rendre optimal le fonctionnement d’un système) pour recadrer la campagne en phase avec le timing qui est proposé. En parallèle, nous devons nous occuper du lancement des nouvelles campagnes. On reçoit des briefings pour des nouvelles campagnes et nous devons mettre en place tous les paramètres de programmation. Au fil de nos interventions, tout doit être communiqué aux autres départements de l’agence. Ils doivent constamment savoir où en sont les campagnes et nous avons pour mission de leur fournir des rapports complets en leur expliquant ce qu’il serait bon ou non de faire pour arriver aux objectifs.

Quelle est la particularité de votre métier ?

Ma profession est en perpétuelle évolution. C’est le monde digital qui fait aujourd’hui partie de notre vie au quotidien et il est donc important de suivre cette tendance-là. Des tests sont mis en place pour rendre la TV/radio programmatique. L’idéal serait de pouvoir acheter des écrans en temps réel et non pas, comme à l’heure actuelle, dans un système archaïque, où ils sont achetés 1 à 3 mois à l’avance. Bien entendu, le développement de la digitalisation demande du temps et de l’argent. Il faut parvenir à changer les mentalités non seulement des vendeurs mais aussi des consommateurs.

Avec qui travaillez-vous au sein de l’agence ?

Dans notre groupe de digital, nous avons de nombreux contacts avec les fournisseurs qui sont les régies extérieures afin de négocier les prix. C’est le service publishing qui fait le lien entre nous et le client. Sur notre plateau, nous travaillons avec la team publishing. Ils sont chargés de récolter toutes les informations du pôle digital et nous sommes une des branches de ce pôle. On se réfère beaucoup à cette équipe et on a beaucoup de contact avec eux car ce sont eux qui dispachent les budgets.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune ?

Pour réussir dans le domaine de la publicité, il faut avant tout de la volonté, de l’envie et il faut montrer cette envie. Il est nécessaire de faire preuve de beaucoup de patience tout en n’hésitant pas à foncer. C’est un milieu très jeune et dynamique, un milieu attractif avec beaucoup d’ambiance, mais aussi avec beaucoup de pression au fil de la journée. Il faut bosser, c’est rapide et cela demande de la réactivité au quotidien.

Au niveau de la formation, je pense qu’il n’y a pas de parcours type pour faire mon métier. Il faut avoir du bon sens, de la logique et pouvoir réfléchir. L’idéal est d’aimer les chiffres et de savoir jongler avec eux. C’est un métier qui s’apprend sur le tas, on vous lance dans l’arène, à vous de faire vos preuves !

Utilisez-vous les langues au quotidien ?

J’utilise beaucoup l’anglais au niveau du digital. On travaille avec des plateformes américaines telles que Google. Le néerlandais est également important car nous sommes à Bruxelles.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.