Nicolas Masullo,
Technicien électro-instrumentiste

Interview réalisée en février 2017

Pouvez-vous nous présenter brièvement la société pour laquelle vous travaillez ?

C&A Consultants est, à l’origine, une société spécialisée dans la consultance en régulation et en automatisation de procédés industriels. Elle s’est recentrée, au début des années 90, sur la commercialisation et l'installation de systèmes de pesage industriel permettant d’apporter plus de précision et d’exactitude à des opérations de dosage. Elle effectue également aussi la validation de procédés pharmaceutiques. Au début axé sur la seule qualification des autoclaves de stérilisation et de décontamination, ce département propose maintenant d'autres services : l'étalonnage de capteurs, la qualification d'enceintes thermiques et climatiques, la qualification d'installations d'HVAC et le conseil. C&A Consultants compte à ce jour 17 personnes.

En quoi consiste exactement votre travail ?

Je travaille pour le département « Instrumentation », c’est-à-dire que j’installe des systèmes de mesure. Cela comprend diverses tâches comme l’étude  la mise en service et le dépannage, L’instrumentation étant très large nous nous sommes spécifiés dans le pesage industriel, l'installation de systèmes de protection de cuves, de disques de rupture,  débitmètrie (biogaz) , sonde de température et de pression…

Je suis donc amené à travailler, seul ou avec un collège selon l’opération à mener, sur des freezers, des frigos, des chambres froides, des incubateurs, des lyophilisateurs, des autoclaves, des fours, des fermenteurs ou encore des stations de décontamination (ces équipements sont des équipements que l’on valide dans la partie validation)dans des industries biopharmaceutiques, chimiques mais aussi dans des sociétés de pétrochimie, des brasseries, carrière, usine sidérurgique ou encore dans des centrales de biogaz. Dans certains cas, je dois revêtir un équipement spécifique, comme lors qu’il me faut travailler au sein d’une industrie pharmaceutique, par exemple. Cet équipement est similaire à celui que portent les opérateurs de production.

Quelle formation avez-vous suivie ?

J'ai fait le bachelier en biotechnique en prenant l’option bioélectronique et instrumentation. C'est un peu par hasard que j'ai découvert l'existence de ces études. Initialement je pensais faire des études en électronique car c'était un domaine qui m'intéressait beaucoup tout comme d’ailleurs les sciences du vivant. J’ignorais alors qu’il était possible de combiner les deux ! Un conseiller en orientation m'a alors présenté ce bachelier qui m'offrait la possibilité de pouvoir travailler ensuite sur du matériel de pointe. Ces études ont été créées pour répondre à une demande des hôpitaux qui recherchaient des techniciens spécialisés. Je me doutais donc qu'il y avait des bonnes chances que je trouve rapidement un emploi. Et ce fut le cas !

Vous estimiez-vous suffisamment formé pour exercer ce travail à la sortie de vos études ?

Le bachelier m’a donné les connaissances indispensables de base mais mes collègues m’ont appris ensuite les différents actes d’intervention sur des prototypes. Suivre des formations complémentaires est fortement conseillé pour rester « à la page ». Le centre CEFOCHIM propose ainsi une formation spécifique. J’ai suivi l’une ou l’autre formation en techniques industrielles qui m’ont été utiles (régulation, instrumentation) pour mon job.   

Comment se déroulerait une intervention type ?

Je suis un technicien « itinérant », c'est-à-dire que je fais des interventions sur place. Après avoir pris connaissance de l’opération à mener et des diverses indications fournies par le client (par exemple le poids maximum de la cuve, la capacité souhaitée, etc.), je prépare la veille tout le matériel dont j'aurai besoin le lendemain. Sur place, après avoir déchargé tout ce matériel, j'ai une discussion préalable avec le chef de service de la société pour évoquer en détails les actes opérationnels. Une fois ceux-ci effectués, j’avertis le client que tout est en ordre. Ensuite je rédige un rapport sur l'intervention elle-même, le plus souvent via des fiches préétablies.

Certains autres techniciens de C&A peuvent être présents en permanence sur place pour assurer au quotidien l’entretien des installations. Personnellement je préfère être un « itinérant » car le boulot est plus varié. Les interventions sont différentes. On bouge tout le temps … Même s'il est difficile de procéder à plus de deux interventions par jour !

Quelle difficulté rencontrez-vous dans votre travail ?  

Dans certains cas nous devons procéder à l’entretien ou la réparation de matériel que nous n’avons pas installé nous-même. Le travail se complexifie alors car il faut au préalable se procurer  les fiches techniques de l’installateur pour procéder efficacement à l'intervention.

Chaque intervention est différente. Il faut s’adapter en permanence au matériel mais personnellement je vois cela comme un challenge intéressant à relever ! 

Y-a-t-il des perspectives d’évolution de carrière ?

Oui bien sûr. On peut se spécialiser dans tel ou tel équipement ou encore envisager d'occuper un poste plus commercial. Il existe aussi la possibilité de s’orienter vers un travail de « validation ». Dans ce cas, on propose, entre autres, des actions qualité préventives ou correctives en étroite collaboration avec le client. Ce travail se veut beaucoup plus administratif.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.