Olivier Brismez, Entraineur

Interview réalisée en décembre 2008

Olivier Brismez est le coach du club de football de Pont-à-Celles qu’il a fait monter de la 2e provinciale à la 1ère provinciale hennuyère. Kinésithérapeute, il entraîne le soir par passion.

Vous avez longtemps pratiqué le football. Pouvez-vous nous rappeler votre carrière sportive ?

J’ai débuté le foot lorsque j’avais 7 ans à Pont-à-Celles. Chez les jeunes, j’ai joué un an à l’Olympic Charleroi et trois ans au Sporting de Charleroi. A 16 ans, je suis revenu dans mon club, à Pont-à-Celles. J’ai évolué en équipe première. Quatre ans plus tard, à la fin de mes études, je suis parti à Mons où je suis resté un an. Je suis ensuite revenu à Pont-à-celles avant de partir quatre ans à Heppignies en 1ère provinciale. Enfin, j’ai bouclé la boucle lorsque, à 30 ans, je suis retourné à Pont-à-Celles.

Vous avez cumulé football et études ?

Oui. Après mes humanités, je me suis lancé avec succès dans des études en kinésithérapie.

Quel a été votre parcours professionnel après vos études de kiné ?

J’ai directement travaillé comme indépendant. J’ai ouvert mon propre cabinet en 1995, un an après la fin de mes études.

Pourquoi être devenu entraîneur de football ?

Joueur, j’étais déjà un des meneurs sur le terrain et dans les vestiaires. J’avais aussi une bonne vision du jeu et un certain sens tactique. Ces qualités sont plutôt utiles pour devenir entraîneur de football. Je pensais donc totalement correspondre au profil. A l’époque, j’évoluais avec Pont-à-Celles en 2e provinciale. Nous avions vécu une saison difficile. A six matchs de la fin du championnat, nous étions barragistes et risquions de descendre en P3. Le groupe de joueurs n’était manifestement plus trop derrière le coach. Pour assurer le maintien, il fallait faire quelque chose. Comme il était difficile d’en trouver un nouveau à cette période de l’année, le président m’a demandé, comme j’étais capitaine, si je voulais bien assurer l’intérim jusqu’en fin de saison. Il me proposait de devenir joueur-entraîneur. J’ai accepté. Et nous avons assuré notre maintien ! Aujourd’hui, j’occupe toujours cette fonction d’entraîneur principal mais j’ai raccroché mes chaussures de foot depuis quelques années..

Quel a été votre parcours en tant qu’entraîneur ?

Je n’ai jusqu’à présent connu qu’un seul club. Mon intérim de six matchs s’est prolongé. J’ai continué à jouer et à entraîner l’équipe première en P2 durant deux saisons avec à chaque fois une participation au tour final. Ensuite, j’ai arrêté ma carrière de joueur et ne me suis concentré que sur le coaching. Nous avons cette année-là décroché le titre de champion et sommes de ce fait montés en P1. On a terminé le championnat 2007-2008 à une très belle 6e place.

Possédez-vous le diplôme de l’Union belge ?

Non pas encore. J’ai l’intention de le passer. C’est un objectif mais mon emploi du temps actuel et notamment mon métier de kiné ne me le permet pas pour le moment.

Combien de fois par semaine vos joueurs s’entraînent-ils ?

Ils s’entraînent 2 fois par semaine de 19h15 à 21h le mardi et jeudi. Généralement on joue le dimanche après-midi. Je vais donc au minimum trois fois au club par semaine.

Est-on tout aussi exigeant avec des sportifs amateurs qu’avec des professionnels ?

J’imagine que non mais à partir du moment où les amateurs réclament de l’argent, j’estime que l’on peut aussi être exigeant, dans une certaine mesure, avec eux.

A terme rêvez-vous d’entraîner à un niveau plus élevé ?

Non, pas forcément. Ma situation actuelle me convient bien. Le foot reste pour moi un hobby.

Entraîner en provinciale, c’est selon vous une bonne école pour ceux qui rêvent d’embrasser la carrière d’entraîneur pro ?

Oui même si elle n’est pas forcément nécessaire. Des entraîneurs arrivent parfois directement dans les divisions nationales. C’est surtout le cas d’anciens joueurs de haut niveau. D’autres, qui n’ont pas un CV de joueur extraordinaire, sont obligés de passer par là pour se faire un nom et un palmarès et espérer ainsi être « repérés ». Certains peuvent gravir les échelons très vite. D’autres stagnent, de leur propre volonté ou pas, dans les divisions inférieures. Une chose est sûre : entraîner en provinciale permet d’acquérir une sacrée dose d’expérience !

Peut-on gagner sa vie en étant entraîneur dans une division provinciale ?

Tout dépend du club où vous entraînez mais cela me semble peu probable. A ce niveau, c’est une activité accessoire qui permet de mettre un peu de beurre dans les épinards mais il ne faut pas débuter sa carrière d’entraîneur de football pour l’argent.

Qu’est-ce que vous aimez dans cette fonction ?

J’ai toujours apprécié assumer des responsabilités et c’est évidemment le cas en tant qu’entraîneur. J’aime aussi partager des satisfactions, des moments de joie avec d’autres personnes et pour ça, le sport collectif est idéal. Entraîner me permet aussi de sortir du contexte du boulot. C’est une bouffée d’oxygène même si concilier les deuxn’est pas toujours évident, notamment sur le plan familial.

Comment faut-il mettre le pied à l’étrier ? Doit-on postuler soi-même auprès des clubs ?

Beaucoup d’entraîneurs envoient leur CV dans les clubs. Pour ma part, je ne l’ai jamais fait et je crois que je ne le ferai jamais. Mais je ne critique pas ceux qui le font. Je préfère sentir qu’on veuille travailler avec moi, qu’on me désire vraiment.

Quels sont les qualités essentielles que doit avoir un entraîneur ?

Savoir gérer un groupe, avoir une bonne vision tactique et…une patte de lapin. Car il faut beaucoup de chance pour « durer » dans ce métier. L’entraîneur est toujourstributaire des résultats.

Quels conseils donneriez-vous à un de vos joueurs qui souhaiterait lui aussi devenir entraîneur ?

Je verrais d’abord s’il a réellement le profil. Si oui, je lui conseillerais de toujours essayer d’être le plus proche possible de son groupe, de l’avoir avec lui pour l’emmener dans la réalisation de buts communs. Je lui conseillerais aussi de veiller à maintenir une certaine discipline dans le groupe. Il doit être capable de faire des choix, de prendre des décisions qui déplaisent tout en se faisant respecter. S’il est capable de faire tout cela,alors je lui conseillerais de foncer.

Si vous deviez faire un choix professionnel entre votre métier de kiné et celui d’entraîneur de football ?

Kiné, c’est mon métier. Le foot, c’est mon hobby. Ca me convient donc très bien comme ça. Je ne pense pas que je sacrifierais l’un pour l’autre, le métier d’entraîneur de foot est tellement aléatoire !

A ce jour, quel est votre meilleur souvenir ?

Notre montée en 1ère provinciale. J’espère vivre d’autres moments comme ceux-là. Et si possible à Pont-à-Celles.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.