Olivier Hurez,
Responsable d'une station de production et de traitement d’eau

Interview réalisée en mai 2010

Interview de Olivier Hurez, responsable de la station de production et de traitement d’eau de la Transhennuyère, au sein de la Société Wallonne de Distribution des Eaux.


Quelles sont les particularités de la station de la Transhennuyère dont vous avez la responsabilité ? 

Il faut la resituer dans son contexte. Notre société a pour mission de fournir de l’eau à tous ses clients, tous les jours et sans interruption. Elle doit tout mettre en œuvre pour que cette eau soit parfaitement potable. D’où la nécessité de se doter d’installations issues de technologies de pointe, sans cesse renouvelées. C’est dans cette optique que le complexe de la Transhennuyère a été mis en service. Il est venu s’ajouter aux quatre autres centres : les barrages-réservoirs de Vesdre, Gileppe, Ourthe, et Ry de Rome.

Il faut savoir que l’eau produite par la SWDE provient essentiellement de captages d’eaux souterraines, mais également de prises d’eau de surface (lacs, rivières, barrages…). Et, si la production d’eau à partir de nappes aquifères souterraines est relativement aisée car elle est en général d’excellente qualité, ce n’est pas aussi facile en ce qui concerne les eaux de surface, plus souvent polluées. La Transhennuyère traite en majorité des eaux de surface, à partir de cinq puits de captage et en pompant aussi des eaux de carrières. Ce qui, au passage, permet de souligner l’intérêt de cette technique en terme de développement durable : l’eau est traitée et recyclée et non pas déversée dans les rivières voisines, au risque de les polluer. 

Quelles sont les différentes phases de la production de l’eau? 

Notre activité consiste d’abord à assurer le pompage de l’eau brute par le biais des puits forés dans la nappe et dans les carrières en fonctionnement, puis à lui faire subir un traitement physico-chimique qui permet sa potabilisation. Ensuite, l’eau est stockée dans les réservoirs de la station, puis distribuée aux consommateurs via tout un réseau de canalisations reliées entre elles. 

La qualité de l’eau, aussi bien sur le plan gustatif que sanitaire, est-elle difficile à assurer ? 

Aucune eau naturelle n’est pure. Dans les pays industrialisés, outre la pollution due à la nature du sol et au rejet de déchets organiques (animaux, végétaux), s’ajoutent les mille et une formes de pollution industrielle. Et, nous constatons que l’eau brute est toujours plus ou moins chargée de métaux, par exemple du fer ou du manganèse et de micro-organismes comme des bacilles inoffensifs ou au contraire pathogènes. 

L’eau peut aussi être plus ou moins trouble et colorée et présenter un goût et une odeur désagréables. Nous devons donc lui appliquer deux types de traitement : d’une part, la désinfection par un agent oxydant de façon à rendre l’eau bactériologiquement propre et, d’autre part, sa clarification par le processus de coagulation - séparation physique - filtration. A l’eau de notre station, nous ajoutons une phase supplémentaire de décarbonatation pour diminuer son caractère particulièrement dur et incrustant. 

En tant que responsable de la station, comment concevez-vous votre rôle ? 

Mon rôle est à la fois technique, c’est moi qui, au premier chef, dois veiller à la production de l’eau à tous les stades, et administratif puisque je gère une équipe de onze personnes : deux gradués en chimie, un comptable et huit techniciens.

Bien que toutes les fonctions soient automatisées, nous ne sommes jamais à l’abri, à l’un ou l’autre stade de la production, d’une panne électromécanique par exemple. C’est à moi de la détecter, de prendre rapidement les décisions qui s’imposent. En n’oubliant jamais que le consommateur final doit être servi quoi qu’il arrive. Heureusement, nous sommes suffisamment bien équipés pour toujours trouver des solutions de dépannage. 

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier? 

J’ai le sentiment d’en apprendre encore tous les jours sur le traitement de l’eau bien que je sois à ce poste depuis cinq ans ! Je suis également très intéressé par l’installation d’équipements innovants et par la création de nouveaux projets auxquels j’ai pu participer comme, récemment, le développement du réseau de Tournai. La gestion de chantiers, l’élaboration de cahiers des charges sont des domaines que j’ai envie d’investir encore plus dans l’avenir. 

Etiez-vous bien préparé à occuper cette fonction? 

J’ai été formé comme ingénieur des mines à l’ULB. Quand j’ai été engagé par la SWDE, j’ai d’abord suivi la fin du chantier de la station de la Transhennuyère puis sa mise en service avant d’en prendre les commandes. J’ai beaucoup appris « sur le terrain » à cette occasion. J’ai également pu suivre, au sein de la société, des formations en chimie qui se sont révélées bien utiles. En ce qui concerne la gestion des ressources humaines et de l’équipe en général, j’ai tendance à penser que cela ne s’apprend pas ! Ce qui facilite les choses, c’est que nous sommes tous animés par le même désir de satisfaire notre clientèle au mieux, dans un esprit de « service public » qui me convient bien. 


 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.