Pascale Prevot et Valérie De Munck,
Esthéticienne et responsable des réservations

Interview réalisée en mai 2010

Pascale Prevot, esthéticienne et Valérie De Munck, responsable des réservations au Centre de Balnéothérapie Thalgo du Château de Limelette depuis 15 et 14 ans. 


En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Nous travaillons dans un centre de balnéothérapie. La balnéothérapie se différencie de la thalassothérapie par la qualité de l’eau utilisée. En thalassothérapie, les soins sont faits avec de l’eau de mer alors qu’en balnéothérapie, l’eau est reconstituée, c'est-à-dire qu’on ajoute à l’eau des éléments essentiels issus de la mer comme des oligoéléments, des algues micro-éclatées, des sels marins... L’eau ainsi travaillée a donc les mêmes propriétés que l'eau de mer. De plus, pour être un centre de thalassothérapie, il faut être situé à moins de quatre kilomètres de la mer, ce qui n'est pas le cas du château de Limelette ! 

En dehors de cette différence de localisation et d'eau, les centres proposent généralement les mêmes types de soins. Cependant, nous travaillons uniquement avec des kinésithérapeutes et des esthéticiens diplômés, salariés ou indépendants, alors que dans d’autres centres, tous les praticiens ne sont pas diplômés. Les kinésithérapeutes se chargent de l’aspect « thérapie et détente » et les esthéticiennes, de l’aspect « beauté ». Nous proposons des soins secs, c'est-à-dire sans eau, et des soins en balnéothérapie, c'est-à-dire à base d’eau de mer, d’algues ou de cosmétiques riches en eau de mer …

Concrètement, les kinésithérapeutes pratiquent, comme soins secs, la pressothérapie, l’endermologie, la réflexologie, l’ostéopathie... Les esthéticiennes, elles, font des manucures, des pédicures, des épilations, comme dans tout centre esthétique.  Les soins en balnéothérapie consistent en enveloppements d’algues, douches au jet, bains hydromassants, massage sous eau, gommages ou cours d’aquagym.

Le centre est situé dans un hôtel. Nous avons donc une clientèle variée. En semaine, nous accueillons généralement des visiteurs extérieurs et le week-end, plutôt les clients de l’hôtel. Autrefois, notre clientèle était assez âgée. Maintenant, la balnéothérapie est à la mode ! Dans un contexte de crise comme le nôtre, les gens sont stressés et ont besoin de relaxation. 

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

La première qualité, ici, c'est le diplôme. Ensuite, viennent le savoir et le savoir-faire. Avant d'être engagés, les candidats passent des tests théoriques et pratiques afin d'être sûrs qu'ils massent correctement et qu'ils connaissent leur matière. Il faut aussi être bilingue et avoir le sens du contact avec les clients. Le sourire et la présentation sont également très importants. La serviabilité est une qualité essentielle. Il faut aider les gens pour qu'ils n’aient à penser à rien. Il faut avoir envie de donner.

Je pense qu'il faut aussi beaucoup de motivation, de patience et des qualités d’écoute. Les gens parlent beaucoup d'eux dans un tel contexte. Et puis, les clients s'habituent à leurs praticiens. La stabilité est donc une qualité importante. Enfin, dans une équipe comme la nôtre, être solidaire, c’est essentiel !

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

J’aime l'ambiance et le contact avec les clients. On est une bonne équipe. Le seul inconvénient, c’est qu’au début, on doit travailler le week-end, ce qui n'est pas simple quand on a une vie de famille. Après quelques années d’ancienneté, ce n’est plus un problème, on peut aménager ses horaires. Un autre inconvénient, c’est qu’un centre de balnéothérapie n'est pas reconnu par la mutuelle en Belgique. Un soin donné par un kinésithérapeute ne sera donc pas remboursé.

Quel est l’horaire de travail ?

Le centre est ouvert de 9h à 18h. En semaine, mais aussi le week-end et les jours fériés. Généralement, chacun travaille un jour sur deux le week-end. Les indépendants sont appelés en fonction de la demande, pour des demi-jours ou pour des journées entières.
 

Quelles études faut-il faire pour accéder à ces professions ?

Il faut être esthéticienne pour pratiquer les soins esthétiques et kinésithérapeute pour les soins « bien-être ». Les uns comme les autres ont appris à pratiquer les soins secs proposés pendant leurs études. Les soins relevant de la balnéothérapie s'apprennent sur le tas, comme l'accueil des clients et le fonctionnement du centre... En France, il existe aussi des baigneuses, des personnes formées à l'hydrothérapie spécifiquement, sans aucun bagage théorique préalable. Pourtant, d’après nous, un kinésithérapeute est plus à même de savoir ce qui convient à une personne suivant ses problèmes médicaux. 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Je suis convaincue par les bienfaits de l'eau. Je voulais travailler dans un centre de balnéothérapie. Dans un monde où on n'arrête pas de courir, ça fait du bien de souffler un peu. Dès la fin de mes études, j’ai envoyé une candidature spontanée et ça a marché !

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Je conseillerais aux jeunes de faire des stages pour découvrir des domaines professionnels et voir ce qui leur plaît. Un kinésithérapeute qui a un cabinet privé ou une esthéticienne engagée par un institut de beauté n'ont pas du tout les mêmes activités que quelqu’un qui travaille ici.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Les gens sortent de chez nous très relaxés. Ils sont un peu perdus et parfois complètement à l'ouest ! Pour nous, c’est assez drôle puisque nous sommes en plein travail, parfois en plein rush, donc pas du tout dans le même état qu’eux. Les gens donnent des termes étranges aux soins. Ils parlent de bain bouillant au lieu de bain bouillonnant, d'environnement d'algue au lieu d'enveloppement d'algue... Cela nous assure que nous avons fait du bon boulot. Ils sont bien relâchés ! 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.