Patricia A,
Professeur de biologie dans le secondaire

Enseignante dans le secondaire supérieur général (cours de biologie)

Quel a été votre parcours scolaire ?

Après mes humanités générales scientifiques, j'ai fait une licence en sciences biologiques et mon agrégation par la suite.

Pouvez-vous nous parler de l'agrégation ? Qu'y faisiez-vous ?

Nous avions des cours théoriques, de méthodologie et pédagogie entre autres, et un stage de 10 heures en classe. Depuis lors, je sais que les heures de stages se sont intensifiées afin de préparer plus efficacement les futurs professeurs à l'exercice de leur futur métier.

Quels types d'élèves retrouve-t-on dans l'agrégation ?

On y retrouve tous types d'étudiants avec des profils parfois forts différents. Certains sont juristes et d'autres économistes ou kinés. On était tous là pour des raisons différentes: certains parce qu'ils se destinaient depuis longtemps à donner cours et d'autres déçus par leurs études pas assez concrètes à leur goût. Je me souviens ainsi avoir discuté avec des économistes qui regrettaient le manque de contact social.

Estimez-vous avoir été suffisamment bien préparée durant votre agrégation à donner cours ?

Non, pas vraiment. Bien que nous ayons eu une formation théorique assez complète, la formation pratique, elle, ne l'était pas et ne nous a nullement préparé à la pratique en classe. Mais de nouveau, je sais que les heures de stages se sont intensifiées par la suite. Les agrégés sont donc maintenant mieux préparés. Je le constate d'ailleurs chaque année puisque j'accueille régulièrement des stagiaires dans ma classe.

Avez-vous eu des difficultés pour trouver du travail ?

Non mais j'ai dû effectuer beaucoup de remplacements pour des périodes plus ou moins longues, ce qui veut dire beaucoup d'établissements différents avec tout ce que cela entraîne: nouvelle direction, nouveaux collègues,... et ceux-ci ne sont pas toujours prêts à vous épauler en cas de besoin.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l'exercice de votre profession ?

Des problèmes de discipline, majoritairement. Heureusement rien de grave mais il est vrai que je dois souvent jouer au gendarme.

Quelles sanctions prenez-vous éventuellement en cas d'élève difficile ?

Je lui fais faire des travaux et si il y a récidive, je lui inflige une retenue mais cela est assez rare.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune désireux de se lancer dans une carrière d'enseignant ?

Ne pas faire ce métier pour les congés scolaires! Certes, c'est un avantage d'avoir ses mois de juillet et d'août totalement libres. Mais c'est une erreur de penser que c'est un métier "cool". Au contraire, c'est épuisant. Il faut préparer son cours, donner sa leçon, corriger, participer à des réunions,...

Il faut aussi pouvoir s'intégrer dans la vie de l'école. Il peut arriver que l'on ait des problèmes personnels mais quand on rentre dans la classe, il faut savoir les laisser de côté. D'autre part, ce métier apporte d'énormes satisfactions. Le contact avec mes élèves, par exemple.

Comment vous y prenez-vous pour essayer de motiver des élèves qui ne le sont pas toujours ?

J'essaye de leur montrer que la matière que je leur enseigne, et qu'ils doivent étudier, a un sens. J'ai la chance d'enseigner une matière, la biologie, qui généralement intéresse les élèves. Je n'ai donc pas trop de mal à leur démontrer l'intérêt de mon cours. Mais c'est vrai qu'un professeur de latin doit, d'après moi, rencontrer plus de problèmes.

Combien d'heures prestez-vous par semaine ?

J'ai un horaire pratiquement complet de 18 heures/semaine.

Enseigner dans le secondaire nécessite-t-il beaucoup de travail à domicile ?

Oui beaucoup. Il faut préparer le cours, le retravailler, l'adapter chaque année à sa classe, préparer et corriger les interrogations, préparer des labos et les notes de cours destinées aux élèves et cela sans compter le travail administratif qui est de plus en plus lourd.

Vous rappelez-vous votre premier jour ?

Oui, j'étais dans un état de stress incroyable et je ne savais vraiment pas si j'allais oser entrer dans ma classe. A l'heure fatidique, j'entre en classe et je tremblais tellement qu'un des élèves me l'a fait remarquer de façon assez drôle et je me souviens que la classe et moi-même sommes partis dans un fou rire qui m'a détendue et j'ai enfin pu donner cours sereinement. C'est un jour que je n'oublierai pas de si tôt.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.