Patrick Bowland,
Technicien méthodes en aéronautique

Interview réalisée en décembre 2013

Quel a été votre parcours professionnel ? 

J'ai fait des études de chaudronnier qui m'ont permis d'entrer à la SABCA pour y exercer ce métier pendant une bonne vingtaine d'années. Après, grâce à l'expérience acquise, j'ai eu la possibilité de devenir technicien méthodes. Cette fonction est maintenant la mienne depuis 15 ans.  
 

Comment définiriez-vous votre activité professionnelle ? 

Le technicien méthodes est un rouage indispensable au bon fonctionnement d'une entreprise aéronautique étant donné la diversité et la complexité des activités dues à l'évolution des produits et des outillages mais aussi aux spéci?cités des matériaux utilisés et des procédés que nous utilisons quotidiennement (inox, titane, aluminium) ainsi que du niveau d’exigence technique (précision, fiabilité, traçabilité…) qui nous est demandé.  

Et que doit faire exactement un technicien méthodes ? 

Il doit être capable de concevoir un dossier technique de fabrication, d’assemblage ou de réparation, de détailler les instructions de travail pour qu'elles soient compréhensibles par l'ensemble des ouvriers, de dé?nir et réaliser les cahiers des charges outillages et la programmation des machines automatisées, de développer de nouveaux produits ou encore de proposer des améliorations, soit les procédures et procédés pouvant améliorer les coûts et la qualité. 

Son rôle est apparemment indispensable au bon fonctionnement de la chaîne de production. 

Oui, tout à fait car il doit être capable de coordonner et de gérer tout un ensemble de problèmes, du plus petit au plus grand. Il intervient principalement en tant que support technique de la production. L'objectif, comme dans beaucoup d'autres fonctions industrielles, est d'essayer d'avoir une qualité maximale en un minimum de temps et de coût ! 

Quel est l'environnement de travail d'un technicien méthodes ?

Il officie dans un bureau des méthodes, dans lequel on crée les instructions de travail et les gammes de fabrication qui seront ensuite appliquées par les chaudronniers, et dans l'atelier où il vérifie que ce qui a été écrit dans les instructions de travail est bien respecté et fonctionne parfaitement.  

Qu'est-ce qui vous plaît principalement dans votre métier ? 

Le contact avec l'équipe de chaudronniers. Je propose des solutions aux problèmes, ils les testent, ils émettent leur avis… La collaboration entre nous est permanente. Il s'agit bien d'un travail collectif. 

Et s'il y avait un côté négatif du boulot, quel serait-il ? 

En atelier, l'environnement de travail est plutôt bruyant… Et il faut souvent travailler dans l'urgence. 
 

Pouvez-vous nous présenter une facette moins connue du métier ?

Outre le bureau d'études et l'atelier, le technicien méthodes peut être amené à voyager. En effet, je dois fréquemment me rendre à l'étranger afin d'aider et d'épauler nos chaudronniers dans nos usines là-bas. Ainsi, je m'apprête à partir pour la Roumanie où nos chaudronniers sur place ont apparemment rencontré un problème de déformations de tôles. Je vais prendre connaissance du problème, tenter de la le rectifier et leur montrer ensuite comment procéder pour qu'il ne survienne plus.  

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.