Patrick Verbelen, Pompier d'aéroport

Combien de pompiers sont de faction au sein de l'aéroport de Charleroi ? 

Nous avons deux postes : l'anti-feu aérien situé au Sud de l'aéroport et l'assistance aux PMR (personnes à mobilité réduite), la détection incendie, les feux localisés (surchauffes de train ou de moteur par exemple) et l'intervention médicale au Nord.
Nous sommes 45 pompiers, répartis équitablement entre les deux postes, et opérationnels 24h/24. 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Après m'être formé au sein d'une Ecole du Feu, je suis devenu pompier volontaire dans le civil et ai répondu à une annonce qui indiquait que le BSCA recherchait des pompiers professionnels. J'ai postulé et ai été engagé. 

En quoi le pompier d'aéroport est-il différent du pompier de ville ?   

Les interventions sont beaucoup moins fréquentes, pour ne pas dire rarissimes, sur le site d'un aéroport. Ici à Charleroi nous avons eu quelques incidents somme toute mineurs. 

Qui vous prévient en cas d'incident ? 

La tour de contrôle. Selon les règlements de l'OACI (Organisation de l'avion civile internationale), nous devons être présents sur les lieux en trois minutes.   

Quel a été l'incident le plus marquant sur lequel vous avez dû intervenir ?

Le 29 avril 2004, vers 18h00, un Boeing 737 de la compagnie Ryanair a été victime d'un problème hydraulique au décollage. L'avion a dû réaliser un atterrissage d'urgence quelques instants plus tard et s'est immobilisé en bout de piste. Nous avons dû faire évacuer les passagers par les toboggans d'urgence suite à un incendie du train d'atterrissage. L'incident n'a pas fait de victimes et l'avion a été remis en service quelque temps après. 

Que faites-vous lorsque vous n'êtes pas directement en intervention ?

Nous entretenons le matériel et faisons des exercices, au moins un par jour, afin de nous tenir prêts pour le jour où nous devrons effectivement intervenir sur le terrain. Nous suivons aussi occasionnellement des formations, sur les caractéristiques des avions par exemple. 

Pouvez-nous nous citer un aspect moins connu du métier ?

Outre l'assistance aux personnes à mobilité réduite que j'ai déjà évoqué, c'est nous qui procédons aux opérations de déneigement des pistes. 

Quels sont vos horaires ? 

De 7h00 à 19h00 et de 19h00 à 7h00 à raison de quatre jours par semaine.   

Qu'aimez-vous dans votre métier ?

Le fait de se remettre perpétuellement en question et d'être en alerte à n'importe quel moment de la journée. J'apprécie aussi l'esprit de corps, la solidarité dont font preuve les pompiers les uns avec les autres. 

Quelle difficulté éprouvez-vous? 

Maintenir les gars en éveil ! Sur un aéroport, avec le peu d'interventions que nous sommes amenés à effectuer, l'inactivité peut être pesante. Il faut donc essayer de varier les exercices… Généralement on choisit ce métier car on veut être en action. Sur un aéroport c'est finalement rarement le cas. Je conseille d'ailleurs à mes hommes de rester pompier volontaire en ville et cela pour garder le contact avec le feu et éviter les frustrations. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.