Paul Taub,
Médecin généraliste, phytothérapeute et homéopathe

Interview réalisée en mai 2014

Au quotidien, comment la phytothérapie intervient-elle dans votre pratique ?

Je l’emploie tous les jours ! Je prescris la phytothérapie sous forme de gélules, de teintures mères, de mélanges, de gemmothérapie (de bourgeons de plantes ou de macérât), etc.
 
La phytothérapie peut être utilisée dans tous les cas à titre préventif ou curatif. Je ne l’emploie quasi jamais pour les enfants. Pour eux, je prescris parfois des bourgeons de plantes mais j’utilise préférentiellement l’homéopathie. D’une part, parce que cela coûte moins cher et, d’autre part, parce que les plantes concentrées n’ont généralement pas très bon goût. En homéopathie, ce sont des granules qui n’ont pas de goût. Les enfants réagissent à la perfection à l’homéopathie à condition de trouver le bon remède. La pratique de l’homéopathie est beaucoup plus difficile.
 
La phytothérapie et l’homéopathie, c’est enthousiasmant parce qu’on a de meilleurs résultats qu’en médecine générale. Pour un cancer, par exemple, on emploie bien sûr la médecine classique mais on peut apporter une aide supplémentaire pour supporter la chimiothérapie. On peut aider tout le monde ! J’ai 69 ans et je n’arrêterai jamais de pratiquer.
 

Quelles formations avez-vous réalisées en phytothérapie ?

La phytothérapie n’était pas du tout présente dans la formation des médecins. J’ai suivi une formation de 3 ans au rythme d’un ou deux week-ends par mois. J’ai également suivi des perfectionnements via des écoles privées. J’ai ensuite donné cours pendant 15 ans dans une école qui dépendait d’un laboratoire essentiellement homéopathique. J’ai énormément appris via mon expérience d’enseignant. Cette école n’existe plus. 
 

Comment et à quel moment vous êtes-vous intéressé à la phytothérapie ?

Je suis médecin généraliste depuis 43 ans. Après 5 ans d’études en médecine générale, j’étais passionné et je me suis rendu compte que ce n’était pas suffisant. J’ai commencé par étudier la médecine chinoise. Ensuite, j’ai entendu parler d’homéopathie. Ma fille a été guérie miraculeusement par homéopathie. Cela a renforcé mon intérêt. J’étais déjà homéopathe confirmé quand j’ai commencé la phytothérapie. Tout le monde ne réagit pas à l’homéopathie mais tout le monde réagit à la phytothérapie !
 

Les patients qui viennent en consultation ont-ils cette demande précise ? 

Les patients viennent pour la médecine naturelle. J’ai pratiqué l’acupuncture mais je n’en fais plus à présent. J’associe l’homéopathie, la phytothérapie et la nutrition. C’est terriblement important la nutrition. J’ai des patients de tous les âges : des bébés de 6 mois jusqu’à des personnes âgées de 100 ans.
 

Quelles sont, selon vous, les perspectives d’avenir dans ce domaine ?

Nous avons des attaques tous azimuts. Il y a de moins en moins d’écoles. Il y a des plantes qui disparaissent. Il y a une influence indirecte du lobby pharmaceutique sur le milieu de la santé qui influe sur les universités.
C’est différent en Allemagne qui reconnaît depuis très longtemps un diplôme de « Praticien de la santé » sans être médecin. En Italie, c’est différent aussi. La France est assez proche de la Belgique.
 

Que diriez-vous à un jeune qui s’intéresse à cette profession ?

Je lui conseillerais de rencontrer, par exemple, le docteur Georges Van Snick ou le docteur Serge Vassart qui sont pour moi parmi les meilleurs phytothérapeutes. Ils ont donné des cours dans toute l’Europe. 
 
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.