Pauline, Juriste dans une banque

Quel est votre parcours professionnel ?

Je suis entrée dans l'institution bancaire qui m'occupe en 1988, par concours, après y avoir effectué un stage ONEM de quelques mois. J'ai travaillé pendant 2 ans dans le secteur des crédits internationaux. Ensuite, j'ai travaillé pendant 6 ans au service de la formation des membres du personnel de la Banque. J'ai ensuite rejoint l'équipe des juristes régionaux à Liège, métier que j'exerce toujours à l'heure actuelle. Je n'ai pas changé d'employeur depuis 1988.

Concrètement, quel est votre rôle au sein de la banque ?

Nous sommes chargées de venir en aide, en soutien, sur le plan juridique,  à tous les départements (direction agences, crédits, successions, saisies, gestion des comptes, récupération de créances, gestion de fortunes, etc.) qui se trouvent sur les sites de Liège et de Charleroi et nous aidons aussi les agences (toute la Wallonie)  dans leurs contacts avec les clients. Nous assurons aussi le suivi des dossiers judiciaires lorsque la Banque est assignée devant les tribunaux (contact avec les avocats qui plaident pour la Banque). Nous pratiquons essentiellement du droit civil et du droit commercial.

Après vos études, avez-vous suivi une formation sur le droit bancaire, des affaires, international ou fiscal ?  Si non, vous êtes-vous alors formée à l'intérieur même de l'institution bancaire ?

J'ai été formée au droit bancaire sur le tas et suivi ponctuellement des formations et séminaires sur des sujets bancaires.  Nous avons aussi l'occasion de participer à des recyclages.

Etes-vous la seule juriste dans votre service ou êtes-vous entourée d'une équipe ?

Nous sommes 3 personnes à Liège et nous travaillons pour toute la Wallonie en collaboration avec 3 autres juristes qui sont  basés à Charleroi. Dans les 6 personnes, il y a une responsable d'équipe.

Quelles sont les qualités nécessaires pour bien exercer votre métier ?

Il faut posséder de bonnes facultés d'analyse et de synthèse, être capable de prendre du recul, mais aussi savoir tenir compte, dans nos avis, des impératifs commerciaux tout en gardant son indépendance. Il faut être apte à trouver rapidement des solutions, être un bon généraliste (autrement dit se tenir au courant de l'évolution de toutes les matières qui intéressent la Banque), et enfin, être intègre évidemment.

Prenez-vous des initiatives personnelles et ponctuelles ou êtes-vous dirigées ?

Nous pouvons prendre des initiatives personnelles et ponctuelles, comme par exemple rédiger une note d'information sur une nouvelle législation. Par contre, lorsque la question posée est une question de principe pour la Banque parce qu'elle influe sur sa politique générale, nous rendons des comptes au département juridique central de Bruxelles. Les décisions à prendre dans les dossiers que nous traitons en région sont prises sur base de nos propositions par la responsable de notre équipe.

Intervenez-vous uniquement quand il y a litige et avez-vous un contact direct avec le client ?

Nous intervenons souvent avant le litige et nous n'avons aucun contact direct avec les clients. Nous sommes les juristes de la Banque et pas du client bien que nous essayons toujours de rencontrer, dans le respect de la légalité, les intérêts des 2 parties. Notre rôle est plutôt un rôle de conseil.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Une assez grande autonomie et beaucoup de responsabilités sont les avantages principaux de notre profession. Les inconvénients sont, d'une part, qu'il n'existe aucune spécialisation possible, et d'autre part, un stress important de par le nombre et la diversité des questions.  

Votre profession est-elle compatible avec une vie privée ?

La profession, oui. La compatibilité dépend plutôt de l'environnement du travail que de la profession proprement dite.

Quel est votre mode de rémunération ?

Un barème qui est fixé par rapport à la fonction exercée.

Que diriez-vous aux jeunes qui souhaitent s'orienter vers une telle carrière ?

C'est un métier où l'on ne s'ennuie pas et où l'on se remet constamment en question. Il est donc passionnant à cet égard. Il faut aimer les contacts et ne pas avoir peur des conflits ou des contrariétés. La faculté d'adaptation aux changements est un plus. La diversité des matières permet de se réorienter plus facilement. L'influence du droit européen doit inciter les jeunes juristes à connaître les langues étrangères. Je crois que ce métier a encore de l'avenir compte tenu du contexte économique actuel.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.