Pelaez, Ascensoriste

Interview réalisée en janvier 2008

Entretien avec M. Pelaez, 44 ans, ascensoriste (Twissen Group)

Quelle est votre formation ?

J’ai commencé à travailler dans le domaine de l’électricité dès mes dix-sept ans. J’ai donc appris sur le tas. Avant de devenir monteur, j’ai été aide-monteur. Sans diplôme, il faut en effet exercer cette fonction pendant sept ans avant d’être reconnu comme électricien.

Donc, il faut sept ans d’expérience professionnelle pour obtenir le titre d’électricien ?

C’est ça, sans changer de société.

Quand vous dites « électricien », vous faisiez quoi principalement ?

Electricité des bâtiments, tout le câblage dans les grands bâtiments. J’ai effectué des travaux de câblage pour Erasme, César De Paepe ou encore pour la STIB, dans le métro. Je travaillais pour une grosse société qui s’occupait aussi bien du secteur privé que public et dans laquelle il était possible d’évoluer. Selon l’ancienneté, on passe du câblage aux raccords électriques avant de pouvoir s’occuper des gros tableaux électriques. Plusieurs années d’expérience sont requises pour pouvoir effectuer cette dernière tâche.

Vous perdez votre emploi en 2003 et là, vous effectuez une formation chez Iristec ?

Oui, mais ce n’est pas venu tout de suite. Pendant un mois j’ai réfléchi à ce que j’allais faire, à ce que je voulais faire. J’ai été voir ce qui me correspondait le plus. C’était Iristec.

C’était une formation que vous aviez choisie comme électricien d’ascenseur ?

Tout à fait.

Qu’est ce qui vous y a intéressé ?

Premièrement, parce que j’avais déjà des connaissances en électricité : cela ne sert à rien de faire soudeur, quand on n’a jamais fait de la soudure. Deuxièmement, je n’ai pas peur du vide : quand j’étais plus jeune, je faisais de l’escalade en haute montagne. Le vide ne m’a jamais trop dérangé. Enfin, il y a quelque chose de valorisant dans ce métier : on entre dans une gaine, il n’y a rien, et quand on repart, il y a un ascenseur qui fonctionne.

Qu’est ce qu’une gaine ?

C’est l’espace où on installe l’ascenseur. Au début, il n’y a rien, il y a juste un trou. Et quand le travail est terminé, il y a les portes et un ascenseur qui monte et qui descend.

Vous avez suivi cette formation pendant quelques mois ?

Pendant dix mois, huit heures par jour, pour obtenir une qualification de technicien d’ascenseur.

Vous êtes également technicien de maintenance ?

Tout à fait. Je suis à la fois monteur – c’est-à-dire que j’installe les ascenseurs – et technicien de maintenance. Quand vous êtes un bon monteur, vous pouvez faire de la maintenance mais l’inverse n’est pas vrai parce que celui qui fait la maintenance ne sait pas comment on monte un ascenseur. Il va en connaître les détails, mais pas les principes de base.

Y a-t-il souvent des accidents ?

Oui. Le problème est que, si vous êtes habitué à ce travail, vous ne faites plus assez attention et, comme vous êtes toujours en hauteur, la moindre erreur ne pardonne pas. Ce sont des chutes. Il y en a eu une chez nous dernièrement : un sous-traitant est tombé et il est dans le coma. Il n’avait pas pris son harnais de sécurité et il ne s’est pas accroché alors qu’il était en hauteur sur l’échelle. L’échelle a basculé et il est tombé.

Quelles sont les normes de sécurité qu’on vous impose ?

Toujours porter le casque, le harnais quand on est en hauteur et les gants de sécurité.

Vous travaillez toujours en équipe ?

Oui, je travaille toujours avec la même personne.

Quelles sont les qualités humaines qu’il faut avoir dans votre travail ? Qu’est-ce qui fait que l’on est un bon technicien d’ascenseur ?

Il faut être consciencieux. Il faut être précis et puis il faut aimer. C’est de l’électromécanique. La mécanique est assez salissante, donc si on a peur de se salir les mains, ce n’est pas la peine de travailler en ascenseur, même si on porte des gants. Les gants sont là pour protéger des blessures. Il ne faut pas avoir peur d’être sale, c’est le métier qui veut ça.

Cela demande une certaine condition physique ?

Oui, c’est assez éreintant. La mécanique est lourde. Mais pour les carrossiers, il y a aussi des trucs lourds. Le bâtiment, ce n’est quand même pas léger.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.