Philippe Bouvy, Dispatcheur

Interview réalisée en février 2019

Quelles sont les activités de votre société ? 

Brussels Business Courier (BBC) effectue des livraisons de courrier et de colis express nationales et internationales mais aussi des livraisons navettes en 24 heures. 

Pouvez-vous nous décrire votre flotte ?  

Nous disposons d'une flotte d'une bonne quarantaine de véhicules : motos, voitures, camionnettes de tout type (1, 2 et 3 palettes), camions (8 et 12 palettes) et nous avons aussi des solutions externes pour des véhicules encore plus grands. 

En quoi consiste exactement votre métier ? 

Nous avons développé un programme informatique spécifique à notre métier qui répond à tous les besoins de nos clients. Je reçois donc leurs demandes par téléphone, par mail ou via notre plateforme informatique. Pour ma part, je gère les commandes express. Par exemple, j’interviens lorsqu’un client nous demande l'enlèvement d'un pli ou d'un colis urgent depuis son adresse et la livraison vers son client/fournisseur. Mon boulot consiste à trouver un chauffeur qui puisse enlever dans la demi-heure et livrer sur Bruxelles dans l'heure (hors heure de pointe…).

Quels outils utilisez-vous dans le cadre de ce travail ?  

L’informatique. Les chauffeurs sont en effet équipés d'une application sur leur smartphone qui leur transmet les détails des livraisons et les messages pour le service. Cette application me permet aussi de voir en temps réel leur position, ce qu'il leur reste à livrer, le temps qu'ils mettent pour livrer ainsi que l'identité des réceptionnaires des envois. Je dois donc jongler avec les nouvelles courses et les attribuer à divers chauffeurs en fonction du véhicule, de leur position et de ce qu'ils ont déjà à faire. C'est ce qui représente la principale difficulté du travail.

Dans le cadre de votre fonction, affectez-vous uniquement des conducteurs et véhicules à des missions ou planifiez-vous aussi leurs trajets?

J'attribue les courses aux chauffeurs afin de gagner en rentabilité : il est préférable de traverser Bruxelles avec plusieurs courses plutôt qu'une seule ! Il faut savoir ce qui peut être groupé et ce qui ne peut pas l'être. Les plus expérimentés savent vite trouver dans quel ordre les livrer, d'autres ont besoin d'aide, c'est assez facile et logique. Lorsqu'ils reçoivent une grosse tournée, par exemple, notre système informatique nous permet d'optimiser leurs trajets indiquant aux chauffeurs dans quel ordre ils doivent effectuer leurs livraisons afin de terminer la tournée en un kilométrage minimum.

Les nouvelles technologies ont-elles modifié votre travail au fil des ans? 

Au début, j'ai commencé avec une feuille, un bic et un émetteur radio. Puis, le biper est apparu, le GSM et les SMS et enfin, le smartphone… Certaines applications nous permettent maintenant d'anticiper les retards en localisant les files et en prévenant les chauffeurs.

Le boulot a été simplifié ou plus précisément automatisé et je gère beaucoup plus de courses qu'avant. Mais l’objectif reste très similaire : toujours optimiser les livraisons.

Dans le futur, il semble qu'il faille s’intéresser à la technologie des drones. Des tests sont en cours en Belgique, nous y sommes attentifs. 

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier?

D'une part, j'aime le contact avec les clients et, d'autre part, c'est un métier très actif dans lequel il y a très peu de répit et dans lequel il faut constamment se remettre en question. Pas le temps de s'ennuyer !

Quels problèmes rencontrez-vous ? 

Les problèmes sont toujours les mêmes : les files et le temps perdu dans les embouteillages. Nous cherchons des solutions pour polluer moins, mais rien n'est encore suffisamment fiable.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.