Philippe Genion, Chroniqueur

Interview réalisée en avril 2014

Philippe Genion, chroniqueur à La Nouvelle Gazette.

 

Chroniqueur, auteur, critique gastronomique : vous êtes un boulimique de l’écriture...

J’ai toujours écrit, et j’ai toujours adoré goûter à tout. Mais, dans les deux cas, je ne m’y suis mis sérieusement que tardivement… à près de 40 ans. Jusque là, je ne mangeais que des cuisines étrangères ou exotiques. C’est ce côté novice en cuisine française qui a séduit les chasseurs de têtes qui m’avaient repéré pour la précision de mon palais. Et du côté littéraire, c’est un éditeur qui a repéré mes textes sur le blog que je tiens. Il m’a contacté et c’était parti. J’ai eu beaucoup de chance…
 

Votre cursus scolaire vous a-t-il aidé ? 

Pas vraiment… J’étais un élève brillant en primaire, mais médiocre durant mes études secondaires. Quand j’en ai eu terminé avec elles, j’ai pensé me tourner vers le cinéma. J’ai donc passé l’examen d’entrée à l’INSAS[1]. Cependant, en même temps, depuis l’âge de 15 ans, je gagnais déjà pas mal ma vie comme agent de promotion pour des firmes de disques, président de divers clubs, journaliste rock, etc. 
 

Dans votre chronique, vous considérez-vous plus comme un humoriste ou un journaliste ? 

Les deux sont indissociables. Je suis un « joumoriste ». 
 

Comment se passe votre journée de travail ?

Chaque matin, j’essaie d’écrire pendant deux heures. C’est un minimum pour rester à jour, mais un maximum pour moi. J’ai d’autres activités… Inventer des textes de qualité est un travail de création qui devient rapidement épuisant. Sans compter les recherches en tous genres que cela demande ! 
 

Comment choisissez-vous les sujets à aborder ?

Je parle de ce qui m’amuse, m’énerve, m’interpelle, me révolte ou m’agace. 
 

Pour vous, quelles sont les qualités d’une bonne chronique ? 

Je n’en ai pas la moindre idée. Disons, banalement : son originalité et qu’elle parle au lecteur.
 

Quels sont les aspects les plus positifs de votre travail ?

Qu’on me paie, que les gens me lisent, puis qu’ils me fassent des coucous sur Facebook. Plus sérieusement, les rencontres avec les gens, les collègues, la confrontation avec des esprits créatifs et ouverts.
 

Et les aspects négatifs ?

La précarité… Même si c’est une question importante, c’est vraiment le seul problème que je puisse trouver à ce métier.
 

Votre succès a-t-il constitué une surprise pour vous ? 

Bien sûr… Atteindre les 30.000 exemplaires vendus, pour un petit bouquin dans une collection dont les titres culminent en général vers 8.000 exemplaires est un phénomène qui reste mystérieux pour moi… 
 

Avez-vous déjà fait l’objet de censure ? 

Mon journal m’a refusé quelques textes qu’il jugeait trop impertinents ou trop osés. 
 

Quels sont les conseils que vous donneriez à un aspirant-chroniqueur ?

D’abord, de s’assurer qu’il a du talent, parce que les études ne peuvent rien à cela. L’idéal est de se faire la plume sur les réseaux sociaux et de tester l’intérêt des gens pour ce qu’on fait. C’est pratique et ça coûte moins cher qu’un échec sur papier. 
 
 
 
 
 
 
 
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1 : Institut national supérieur des Arts du Spectacle et Techniques de Diffusion
 
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.