Philippe Lelouchier, Magicien

Interview réalisée en avril 2012

Quel est votre parcours scolaire?

J’ai eu un parcours scolaire classique : examen de maturité d’abord, ensuite latin-mathématique, puis école primaire, ingénieur civil électromécanicien, école maternelle et enfin deux ans de théâtre dans une école privée. Pour être plus sérieux : 4 ans après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur civil, j’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans.

 

Comment êtes-vous devenu magicien?

Mon premier et presque dernier boulot d’ingénieur civil était très loin de me satisfaire personnellement. A la même époque, un magicien belge professionnel (Stanislas) m’a proposé de participer à des tournées de représentations en France, Suisse et Belgique.

 

J’ai appris quels genres de tours de magie convenaient pour une pratique professionnelle et comment déclarer des contrats artistiques. Il « suffisait » de mettre tout cela en pratique et de se lancer dans le métier. La Fondation belge de la Vocation m’a donné l’impulsion nécessaire.

 

Qu'est-ce qui vous a attiré dans la magie?

La magie ! Elle est fascinante et attirante par elle-même ! Si ce n’était pas le cas, les magiciens de rue n’existeraient pas et ne réussiraient pas à arrêter le passant. Pour être plus précis : l’émotion ou les émotions que la magie peut procurer. J’ai le souvenir d’avoir été fasciné étant enfant par Kio, magicien russe du Cirque de Moscou. Je me suis intéressé au sujet par les boîtes de magie (!) mais aussi, par exemple, en lisant la biographie de Georges Méliès. J’ai aussi fréquenté un club de jeunes magiciens (créé par les magiciens Klingsor et Mandrex).

 

D'après vous, quelles sont les différences entre un magicien, un illusionniste et un prestidigitateur ?

Magicien est plus facile à prononcer que prestidigitateur ! A priori, un illusionniste utilise plus d’accessoires truqués qu’un prestidigitateur qui a recours à la dextérité de ses doigts.

 

Existe-t-il des formations? Si non, comment apprend-on le métier?

Il n’y pas vraiment de formations ou d’écoles. En France, il y en a une au CNAC (Centre National des Arts du Cirque), mais à ma connaissance, elle est intimement liée à la « magie utilisée dans un cadre théâtral » et au mouvement de la « magie nouvelle ». Pas tellement adéquate, d’après moi, pour devenir magicien pour public d’enfants ou magicien pour animer un stand dans une foire commerciale. Quoique… Le CIPI en France organise aussi des week-ends de stage. Sinon, il y a une multitude de congrès, de "marchands de trucs", de conférences, de dvd, de livres et des clubs de magie. Sans parler d’internet : ses forums, Youtube et les sites marchands. Mais attention, tout ceci s‘apparente parfois plus à une "foire commerciale pour magiciens amateurs"  qu’à des "formations professionnelles". Moi, j’ai appris principalement mon métier en partant en tournées. Des magiciens professionnels donnent aussi des cours particuliers. Je recommande les livres des magiciens français Jean Merlin et Mimosa qui pratiquent une magie "simple" et efficace, présentable en toutes circonstances. Ce qui peut être très utile quand on doit travailler professionnellement.

 

Exercez-vous ce métier à temps plein?

Oui, j’exerce ce métier à temps plein. Le temps passé à donner des représentations étant la partie visible. La majorité du temps est consacrée à d’autres choses moins visibles mais tout aussi importantes: répétitions, créations de nouveaux tours ou routines, publicité, négociation et suivi des contrats, etc.

 

Où vous produisez-vous? Lors de quelles occasions?

Il peut s’agir de fêtes privées d’entreprises, d’associations ou d’institutions publiques (écoles, universités, ministères, hôpitaux, sénat…) ou de spectacles de rue (festival de rue par exemple). Je me produis également dans les centres culturels, les salles de spectacles ou chapiteaux que je loue ou en coproduction. Je vais aussi dans les fêtes familiales privées que ce soit pour adultes ou enfants (anniversaires, mariages, communions, noël, nouvel an), j’anime des stands de foire commerciale, je participe à des tournages de films publicitaires. Je donne également des cours et des stages de magie. Je travaille en Belgique et ponctuellement en France, Suisse, Luxembourg, Allemagne et même en Bosnie-Herzégovine ou à l’Olympia à Paris!

 

Qu'est-ce que vous appréciez le plus dans votre métier? Le moins?

J’aime les émotions qui se lisent sur les visages des spectateurs. A la longue, les contraintes techniques et administratives du métier sont hélas peu magiques…

 

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune apprenti magicien?

LA question ! Je lui dirais de ne pas nécessairement suivre les conseils ! Trouver sa voie et ne pas trop se disperser dans toutes les possibilités du métier et des tours de magie existants… Internet n’a pas résolu le problème. Que du contraire ! On apprend parfois mieux et plus en commettant "une erreur" qu’en suivant un conseil ! Un autre conseil : travailler en public ! Les répétitions et l’entraînement sont importants mais le meilleur apprentissage et polissage des numéros, c’est le public qui vous l’apprend !

 

 

 

 

 

 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.