Pierre Joseph, Conseiller social

Interview réalisée en janvier 2008

Pierre Joseph, 29 ans, est responsable de la succursale de l’UCM (Union des Classes Moyennes) à Charleroi. Pour lui, la polyvalence est l’une des qualités fondamentales du conseiller social. 

Pouvez-vous nous présenter brièvement l’UCM ?

L'UCM est un organisme francophone de défense et de représentation des indépendants et chefs de PME (commerçants, artisans, professions libérales, ...). Indépendante des partis politiques, elle défend une philosophie : celle d'une société où l'on peut entreprendre et si possible réussir. L'UCM a développé une série de services pour les indépendants et les PME : 

- Caisse d'assurances sociales ; 

- Secrétariats sociaux pour employeurs ;

- Guichets d'entreprises ; 

- Bureaux d'aide à la création, au développement et à la transmission des entreprises ;

- Service d’aide et de conseils en environnement ; 

- Caisse d'allocations familiales pour salariés. 

Tous les services de l'UCM sont des asbl gérées par des indépendants, pour les indépendants. Globalement, l'UCM emploie près de 550 personnes et compte 23 implantations en Wallonie et 2 à Bruxelles. 

Quel a été votre parcours scolaire ? 

Après mes humanités, je me suis lancé dans des études en droit mais je me suis vite rendu compte que ces études ne me convenaient pas. Il me fallait trouver des études plus pratiques, plus concrètes. Lors d’une visite dans un des centres SIEP, vu mon profil et mes centres d’intérêt, on m’a orienté vers les études en « Conseiller social ». J’ai de suite accroché. Outre le droit, on y retrouvait toute une panoplie de cours très diversifiés touchant beaucoup aux domaines administratif et économique. La comptabilité, la fiscalité, le droit social et la gestion des ressources humaines m’intéressaient fortement et tous ces cours se retrouvaient dans le programme.

Quel fut par la suite votre parcours professionnel ? 

Après une expérience de cinq mois à l’INASTI (Institut National d’Assurances Sociales pour Travailleurs Indépendants), où je me suis surtout occupé des impôts des sociétés et plus particulièrement des recouvrements, j’ai intégré l’UCM où j’ai d’abord exercé comme gestionnaire dans un service de secrétariat social. Maintenant, je suis devenu responsable de la succursale de Charleroi. 

Avez-vous dû suivre des formations internes ?

Lors de mon arrivée à l’UCM j’ai en effet suivi une formation interne qui m’a permis de mettre mes connaissances à jour en matière de législation sociale et de droit du travail. J’ai étudié des cas pratiques, j’ai découvert le système informatique utilisé par l’UCM, les spécificités sectorielles, … Régulièrement encore, le personnel de l’UCM suit des formations continuées. C’est absolument nécessaire lors des changements de législation. Celles-ci changent sans arrêt et il faut donc que chaque gestionnaire les apprenne, les intègre et adapte son travail en conséquence. 

En quoi consiste le métier de gestionnaire au sein d’un service secrétariat social ?

On y traite et contrôle les données salariales et on gère les dossiers administratifs des documents salariaux. Chaque gestionnaire a son groupe de clients. Une autre activité est de prodiguer des conseils à l’employé et à l’employeur lorsque ceux-ci en font la demande. Enfin, il y avait aussi une partie plus technique qui se matérialisait notamment par un échange de données avec l’ONSS (vérification, correction). La grosse période d’activité a lieu entre le 25 d’un mois et le 10 du mois suivant puisque c’est la période où l’on traite les salaires.

Et votre métier de responsable de la succursale ?

J’organise le travail des équipes. C’est avant tout une fonction de coordination. Je suis conscient d’avoir eu de la chance d’être passé aussi vite d’un poste de gestionnaire à celui de responsable. Pour accéder à ce poste, j’ai dû passer un examen au siège social de l’UCM puis une formation dans le domaine du management.

Il y a donc des possibilités d’avancement. 

Oui il y a une évolution verticale, lorsque des places se libèrent, ce qui fut mon cas par exemple, mais aussi une évolution horizontale lorsque, après plusieurs années d’expérience, l’on devient spécialiste dans un domaine en particulier (ONSS, fiscal...). 

Quels avantages trouvez-vous au métier de gestionnaire ? 

Le fait que les tâches sont très diversifiées. Il y a un millier de petites choses à faire. C’est aussi un métier de contact. On est sans cesse en liaison avec les clients. Par ailleurs, les domaines que l’on couvre sont en constante évolution vu que les législations changent fréquemment. Il faut donc sans arrêt se tenir au courant, s’informer, se former. Pour certains il pourrait s’agir d’un inconvénient mais pour ma part je vois plutôt ça comme un avantage. 

Et les inconvénients ?

Il y a un important volet administratif. Il faut parfois passer énormément de temps pour qu’un dossier soit finalisé et en ordre. Les changements de législation se font parfois précipitamment. J’ai le souvenir d’une loi concernant le règlement des calculs des pécules de vacances qui est passée le 28 décembre et qui est entrée en vigueur le 1er janvier qui suivait ! Il a fallu s’adapter en un laps de temps relativement court ! 

Quelles qualités doit-on avoir pour exercer ce métier ? 

Il faut être très rigoureux, car l’on jongle avec des chiffres et très consciencieux. Un bon esprit d’organisation dans le travail est également plus que souhaité ! Lorsque je reçois des personnes en entretien, ce sont des critères auxquels j’attache beaucoup d’importance. Il faut aussi être prêt à se former en permanence. A partir du moment où l’on entre en service, il faut quasiment un an pour que le gestionnaire soit totalement opérationnel. En un an, il aura en effet vu le système des primes de fin d’année, les pécules de vacances, aura traité les salaires, … 

Quel est le profil des personnes postulent chez vous, à l’UCM ?

Des jeunes ayant fait des études de conseiller social, des bacheliers en droit ou d’autres ayant fait un master en sciences du travail. On trouve assez peu de diplômés en gestion de ressources humaines car il n’y a pas chez nous l’aspect recrutement-sélection… 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune désireux d’entreprendre des études de conseiller social ? 

Tout d’abord je lui dirais de bien regarder le programme des cours et de ne surtout pas s’arrêter au terme « social ». Un conseiller social n’est nullement un assistant social ! Je lui dirais aussi de se renseigner sur ce qu’est un secrétariat social et ce qu’est un syndicat et également de varier ses stages : en faire un au sein d’un secrétariat social, un autre dans un syndicat et un dernier dans une entreprise en tant que gestionnaire des ressources humaines. Ainsi, il aura eu un éventail des débouchés. Enfin, une fois qu’il a fini ses études, je lui conseillerais de prêter excessivement attention aux petites annonces. Parfois, dans la description faite d’une fonction on retrouve exactement, mais sous un autre nom de métier, les notions qu’aura appris à maîtriser quelqu’un ayant fait des études en « conseiller social ».  

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.